DES MONSTRES
On définit le monstre : une chose dégénérant sensiblement de la disposition régxdière et habituelle des autres: par exemple, un homme né sans mains; ou avec un œil sur le front, comme les cyclopes du poëte; ou avec six doigts aux mains, comme l'Écriture sainteté rapporte d'un certain géant; ou avec des pieds de chèvre et une tète encornée, comme les satyres de la fable; ou avec des intestins de brebis, comme on le dit de certains sauvages d'Afrique, paissant l'herbe comme les bêtes; ou avec la moitié d'un corps de cheval , comme on dépeint les centaures. Ces êtres et d'autres semblables sont connus sous le nom de monstres; ils sont aux lois de la nature ce que sont les fautes en matière d'art. Loin de conclure de leur existence que la nature agit au hasard, on devrait, au contraire, y trouver la preuve que, par elle-même, elle appelle et indique toujours une fin; le sujet s'en détourne quelquefois, c'est vrai, comme la flèche lancée par un habile archer arrive au but la plupart du temps, et n'accuse pas le défaut d'intention si le vent ou quelque autre obstacle l'a, une fois sur mille, détournée de sa direction.
Les causes de la monstruosité sont la surabondance, Vappauvrissement , ou Vinconvenance de la matière, ou un accident qui est venu troubler l'ordre naturel de la génération. La surabondance de la matière cause la monstruosité, quand le sujet présente quelque chose de superflu : il arrive, en effet, comme le dit Aristote (liv. IV" de la Gêné ration animale, chap. iv), quand les matières préparées pour un double enfantement se confondent, en tout ou en partie , qu'il se produit un être avec des membres doublés : ce genre de monstre est assez fréquent dans les tnultipares ; il ne se rencontre pas chez les abeilles ni chez les guêpes, parce que la mère dépose ses œufs dans des cellules dont la mesure est invariable. U appauvrissement de la matière, au contraire, donne lieu à la production d'un être privé de quelque membre : pour suppléer à quelque défaut, la nature se reprend sur ce qui habituellement dans le corps est donné double: les yeux, les pieds, les mains, etc., et quelque monstruosité s'ensuit. hHnconvenance de la matière fait naître les monstres quand des animaux d'espèces différentes se sont unis : nous voyons cet effet pour le mulet; on le dit aussi du léopard, animal assez souvent rencontré en Afrique, et que son nom indique comme venant d'une lionne et d'une sorte de tigre. Enfin , du désordre accidentel de la matière viennent ces enfantements monstrueux , complets quant aux parties dont aucune ne manque, mais mal agencés, et en dehors de la disposition régulière et habituelle.
Un fait digne de remarque , c'est que dans la race huuiaine les monstres sont plus fréquents que dans les autres racts. La raison en est que l'homme abuse de sa liberté pour troubler les lois de la nature, par exemple, en donnant à son imagination un trop grand empire sur son corps; il arrive aussi que, par des actes coupables, un débauché attire sur sa race cette honte particulière. Les animaux vivent d'une manière plus conforme aux lois de la nature; ce n'est que par accident qu'ils s'en éloignent , comme on dit de la
lionne, qui n'accepte la compagnie du tigre qu'à défaut du mâle de sa race. C'est en Afrique surtout , suivant la remarque d'Aristote (liv. IP de la Génération des animaux, chap. vri), que les monstres sont fréquents; à cause de la rareté de l'eau , les animaux de différentes espèces arrivent ensemble auprès des mêmes sources , et s'y unissent à l'occasion. Delà le proverbe: que l'Afrique produit toujours quelque être nouveau.
§. II
Si les animaux agissent pour une fin, et comment.
Suivant la division des animaux en deux classes, qui sont les hommes el les bêtes , nous parlerons séparément des uns et des autres. Voyons s'ils agissent pour une fin, et comment.
Première conclusion. — Les hètes agissent pour une fin un peu plus parfaitement que les autres êtres naturels, c' est-à-dire qu' elles exécutent les œuvres qui tendent à une fin, et qu' elles se meuvent vers cette fin par une certaine connaissance qu'elles en ont, percevant la honte de cette fin et excitées à agir 2)ar cette perception.
Tout le monde accepte cette conclusion , excepté Descartes , qui enlève aux bêtes toute vie et toute connaissance , et les prend pour des automates ou pour des machines agitées par des ressorts secrets, à l'instar d'une horloge. En cela, comme nous l'avons déjà dit, il est en contradiction manifeste avec le bon sens et la raison , et son opinion ne s'explique que par l'impuissance où il est d'accommoder ses itrincipes aux phénomènes de la vie animale ; c'est pour ne pas les abandonner qu'il a abandonné la nature: c'est, en effet, un courage particulier aux Épicuriens , que de nier les choses les plus évidentes quand elles ne s'accordent pas avec leurs idées , quelque peu fondées que soient ces dernières.
La conclusion se prouve par un raisonnement évident. Un être agit d'autant plus parfaitement pour une fin, qu'il possède plus clairement la connaissance de cette fin; or les animaux arrivent à la connaissance de la fin , non-seulement comme les autres œuvres de la nature , en tant qu'ils sont unis à une Providence qui la connaît et qui les dirige vers elle, mais encore en tant qu'ils ont quelque compréhension de cette fin , se la représentant dans leur imagination , même lorsqu'ils en sont éloignés ; et en tant qu'ils sont excités par le désir de la posséder, et la goûtent quand elle est présente. Nous le voyons de nos propres yeux : donc ils agissent pour une fin non-seulement exécutivement, mais avec une certaine perfection, et comme appréhensivement.
Confirmation. Les animaux sont dociles : donc loin d'être des machines sans vie, ce sont des êtres doués de connaissance , et ils ont une certaine perception de leur fin. L'antécédent est véritahlement démontré par l'expérience de tous les jours. La conséquence est évidente. Soit par l'examen des machines qui, manquant de connaissance, ne sont aucunement dociles, soit par ce raisonnement : l'éducation ne change pas les organes, elle ne peut les rendre capables d'actes qui dépasseraient les forces de la nature , elle modifie seulement l'usage de ces organes en augmentant les connaissances : la docilité n'existe donc que dans les êtres qui ont une certaine connaissance de la fin.
On dira avec Descartes : Nous trouvons en nous-mêmes des mouvements tout à fait appropriés à leur fin , qui pourtant ne sont nullement produits par la connaissance de cette fin : ainsi en tombant nous mettons nos mains en avant ; ainsi nous recevons sur le bras le coup dirigé contre la tête : de pareils mouvements chez les bêtes, quelque appropriés qu'ils soient à leur fin , peuvent donc être produits par eux sans aucune perception de cette fin. Et il confirme son raisonnement. En parlant, en mangeant, en pinçant de la guitare, nous ne remarquons pas d'abord comment il faut
nous disposer pour exécuter les mouvements convenables à ces actes; une observation plus attentive pourrait même nous embarrasser : à plus forte raison, les bêtes peuvent produire leurs mouvements sans aucune advertance.
Réponse. Il ne répugne pas que certains mouvements découlent de la conformation des organes sans aucune connaissance , soit dans l'homme , soit dans la bête ; mais ces mouvements sont très -déterminés et très -distincts des mouvements qui résultent seulement de la connaissance : c'est donc un sophisme que de les faire servir de degrés pour arriver aux autres , qui sont spontanés et arbitraires. Ceux-ci correspondent merveilleusement aux moindres circonstances des objets, et l'animal s'y fait voir formellement libre, quant au moindre changement de l'objet, sans que ce changement modifie son état sensible, il produit mille mouvements souvent contraires entre eux.
Ajoutons que les mouvements dont parle Descartes ne sont pas faits, soit chez nous, soit chez les bêtes, sans qu'une certaine connaissance intervienne : ils sont tirés d'une certaine appréhension de l'imagination, et cette appréhension est réelle bien que subite et presque impossible à observer , parce qu'elle précède la réflexion de l'esprit : aussi quand l'imagination est corrigée par le raisonnement ou par l'expérience, les mouvements se corrigent, comme on peut le voir chez les jeunes soldats un jour de bataille; ils tremblent aux premiers coups de canon , et baissent la tête en fermant les yeux , mais bientôt . rendus plus fermes par l'expérience et par la raison , ils laissent de côté ces précautions que leur nature timide leur imposait d'abord.
Répondons plus compléteynent encore à Vargument et à la confirmation qu'on y a jointe. Il faut distinguer deux choses dans ces mouvements : le mode , et l'usage ou l'exercice. La connaissance distincte de l'un et de l'autre n'est pas nécessaire à l'animal pour qu'il se meuve , et dans la plupart des mouvements celle du second suffit ; l'animal
perçoit dans son imagination que l'exercice de la manducation , par exemple, lui est avantageux dans les circonstances présentes, et son appétit est excité efficacement par cette perception. Il n'en faut pas davantage : grâce à celte connaissance et à cet appétit il agite aussitôt son corps comme il convient pour arriver à manger. Une disposition donnée par la nature, par exemple, pour cette opération, ou une liabitude prise, comme celle de la parole, enchaîne le mouvement des membres avec les impressions qui résident dans l'imagination, et lorsque l'appétit éveille et meut une de ces impressions, les membres la suivent. Donc, répondant en forme à l'argument^ je distingue. Ces mouvements se font sans advertance du mode par lequel les membres seront disposés pour les accomplir, je l'accorde; sans connaissance ou sans advertance du bien qui résultera de leur exercice, et par conséquent sans une certaine connaissance de la fin, je le nie.
Deuxième conclusion. — Les bêtes n'agissent pas directivement pour la fin , elles ne se règlent pas par leur j)ropre jugement , elles sont indifférentes à l'action, parce qu'elles ne savent pas l'ordonner ni l'accommoder à la fin; mais leur connaissance et leurs appétits sont réglés par l'instinct, c'est-à-dire par un jugement naturel déterminé à un seul objet , et qui leur vient non de la raison, mais de l'Auteur de la nature : par Vinstinct elles sont portées vers le bien sensible.
Ainsi parle saint Thomas (pe p., q. lxxxi^, art. 1<"'-, et 11^ p., q. ii'e, art. 2, et en divers autres endroits).
La conclusion est surtout contre quelques anciens, comme Plutarque et Porphyre , qui accordaient la raison aux bêtes , et les voulaient montrer se gouvernant elles-mêmes comme les hommes. Pythagore a même cru que leur âme était de môme nature que la nôtre, et que les bêtes ne différaient de nous que par la forme du corps.
Prouvons la conclusion. Un être agit proprement et di-
rectivemenl à cause d'une fin, quand il en connaît la raison, autrement dit , quand il saisit l'harmonie entre les moyens et la fin, comment cette fin est digne de ces moyens, et comment ceux-ci lui sont proportionnés; or, les bêtes ne connaissent pas cette proportion : donc elles n'agissent pas proprement et directivement à cause d'une fin. La majeure est évidente d'après ce que nous avons dit, et les adversaires ne l'attaquent pas. Prouvons la mineure par la raison et par un signe évident. Par la raison , car la connaissance des proportions est l'œuvre de celui qui comprend et qui raisonne, et, par conséquent, d'une substance spirituelle , comme sont Dieu et les anges ; or les bêtes ne sont pas des substances spirituelles , puisque leur âme est corporelle et mortelle : donc elles ne connaissent pas les proportions ; par un signe évident, puisque la puissance qui connaît les proportions se plaît souverainement dans ces proportions, quelle puissance ne se complaît pas dans l'objet qui lui est propre? Ainsi nous voyons les hommes qui comprennent l'ordre et la proportion comme ravis par la symétrie des choses et leur disposition régulière ; c'est ce que l'on appelle la beauté; or les bêtes ne se plaisent nullement dans les proportions ; elles passent à côté des fleurs , de la peinture , de la musique , des œmTes d'art, et de toutes les beautés harmonieuses et proportionnées sans y donner la moindre attention : donc elles ne connéussent pas les proportions.
Première confirmation. Si les bêtes étaient douées de cette connaissance ordinative des moyens vers leur fin, elles pourraient à leur gré trouver des mots et des signes, par lesquels elles feraient entendre leurs intentions aux êtres raisonnables et retenir les signes inventés par les autres ; or il est évident qu'elles ne savent pas créer des signes à volonté, et qu'elles se servent seulement de ceux de la nature; quel que soit le temps qu'elles passent avec nous , elles ne comprennent jamais nos paroles, à moins que nous n'y joi-
gnioiis un signe naturel d'amour, de colère ou de toute autre disposition; nos actes seuls ou nos cris peuvent faire comprendre ce que nous pensons, encore faut-il qu'ils aient quelque relation sensible avec la pensée ; elles ne sont donc pas douées de la connaissance qui ordonne les moyens vers la fin.
L'expérience prouve la mineure : Ni les singes, ni les chiens, ni les éléphants, ni les plus habiles parmi les animaux n'ont pu parvenir à comprendre la plus simple et la plus calme des conversations , tant qu'elle ne leur a pas été livrée par des mouvements de physionomie ou par des gestes significatifs. Encore moins comprennent-ils les écritures ou les signes analogues. La majeure est évidente. Employer le moyen de signes distincts pour arriver à se faire comprendre, c'est chose tout à fait conforme à la nature d'un agent raisonnable, et par conséquent très- facile, très-utile et même indispensable.
Qu'on ne dise pas que les bêtes sont privées d'organes suffisants pour cet usage , ou que la parole demande l'elfort d'une raison supérieure à celle qu'elles ont reçu en partage.
Quant au premier point , je répondrais que beaucoup d'animaux : le perroquet, la pie, le geai, l'étourneau, etc., ont une langue facile à plier à la prononciation des syllabes humaines, et qu'il y a fort peu d'animaux dont la langue, si elle était gouvernée par la raison, ne pourrait moduler des sons flexibles sur des significations variées : que d'ailleurs les animaux muets auraient à leur disposition des signes et des gestes, comme les sourds-et-muets chez nous.. Quant au second, je ferai observer que les enfants d'une part, d'autre part les fous les plus accentués , ceux qui passent pour être plus bêtes que les bêtes, les fous furieux se servent à leur gré des signes et du langage. La raison la plus imparfaite suffit donc à la parole. Est-ce qu'en beaucoup de leurs ouvrages les bètes ne montrent pas plus de raison qu'il n'en
faut pour reconnaître le sens des mots ? si elles étaient les auteurs principaux de ces ouvrages, seraient-elles si embarrassées pour inventer des expressions significatives?
Deuxième confirmation. L'agent qni se gouverne par son propre conseil, à moins d'être souverainement parfait, a besoin de réflexion, d'expérience, d'instruction et d'exemple ; il n'agit pas toujours de la même manière, il sait profiter de ce qu'il a vu, il varie ses actes suivant la différence des circonstances. Tous les hommes ne font pas tous la même chose dans le même cas, ils imaginent pour la même fin des moyens infiniment divers , suivant que l'étude , l'expérience , l'instruction , la comparaison des idées , les connaissances nouvelles acquises chaque jour les inspirent. C'est le vêtement, c'est la nourriture , c'est la science de bâtir, d'administrer l'État, qui varient chez eux. Chez les bêtes rien de pareil. Toutes celles qui appartiennent à une espèce agissent suivant les lois invariables de cette espèce avec une uniformité désolante ; les hirondelles font leur nid sans réflexion, ni l'habitude ni l'expérience ne leur apprennent rien; c'est en naissant qu'elles apportent tous leurs talents ; c'est donc un instinct et une propriété de natui'e , et par conséquent rien n'est par elles inventé, rien n'est réglé ni disposé vers une fin.
Troisième confirmation , spécialement applicable aux objections de quelques modernes qui accordent aux bêtes une raison imparfaite pour guide ; ou cette raison est plus parfaite que celle de l'homime, ou elle est absolument nulle : plus parfaite, ce n'est pas possible, puisqu'elle échoue dans une infinité de cas fort simples : elle sera donc nulle, et il n'y a pas de milieu.
Prouvons-le : La raison se reconnaît à l'importance des œuvres; or, les œuvres des bêtes sont presque toujours plus régulières que les nôtres. Quel homme construira un nid comme l'alcyon, un rayon de miel comme l'abeille, une toile subtile comme l'araignée, un cocon de soie comme Iq n. 23
ver, etc.? Si ces œuvres que nous disons le résultat de l'instinct naturel étaient dues à la raison propre de la Lète, cette raison dépasserait la nôtre. Et, puisque l'occasion s'en présente, résolvons ici l'objection principale des apologistes exagérés de la bête. Les œuvres que nous voyons produire par elle, nous dit-on, sont combinées avec tant de sûreté et d'à-propos, qu'elles surpassent de beaucoup ce que fait de plus ingénieux la raison humaine. C'est vrai, et votre raisonnement prouve, mais il prouve trop; les bêtes ainsi seraient plus sages que les hommes; aucun philosophe n'osera le dire, et l'Ecriture sainte y répugne évidemment. L'homme, créé à l'image de Dieu, n'est préposé aux autres animaux qu'à raison de la sagesse supérieure qui est en lui, seul il est doué de raison, seul il est capable de se gouverner luimême, seul il a un domaine dont il dispose à son gré, comme Dieu dispose du monde, par la raison. Dans leurs œuvi"es les plus merveilleuses , les bêtes ne se conduisent donc pas par une raison propre ; elles sont guidées par un instinct que leur a donné leur Créateur ; sous l'impulsion de cet instinct, elles courent à l'agréable, et évitent le nuisible, c'est un sens particulier qui les avertit, comme le musicien qui , sans aucun dessein arrêté, touchant en «cadence les cordes de sa harpe, est guidé par son imagination , et ne- prête la plupart du temps aucune attention à ce qu'il fait , ainsi sont les bêtes quand elles agissent , avec cette différence que l'homme dont nous parlons a acquis cette habileté par un long usage et par une étude personnelle, tandis que les bêtes tiennent leur savoir-faire de la nature. Rien d'étonnant si elles agissent souvent avec plus d'ordre que l'homme; l'ordre leur vient d'une raison supérieure à la nôtre ; un enfant qui ne connaît pas la musique, s'il est dirigé par un musicien habile, ne chantera-t-il pas sa chanson plus agréablement qu'un musicien déjà formé dont le talent est médiocre? L'enfant n'entre qu'exécutivement dans l'œuvre, ce n'est pas son talent qui le soutient.
QtJEST. VI. COMPARAISON DES CAUSES AUX EFFETS. 355
mais le talent d'un maître facilement supérieur à la médiocrité de l'autre.
Troisième CONCLUSION. — Les agents doués de raison, comme les hommes, agissent en vue d'une fin, non-seulement exécutivement et appréhensivement, mais directivement.
La preuve est facile. L'agent intellectuel connaît la proportion des moyens avec la fin, pèse les mérites de celleci et de ceux-là ; et il peut ordonner le tout en choisissant ce qui convient et en rejetant ce qui nuirait. Il a le discernement pour cela. C'est ce que nous voyons tous les jours. L'homme se propose d'abord un but , ensuite il s'informe des moyens qui y conduisent ; parmi ces moyens il choisit ceux qu'il trouve bons, et il les emploie : c'est ce qu'on appelle agir pour la fin, non-seulement exécutivement et appréhensivement, mais directivement.
QUESTION SIXIEME