QUEST. II. DE L'AME ET DE LA VIE VÉGÉTATIVES
Preuve de la troisième partie. Les facultés se distinguent par leurs actions et leurs objets. Or ces facultés ont des objets divers. Car si toutes ont pour matière l'aliment, elles en font chacune une chose différente; la faculté générative produit un nouvel être vivant ; la faculté d'accroissement lui donne une extension organique nouvelle; la faculté nutritive ne produit presque rien de nouveau, mais elle répare les parties exténuées. Elles ont aussi des actes divers. La nutrition n'est que la conversion de l'aliment en la substance de l'être nourri ; elle lui donne ce qui est utile, quelquefois même ce qui est superflu. L'accroissement est une opération plus noble , c'est la conversion de l'aliment en nouvelles parties organiques; non -seulement il conserve celles-ci , mais il les augmente en leur apportant ces parties nouvelles. Il poursuit et parfait l'œuvre commencée par la puissance générative. La génération, enfin, est de toutes la plus noble; c'est la formation nouvelle et complète de l'être vivant. Il faut donc distinguer entre elles toutes ces actions. Remarquons encore que ces facultés sont indépendantes. Beaucoup d'êtres vivants sont dépourvus de la vie générative; tels sont tous les êtres stériles, qui cependant possèdent intactes les autres facultés : donc elles sont distinctes.
Quant aux quatre facultés servantes, elles paraissent moins distinctes les unes des autres, et des principales et de la chaleur naturelle, et enfin de la force motrice et des organes. Car, avec tous ces moyens déjà existants dans le corps de l'être vivant, on comprend aisément que, sans force distincte, la substance alimentaire soit entraînée et retenue là où elle doit être soumise à l'action de la chaleur, et que le superflu en soit rejeté. Ainsi voit-on la flamme de la lampe, grâce à la disposition de la mèche, boire uniformément l'huile, la diminuer, en prendre ce qui lui convient et rejeter les parties inutiles.
ARTICLE DEUXIÈME