Los plantes ont-elles la conscience de leur existence
« Non, elles ne pensent pas; elles n’ont que la vie organique et intuitive. »
587. Les plantes éprouvent-elles des sensations? souffrent-elles quand on les mutile?
« Les plantes reçoivent des impressions physiques qui agissent sur la matière, mais elles n’ont pas de perceptions; par conséquent elles n’ont pas le sentiment de la douleur. >
588. I.a force qui attire les plantes les unes vers les autres est-elle indépendante de leur volonté?
« Oui, puisqu’elles ne pensent pas. C’est une force mécanique de la matière qui agit sur la matière : elles ne pourraient pas s’y opposer. »
589. Certaines plantes, telles que la sensitiveet la dionée, par exemple, ont des mouvements qui accusent une grande sensibilité, et dans certains cas une sorte de volonté, comme la dernière dont Ks lobes saisissent la mouche qui vient se poser sur elle pour puiser son suc, et à laquelle elle semble tendre un piège pour ensuite la faire mourir. Ces plantes sont-elles douées de la faculté de penser? ont-elles une volonté, et forment-elles une classe intermediaire entre la nature végétale et la nature animale? sont-elles une transition de l’une à l’autre?
« Tout est transition dans la nature, par le fait même que rien n’est semblable, et que pourtant tout se tient. Les plantes ne pensent pas, et par conséquent n’ont pas de volonté. L’huître qui s’ouvre et tous les zoophytes n’ont point la pensée : il n’y a qu’un instinct aveugle et naturel. »
L'organisme humain nous fournit des exemples de mouvements analogues sans la participation de la volonté, comme dans les fonctions digesti\cs et circulatoires ; le pylore se resserre au contact de certains corps pour leur refuser le passage. 11 doit en
être de même de la sensitive, chez laquelle les mouvements n’impliquent nullement la nécessité d’une perception, et encore moins d’une volonté.
590. N’y a-t-il pas dans les plantes, comme dans les animaux, un instinct de conservation qui les porte à rechercher ce qui peut leur être utile, et à fuir ce qui peut leur nuire?
< C’est, si l’on veut, une sorte d’instinct : cela dépend de l’extension que l’on donne à ce mot ; mais il est purement mécanique. Lorsque, dans les opérations de chimie, vous voyez deux corps se réunir, c’est qu’ils se conviennent, c’est-à-dire qu’il y a entre eux de l’affinité ; vous n’appelez pas cela de l’instinct. »
591. Dans les mondes supérieurs, les plantes sontelles, comme les autres êtres, d’une nature plus parfaite?
c Tout est plus parfait ; mais les plantes sont toujours des plantes, comme les animaux sont toujours des animaux, et les hommes toujours des hommes. »
Lc« animaux et l'homme.
592. Si nous comparons l’homme et les animaux sous le rapport de l'intelligence, la ligne de démarcation semble difficile à établir, car certains animaux ont, sous ce rapport, une supériorité notoire sur certains hommes. Cette ligne de démarcation peut-elle être établie d’une manière précise?
« Sur ce point vos philosophes ne sont guère d’accord; les uns veulent que l’homme soit un animal, et d’autres que l’animal soit un homme; ils ont tous tort; l’homme est un être à part qui s’abaisse quelquefois bien bas, ou qui peut s’élever bien haut. Au physique, l’homme est comme les animaux, et moins bien pourvu que beaucoup
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d’entre eux; la nature leur a donné tout ce que l’homme est obligé d'inventer avec son intelligence pour ses besoins et sa conservation; son corps se détruit comme celui des animaux, c’est vrai, mais son Esprit a une destinée que lui seul peut comprendre, parce que lui seul est complètement libre. Pauvres hommes qui vous abaissez au-dessous de la brute ! ne savez-vous pas vous en distinguer? Reconnaissez l’homme à la pensée de Dieu. »
593. Peut-on dire que les animaux n’agissent que par iqslinct ?
« C’est encore là un système. Il est bien vrai que ^instinct domine chez la plupart des animaux; mais n’en vois-tu pas qui agissent avec une volonté déterminée? C’est de l’intelligence ; mais elle est bornée. »
Outre l’instinct, on ne saurait dénier à certains animaux des actes combinés qui dénotent une volonté d’agir dans un sens déterminé et selon les circonstances. Il y a donc en eux une sorte d’intelligence, mais dont l’exercice est plus exclusivement concentré sur les moyens de satisfaire leurs besoins physiques et de pourvoir à leur conservation. Chez eux; nulle création, nulle amélioration ; quel que soit l'art que nous admirons dans leurs travaux, ce qu’ils faisaient jadis, ils le font aujourd’hui, ni mieux, ni plus mal, selon des formes et des proportions constantes et invariables. Le petit, isolé de ceux de son espèce, n’en construit pas moins son nid sur le même modèle sans avoir reçu d’enseignement. Si quelques-uns sont susceptibles d’une certaine éducation , leur développement intellectuel , toujours renfermé dans des bornes étroites, est dû à l’action de l’homme sur une nature flexible, car il n’est aucun progrès qui leur soit propre ; mais ce progrès est éphémère et purement individuel, car l’animal rendu à lui-même ne tarde pas à rentrer dans les limites tracées par la nature.