A SAVOIR DU MOUVEMENT, SUIVANT LES SIX DERNIERS
LIVRES D'aRISTOTE.
Après avoir examiné les principes et les causes de l'être mobile, étudions sa principale propriété, qui est le mouvement. Quelques anciens ont poussé le désird'innover assez loin pour oser nier le m.ouvement ; mais tout le monde voit clairement que les corps sont soumis au mouvement , et que c'est une propriété inhérente à toutes les choses naturelles. Diogène se montra donc bon logicien quand, pour répondre par un fait aux sophismes de Zenon, il se leva et marcha.
Nous résumerons en six questions tout ce qu'on peut dire au sujet du mouvem,ent : la première traitera du mouvement lui-même , de l'activité et de la passivité , qui sont ses compagnes inséparables; la deuxième, de l'infini; car le mouvement, qui est fini, pourrait aussi être infini, si la génération et la corruption ne devaient jamais cesser; la troisième, du temps, qui est la mesure du mouvement ; la
quatrième , du lieu dans lequel il se produit ; la cinquième , de la continuité, le mouvement étant continu en lui-même et dans son sujet; la sixième, des conditions requises pour le mouvement.