DE CETTE TROISIÈME ÉDITION
ciens de l'anarchie et ceux du pouvoir absolu que, pour éviter toute apparence de polémique contemporaine, nous avons personnifiés tous ensemble et pris à tadie de réfuter et de détruire dans leur précurseur et leur modèle du dix-septième siècle, le puissant et conséquent auteur du traité De la nature humaine et du traité Du citoyen.
Nous l'avouons : nous aimons à nous rappeler le sérieux succès des leçons de celte époque, parce que ce succès venait bien moins du mérite du professeur que des favorables dispositions du temps et de l’auditoire. La France alors se relevait noblement des désastres de l’Empire, et elle avait presque retrouvé l’enthousiasme de 1789 pour la nouvelle et vraie liberté, apportée par la Charte. Il y avait dans l’air un souffle généreux qui du gouvernement et de la tribune nationale se communiquait aux écoles. M. Royer-Collard, à la Chambre des députés, guidait encore de sa parole magistrale et soutenait son jeune suppléant. Oui, pourquoi ne le dirions-nous pas nous-même, puisqu’ici nous n’avons guère été qu’un disciple zélé et persévérant? c’est l’enseignement sévère et animé de ces deux années qui acheva de briser parmi nous le joug de la philosophie sensualiste, sans tomber dans