THESE UNIQUE
DE l'a ME.
Le mouvement vital, le plus parfait de tous, est aussi le plus restreint, et il convient à un moins grand nombre d'êtres. Dans la première partie de la Physique, nous avons traité du mouvement en général, du mouvement local dans la deuxième partie, du mouvement de génération et de corruption dans la troisième; il nous reste à parler ici du mouvement vital. Qu'il y ait dans la nature des choses ayant un mouvement vital, que certains êtres en soient doués, c'est suffisamment prouvé : par l'expérience d'abord , car nous voyons à chaque pas la vie, et le mouvement qu'elle donne; parla raison ensuite, car l'univers n'eût été ni beau, ni même complet, s'il n'eût renfermé des êtres de tout rang ; or le rang qu'y occupent les êtres doués de vie est le plus noble de tous, et le plus important : nous devons donc l'y trouver; il y est donc logiquement, et, par la diversité des espèces qui s'y inscrivent, il fait le plus bel ornement de l'univers. Comme tous les philosophes entendent par le nom d'âme le principe de la vie et du mouvement vital , nous traiterons ici non-seulement de l'être doué de ce mouvement, mais aussi de Vâme, et ce traité en porte le nom; nous y verrons en même temps ce que c'est que Vâme, et tout ce qu'on peut
QUESTION I. DE l'aME EN GÉNÉRAL. 375
dire sur l'être doué du mouvement vital; il se divisera en quatre parties : nous parlerons dans la première de Vâme en général; dans la deuxième, de Vâme végétative; dans la troisième, de Vâme sensitive; dans la quatrième enfin, de Vâme raisonnable.
QUESTION PREMIÈRE
DE L'AME en général.
L'ordre naturel de l'enseignement demande qu'on procède des universels aux particuliers. Avant donc d'examiner les espèces particulières d'âme et de vie, nous dirons ce qui s'enseigne en général sur ce sujet; le tout sera compris en six articles : 1° qu'est-ce que Vâme; 2° combien y a-t-il de sortes d'âmes; 3° n'y a-t-il qu'une âme pour chaque être vivant; 4° Vâme est-elle divisible; 5° quelles sont les parties qu'elle informe; 6° quelles sont ses puissances.
ARTICLE PREMIER