‹ Philosophie suivant les principes de saint ThomasChapitre 33 sur 55 · QUEST. VI. COMPARAISON DES CAUSES AL X EFFETS · texte numérisé non relu

QUEST. VI. COMPARAISON DES CAUSES AL X EFFETS

varie pas numériquement , si Von change ou le père ov la mère.

Preuve. La conclusion repose sur la raison par laquelle nous avons prouvé que le même effet ne peut suivre de deux causes adéquates. 11 n'importe pas qu'on prenne ( es causes divisées ou unies : l'effet qui n'est pas contenu dans une cause ne peut être produit par elle ; or l'effet de telle cause particulière n'est pas contenu dans ime autre : donc il ne peut être produit par cette autre. La majeure er-,t évidente d'après les termes. Prouvons la mineure. La cause contient son effet, parce qu'elle a la vertu de le produire; or une cause ne contient pas la vertu d'une autre, comme la vertu de ce feu qui m'échauffe n'est pas dans le feu auquel se chauffe l'empereur de Russie : donc les effets de l'une ne se confondent pas avec les effets de l'autre.

La majeure est évidente. Prouvons la mineure. Les choses divisées entre elles et distinctes numériquement ne se contiennent pas, autrement elles ne seraient pas divisées ; or la vertu active de telle cause particulière est divisée et distincte numériquement de la vertu de telle autre : donc elles ne se contiennent pas. Si vous dites que ce n'est pas la vertu propre d'une cause qui est dans une autre , mais une seconde vertu semblable à la première, je répondrai que les effets seront alors semblables, et non pas identiques.

Développons ce raisonnement. Une cause qui diffère spécifiquement d'une autre ne contient ni la vertu ni les effets spécifiques de cette autre : le lion ne peut produire les actes que l'on attend du cheval ; une cause distincte numériquement d'une autre ne contiendra pas non plus la vertu ni les elfets de cette autre. Prouvons la conséquence et la parité. La raison pour laquelle les causes différentes d'espèces ne contiennent pas les vertus et les effets les unes des autres est dans leur variété spécifique; cette variété détermine sous un genre commun chaque cause à une vertu v

particulière et à des opérations spéciales; or les causes distinctes numériquement sont, sous une espèce commune, limitées par des différences individuelles; elles ne contiendront pas non plus les vertus et les effets l'une de l'autre, et chacune aura une vertu propre et une série d'effets correspondant à cette vertu hors de laquelle rien ne lui sera possible.

Confirmation. Une action procédant d'une cause ne peut procéder identiquement la même d'une autre cause, et c'est la même chose pour un effet.

L'antécédent est évident. L'action est l'acte de l'agent et la dernière actualité de sa vertu active; bien plus, suivant sa totalité, comme plusieurs le pensent, ou au moins par une partie d'elle-même, comme nous le dirons plus bas, elle réside dans l'agent. Or, on ne peut concevoir que la même actualité appartienne à des vertus totales distinctes, ou que le même accident soit sur des sujets différents. Prouvons la conséquence. L'action créée est limitée intrin:^equement et déterminée à un effet propre, par conséquent elle est pour cet effet, elle en est le devenir, et, par suite, elle ne peut être sans que l'effet se fasse et soit. C'est pourquoi la même cause ne produit pas un seul et même effet par des actions distinctes. Les effets sont distincts quand les actions le sont; ainsi le feu qui rallume la torche éteinte ne produit pas le feu même qu'il avait produit la première fois, mais un nouveau ; la vertu active et le sujet sont les mêmes , mais l'action n'est pas la même; à plus forte raison, l'effet sera distinct si la cause est autre et l'action aussi.

Première objection. Chaque vertu active peut produire tous les effets possibles dans son espèce : ainsi chaque homme, tout homme possible; une vertu active aurait donc pu produire ce qui a été produit par une autre. La conséquence est légitime. On prouve l'antécédent. L'espèce est tout entière dans chaque individu, et, par là, toute la vertu de l'espèce est dans la vertu de l'individu ; or, la vertu active de l'espèce a

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