‹ Philosophie suivant les principes de saint Thomas (volume 2)Chapitre 40 sur 52 · DE L'AME SENSITIVE · texte numérisé non relu

DE L'AME SENSITIVE

L'âme sensitive se définit : l'acte premier du corps physique, organique , ayant en puissance la vie sensitive , ou bien : le principe premier du sens. C'est donc la forme même du corps , et non pas un certain corps dans un corps plus épais; non pas de l'air ni du feu, comme la plupart des anciens philosophes l'ont pensé. Je m'étonne que quelques auteurs modernes se soient montrés favorables à ces doctrines ; comment admettre, en efiet, que le feu est doué de sentiment, qu'il voit, qu'il entend, qu'il sent, qu'il goûte et qu'il discerne les objets par le toucher, qu'il imagine , etc. ; ou , s'il n'a point de sentiment, comment en donnera-t-il aux organes d'un corps qui le renferme? Il est vrai qu'il n'y a ni vie ni âme sans la chaleur; mais il n'y en a pas

QUESTION III. DE l'aME SENSITIVE. 521

non plus sans humidité. Ensuite pourquoi, si la chaleur sert à la vie végétative , en conclure qu'elle fait dans la vie animale autre chose que les actes végétatifs : nous ne voyons pas par la chaleur, ni nous ne sentons , ni nous n'entendons, quoique par elle nous digérions les aliments ; ces sensations se produisent par une force supérieure ; elles ne sont point des opérations du feu , mais d'une substance plus noble, dont la forme est Y âme.

Parlons donc des facultés de cette âme, qui sont la sensation et l'appétit. Nous étudierons d'abord les sens en général , ensuite chaque sens en particulier, enfin l'appétit sensitif. Nous conclurons par un traité des êtres vivants et doués de sentiment, c'est-à-dire des animaux.

ARTICLE PREMIER

Page 1