‹ Philosophie proverbialeChapitre 9 sur 81 · I>U REPOS · texte numérisé non relu

I>U REPOS

Comme homme, il suit en vain les traces du repos, se tourmentant pour

le saisir, Et détourné de cette poursuite, par la violence de son destin : Il espère, néanmoins, obtenir de la vieillesse, une paix que l'âge viril

ignore.

Mais les chagrins se multiplient avec les années, jusqu'à ce que la Mort

l'ait mis au tombeau.

Il reste donc un repos pour l'esprit, du côté ombreux de la vie ; Mais il n'y a point de repos pour la plante du pied du pèlerin de ce monde. Toujours, de relais en relais, il voyage péniblement. Et si, chemin-faisant, il cueiUe des fleurs, il ne lui est point permis de

dormir sur les fleurs.

L'ame est le mouvement perpétuel ; car c'est une eau vive. Venue d'une source insondable, l'abyme de l'Intelligence divine, Et quoiqu' arrêtée dans sa course, elle a un courant intérieur, La surface calme et tranquille semble dormir, mais les tourbillons de la

contention sont au dessous.

Cherches-tu le repos, ô mortel ? — ne le cherche plus sur la terre, Car le Destin ne cessera point de te traîner, à travers le rude désert de

la vie ; Cherches-tu le repos, ô immortel? — n'espère pas le trouver dans le

Ciel même.

Car l'oisiveté ne donne point le bonheur: la félicité de l'esprit est l'action. Le séjour du repos est une île au milieu de l'océan de l'existence. Où. l'ame dégoûtée du monde peut plier, durant quelque temps, ses

ailes fatiguées, Jusqu'à ce que, vivifiée par un court sommeil, elle acquière une énergie

immortelle.

Et prenne son essor, avec la rapidité de l'aigle, vers le Soleil d'une perfection inaccessible.

î rjDumilit! liinulh-

îBefloûté de ses beaux atours, le Vice se revêt de lure,

Et se promène, parcequ'il aime les contrastes, sous le voile modeste d'une religieuse :

Car l'Orgueil a vu que tous admiraient l'Humilité,

Et pour obtenir la réputation qu'il convoite, il endosse volontiers le cilice.

L'Impudicité adroite sollicite le cœur novice, que les assauts des courtisanes ne peuvent ébranler ;

Elle a recours aux larmes timides, aux regards réservés d'une vierge simulée ;

Et l'indolente Apathie, nonchalamment honteuse de ses traits hébétés, de son air fade,

Aime la livrée des humbles, le capuce et le manteau de la charité ;

La Haine cache son air refrogné satanique sous un masque bénin ;

Et la Calomnie, comme un serpent, rampe dans la poussière, croyant éviter la récrimination :

Mais le monde a profité de sa vieillesse ; prompt à pénétrer les déguisements,

Il est rare qu'il s'y laisse tromper, séparant, avec équité, le vrai du faux.

£1 y a, cependant, une bassesse d'ame qui plaît, non seulement à plusieurs.

Mais encore à elle-même, se flattant qu'elle est l'Humilité.

Sa colère n'est point réveillée par l'insolence, les injures ne l'inquiètent

point :

L'honnête indignation est étrangère à son cœur, la juste réprimande à

ses lèvres.

Elle se resserre, observant l'homme d'un œil effaré, rampant aux pieds

des grands ; Le souffle de la calomnie charme son oreille, et elle cajole la verge de la

persécution.

Mais quoi ! chef délégué de la création, n'es-tu pas homme ?

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