DES PRINCIPES DES CHOSES SL'IVA^T LEL'CIPPE, DÉMOCUITE ET ÉPICURE
Leucippe, Démocrite et longtemps après ceux-ci Epicure ont pensé que les principes de toutes choses étaient des atonies, c'est-à-dire des corps infiniment petits et indivisibles, dont les uns seraient ronds, les autres carrés, triangulaires, cylindriques, ramifiés, crochus môme, en un mot affectant toutes sortes de figures. De ces corps répandus dans le vide infini et se rencMuliant pour se
saisir et se mêler, ce monde et une inflnité d'autres auraient été formés. Ainsi les choses naturelles, le feu, l'eau, les pierres, les métaux, les plantes, les animaux , tout enfin se réduirait à un certain nombre de tissus, ou, comme ils disent, à des concrétions d'atomes. Il s'est trouvé des modernes (J) pour essayer de ressusciter ce système en le purifiant des erreurs grossières que ses premiers instituteurs y avaient adjointes. Nous consacrerons donc quelques pages à la réfutation des idées principales de ces philosophes. A vrai dire pourtant, on pourrait rejeter ces idées par ce seul motif qu'elles ne s'appuient sur aucun fondement. N'est-ce pas gratuitement qu'on affirme ces atomes, et qu'on leur donne ces formes de rondeur ou d'angulosité, ces ramifications, ces crochets, cette longueur et cette acuité?
Pour ne pas les appeler avec Cicéron les abominations (flagitiaj de Démocrite et de Leucippe, nous pouvons au moins dire que ce sont de pures assertions qui n'ont pour elles ni la raison , ni l'expérience. Avec quelles lunettes ou quels microscopes a-t-on jamais pu apercevoir les atomes et leurs figures? Et quant aux expériences, elles sont si peu sûres, que de deux phénomènes analogues relatifs au feu un atomiste a pu conclure que les atomes de cet élément sont ronds, tandis qu'un autre les a déclarés larges et aigus comme une épée ; un troisième les a voulu voir cylindriques, et un dernier leur a trouvé la forme pyramidale.
Conclusion. — Les atomes ne sont pas les premiers principes des choses.
Cette conclusion se démontre par deux chefs : 1° il n'y a
(i) Pierre Gassendi, prêlie et prévôl de l'église de Dig-ne, professeur de mathématiques à l'Académie de Paris, né en 1392, a beaucoup écrit en faveur du système d'Épicure. Il prétendait avoir purifié cetle doctrine de ce qui s'y trouvait de contraire à la Foi, et l'avoir accommodée aux progrès de la science/ La plupart des savants ont cru bon depuis de s'allacher à cette doctrine, particulièrement parce qu'ils y -trouvaient plus de f.icililés pour combattre renseignement scolastique sur les principes dos ciiusrs,
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pas d'atomes; 2° en les acceptant par impossible, on ne pourrait trouver en eux la raison de premier principe.
Au premier chef. Quelque exigu que soit un corps , il est toujours divisible, et par conséquent il n'y a pas de corps indivisible, autrement dit, pas d'atome.
Prouvons l'antécédent. Toute quantité est divisible; or, tout corps est soumis à la quantité : donc tout corps est divisible. La mineure est incontestable , puisque la quantité est une propriété des corps. La majeure se prouve. Tout ce qui est composé de parties intégrantes est divisible en parties, cela est clair; mais toute quantité est composée de parties intégrantes, car la quantité n'est que l'extension en parties : donc toute quantité est divisible.
Confirmation. Tout ce qui a figure est composé de parties, caria figure n'est autre chose que la disposition des parties; mais, de l'aveu des adversaires, les atomes ont des figures, et, par conséquent, ils sont composés de parties. Enfin , où il y a des rameaux et des crochets , il y a des parties, on le comprend tout de suite; or, les atomes ont des rameaux et des crochets , au dire des adversaires : donc ils ont des parties , et on peut les diviser.
On répond que ces atomes ne sont pas indivisibles en ce sens qu'ils manquent absolument d'extension et de parties , comme des points mathématiques ; comme cela, sans doute, ils n'auraient pas de figure; mais ils sont si petits de volume, que la nature ne comporte pas de corps plus petits. Ils sont donc divisibles , si l'on veut , mathématiquement, ou par une opération de l'esprit; mais réellement et naturellement, ils sont indivisibles.
Mais au contraire. De l'aveu même des adversaires, on peut trouver naturellement une quantité moindre que la quantité d'un atome; ce n'est donc pas à raison d'une impossibilité naturelle qu'ils sont indivisibles^ s'ils le sont. Je jiif'ouve l'antécédent. Les adversaires nous parlent d'atomes branchus, crochus et carrés; or, les branches et les
crochets sont sans contredit moindres que les atomes qui les portent. Un atome carré sera moins long qu'un atome long, et ce dernier sera moins large qu'un autre ; la nature comporte donc bien des proportions moindres que celles des atomes. Car qui pourra empêcher que ces branches et ces crochets ne soient brisés , que l'atome plus long ne soit cassé en deux plus courts, et l'atome plus large divisé en deux plus étroits, puisque le nom de long ou de large qu'on leur donne prouve qu'il y a au-dessus de leur proportion propre une proportion inférieure possible dans la nature?
On répond : Ces atomes ne peuvent se diviser même en ce par quoi ils s'excèdent l'un l'autre , parce que leurs parties sont adhérentes sans laisser passage à aucun vide , et c'est le vide qui se trouve entre les parties des corps ordinaires qui rend ces corps divisibles ; par suite les atomes ne sont pas divisibles, si l'on accepte qu'il n'y a pas de vide entre les parties qui les composent.
Mais au contraire. Nous montrerons plus tard que le vide n'est pas possible, et que, par conséquent, ce n'est pas au vide qu'il faut attribuer la divisibilité ou l'indivisibilité des corps. Prenons en attendant les principes des adversaires pour les convaincre. Ce sont, suivant eux, des atomes cubiques qui sont particulièrement dans les corps solides , et ces atomes cubiques ont, comme ils disent, la force de s'unir immédiatement, si bien qu'entre leurs facettes unies aucun vide ne peut être imaginé, autrement ils nageraient tous dans le vide, et le corps ne recevrait d'eux aucune solidité. Or nos adversaires confessent en même temps que , malgré ce contact immédiat et excluant le vide, les atomes cubiques peuvent être séparés les uns des autres. Donc, l'absence du vide entre des parties qui se touchent n'est pas cause d'une union indissoluble; donc les rameaux et les crochets, bien qu'ils soient attachés à leurs atomes sans solution de continuité, pourront en être détachés; donc, un atome n'est pas indivisible.
âO PHYSIQUE. I. PARTIE. THÈSE I.
En outre , si ces rameaux ou ces crochets ne pouvaient céder à aucune force, il s'ensuivrait que les corps solides ordinaires ne pourraient non plus être divisés. En effet, dans le système, la solidité de ces corps vient de l'enchaînement des atomes , qui se sont attachés et entrelacés les uns dans les autres au moyen des rameaux et des crochets. Or, s'il faut que ces rameaux et ces crochets soient hors d'atteinte pour que les atomes restent atomes, c'est-à-dire indivisibles, ils devront rester tels dans les corps ordinaires, et par conséquent un corps ordinaire solide ne pourra non plus jamais être brisé.
Il y a des défenseurs du système qui ont cru devoir céder devant ces raisons , et accorder qu'au moins certains atomes étaient divisibles ; mais cette concession ne peut rester partielle : rien ne garantira un atome quelconque de la divisibilité, si l'on admet cette divisibilité pour un autre.
Cet argument semble suffire pour renverser le système. On peut cependant dire encore contre les atomes :
1° Ils ne peuvent être supposés de masse égale entre eux, ni de masse inégale ; ils n'existent donc point. Pas de masse égale, comme quelques atomistes l'ont voulu, parce qu'ils seraient de mèmeTigure, ce qu'on ne veut pas; en effet, en posant l'égalité sur toutes les dimensions, vous avez la même figure ; pas de masse inégale , car ils ne seraient pas les corps les plus petits, comme le nom le demande. En effet, au sens strict du mot dans les infiniment petits, il n'y a évidemment ni plus grand ni plus petit. ^
2° Tous les atomes ne sont pas de même nature, et ils ne sont pas non plus de nature différente; donc, il n'y a pas d'atomes. Prouvons V antécédent : S'ils étaient de même nature, ils auraient tous les mêmes affections, par conséquent la même figure , le même poids et le même mouvement ; les uns n'iraient pas en bas, les autres en haut, ni les, autres transversalement, mais tous seraient emportés dans le même sens et avec une rapidité égale ; par suite, ils
ne s'accrocheraient jamais et ne formeraient pas les corps solides. Sont-ils de nature différente? pas davantage, car ils auraient alors des principes divers, et ils ne seraient plus premiers principes, mais principiés , c'est-à-dire composés d'un élément commun et d'un élément propre.
Prouvoyis la conclusion far l'autre chef, à savoir qu'aux atomes la raison de principe ne peut convenir. Les principes des choses doivent être des principes de génération et de diversité substantielle ; or, les atomes ne peuvent être principes de génération et de diversité substantielle : donc, ils ne peuvent être principes des choses. La majeure se prouve par l'étude des choses naturelles, que nous voyons diflférer substantiellement les unes des autres ; l'homme n'est pas le cheval, le cheval n'est pas la plante, ni la plante la pierre. Toutes ces substances se produisent sous nos yeux, et elles n'étaient pas avant cette production ; il y a donc une génération substantielle. Nous le verrons d'ailleurs plus au long dans un prochain article. Prouvons la mineure. Les atomes , suivant ce qu'en disent leurs défenseurs, demeurent toujours les mêmes substantiellement; ils ne dilïèreni que par le mouvement, la figure ou le site : si bien que les mêmes atomes qui, au repos et moyennant telle combinaison, étaient du bois, deviennent du feu quand on leur imprime un certain mouvement, et qu'on les soumet à une certaine combinaison. Or le mouvement, le repos, la figure et le site sont de purs accidents qui n'emportent pas de diversité substantielle : donc les atomes ne peuvent servir à la production d'aucune nouvelle substance; ils ne peuvent donner raison d'aucune diversité substantielL'. Si le système des atomes était vrai , la différence entre un cheval et une pierre ne serait qu'accidentelle ; lorsqu'un cheval est produit, ce ne serait pas une nouvelle substance produite , ce serait un simple changement accidentel survenu à ce qui existait déjà.
Confirmation. Avec les atomes, toutes les choses natu-
relies ne peuvent se faire ; ils ne sont donc pas les principes de toutes choses. La conséquence est évidente. Je prouve l'antécédent. Parmi les créatures, objets de la Physique, beaucoup sont douées de connaissance et d'appétits sensitifs. Nous voyons les animaux vivre , sentir, percevoir et discerner les objets ; par l'imagination , la mémoire , le sens commun, l'estimation, la vue, l'ouïe et tous les autres sens, s'affecter de plaisir ou de douleur, subir les impressions de l'amour ou de la haine, de la vengeance, de la crainte, de l'audace, etc. Or, ces atomes stupides, privés de sens et de vie, ne peuvent donner raison de tous ces phénomènes par leurs mouvements, leur site et leur figure. Qui croira, en effet, que le sentiment, par exemple le plaisir, l'amour ou la colère , etc., soit produit par la rencontre de deux atomes disposés l'un d'une façon, l'autre d'une autre? Donc , les choses corporelles et sensibles ne peuvent être composées d'atomes. Ici les défenseurs du système épicurien sont à court. Ils n'osent pas nier que les animaux soient doués de vie et de connaissance, et ils ne savent pas dire comment ces attributs merveilleux s'accordent avec l'insuffisance de l'atome. Pour ce qu'en a dit Épicure, que l'àme sensitive était composée d'atomes de meilleure race que les autres, c'est une affirmation gratuite. Ensuite, qu'y aura-t-il dans ces atomes qui les différenciera du vulgaire et leur donnera de l'esprit? Seront -ils moins pesants, plus parfaits dans leur forme j plus actifs à leur mouvement, comme Épicure paraît l'avoir pensé? Qui ne voit que tout cela n'explique rien au fait de la connaissance? Aussi les modernes atomistes ont abandonné cette réponse, et ils avouent que l'âme sensitive emporte quelque chose que les atomes ne peuvent donner; mais, suivant eux , c'est si difficile à déterminer ! A la bonne heure ; mais il reste certain que les atomes sont incapables de le produire , soit en eux mêmes , soit par leurs combinaisons, et, par conséquent, ils ne sont pas les principes des choses ; ce qu'il fallait démontrer.
Quant à produire les autres effets naturels , les atomes n'y sont pas plus aptes , suivant l'explication qu'on en donne. D'où vient cet ordre si constant dans les œuvres de la nature? Pourquoi le semblable engendre-t-il son semblable? pourquoi d'un cheval naîtra-t-il toujours un cheval plutôt qu'un chameau, d'un chêne toujours un chêne plutôt qu'un poirier, les deux espèces se nourrissant du même foin ou de la même sève, et par conséquent des mêmes atomes? D'où vient aux plantes, aux pierres , aux métaux , cette variété de propriétés? d'où ces vertus merveilleuses? Quel homme sensé pourra n'y voir que le résultat d'une combinaison d'atomes ? Quelle puissance dispose si sagement tous les membres de l'animal , toutes les parties du végétal , et ceci n'est-il pas absolument au-dessus de l'habileté des atomes? Comment les objets seraient -ils représentés dans notre œil par le seul pinceau des atomes? Comment, par eux, l'aimant attirera-t-il le fer? comment une étincelle de feu allumera-t-elle en un instant toute la poudre d'une poudrière? Ce qu'ils disent, à savoir que les atomes de l'étincelle sont perfectionnés par leur mouvement, et que, par un contact rapide, ils communiquent ce mouvement à la poudre en repos, cela est aussi absurde que de dire qu'une mouche qui vole et bourdonne autour d'un tas de blé peut en entraîner la masse entière, et lui imprimer un mouvement tel, que toute cette masse s'agiterait avec elle. Quand on veut que les espèces visibles , les apparences des choses qui frappent l'œil soient des atomes détachés de la surface des corps, comme des pellicules très-minces qui arrivent droit à l'œil . si vite et dans un ordre si parfait, sans que le vent qui souffle puisse les déranger, les distances les retarder, les vitres ou le cristal les empêcher de passer ; quand on veut que le fer attire l'aimant par les atomes crochus qu'il lui envoie, et qui l'amènent comme le pêcheur amène le poisson, on ne fait en cela, comme en mille autres points sur lesquels on décide si vite, qu'entasser rêveries sur rêveries, absurdités sur absurdités.
A ces raisons empruntées à la Physique on peut en ajouter d'autres que fournit la Théologie : !<> De l'avis de tous les saints Pères, cette doctrine des atomes est absolument inacceptable. Parmi eux, quelques-uns ont suivi l'opinion de Platon, d'autres se sont attachés à Aristote; mais tous ont unanimement rejeté avec horreur la doctrine d'Épicure ; tous l'ont déclarée grossière , inepte et mensongère. Qu'on ne dise pas que les saints Pères ont traité si durement la question des atomes à cause des erreurs honteuses qui s'y adjoignaient con're la providence de Dieu, l'immortalité de l'âme, les fins dernièi'es, etc.; car c'est le dogme physique lui-même qu'ils attaquent. Un seul témoin de leur unanimité, saint Augustin (épîlre Lvi) , nous assure que l'opinion d'Épicure sur les atomes est une sorte de monstruosité {portentiim quoddam), et il s'étonne que des hommes aient pu l'accepter; il appelle (Explic. du ps. Lxxiii) Épicure un philosophe en délire, un ami non plus de la vérité, mais de la vanité. Enfin la réponse même qu'on nous oppose est de nature à nous animer contre cette doctrine. Comment, en effet, la juger supportable si elle n'a jamais autrefois obtenu l'adhésion que des esprits infectés d'erreurs les plus pernicieuses, si elle a été acceptée et soutenue par eux comme un refuge assuré pour leur irréligion ou leur impiété?
2° La doctrine des atomes ne peut s'accorder avec les mystères de la Foi; elle supprime la distinction entre les accidents et la substance , et par suite elle rend impossible la conversion substantielle du pain au corps de Notre- Seigneur, les accidents restant les mêmes ; elle nie les formes substantielles : comment donc peut-elle accepter que l'âme soit la forme substantielle de l'homme? Que si elle accorde que l'homme a véritablement une âme raisonnable comme forme substantielle, pourquoi refuser une forme substantielle aux autres êtres dans la nature? Et combien d'autres dogmes après ceux-là !
3° Enfin, en constituant les atomes comme premiers principes de toute chose, il y a péril évident que les hommes, s'hahituant peu à peu à ces fables, n'arrivent aux abîmes d'erreur qui ont entraîné et perdu tant d'anciens , beaucoup plus intelligents du reste que le vulgaire : Démocrite, Leucippe, Epicure, Lucrèce, etc. Suivant eux, en effet, il n'y avait pas d'être spirituel : tout, les dieux eux-mêmes, si tant est qu'il y en eût, était composé d'atomes; le monde n'aurait pas été créé par Dieu, ni disposé par vme Intelligence supérieure; la Providence n'y serait maintenant pour rien, la fin ne dirigerait en rien les êtres , tout serait le résultat imprévoyable des rencontres d'atomes égarés dans l'espace. C'est pour cette dernière )-aison que cette secte des atomistes a été de tout temps proscrite par tous les hommes sages, nonseulement comme grossière et ridicule, mais comme ennemie de la religion, surtout de la Religion chrétienne, à laquelle les Épicuriens n'ont jamais pu être amenés. Hommes animaux, tout entiers adonnés aux désirs de leurs sens comme des brutes , ils ne pouvaient comprendre ce qui est de Dieu. Disons plus, ces pinnces des prêtres qui ont fait mourir le Seigneur, Anne et Caïphe, et tant d'autres qui, tandis qu'un grand nombre de pharisiens se faisaient instruire des vérités chrétiennes, résistèrent avec endurcissement aux prédications de saint Etienne et de saint Paul , étaient des Sadducéens , comme on le voit au chapitre cinq (les Actes des Apôtres; or les Sadducéens n'étaient que des Épicuriens juifs. Aussi peut-on croire que quand les modernes essaient de purifier cette doctrine et de la soutenir, la plupart du temps ils ne la considèrent pas comme sérieuse, mais entendent seulement faire un exercice d'esprit, et montrer leur habileté en défendant une mauvaise cause: comme on lit d'un certain Phavorinus, philosophe, qu'il entreprit la défense de la fièvre quarte , de l'escroquerie et même de la sottise.
ARTICLE QUATRIÈME