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LEUR SIÈGE PLUS FRÉQUENT A GAUCHE

La fréquence de la localisation phlébitique au membre inférieur gauche est signalée par tous les auteurs, C’est Roux (de Lausanne) qui le premier fit remarquer, en 1900, la plus grand fréquence des phlébites gauches.

Petit (1903) et Bordessoule (1905) insistent dans leur thèse sur cette particularité et rapportent vingt-quatre cas de phlébite après appendicectomie dont quinze cas de phlébite gauche.

En 1906, Hoffmann (de Vienne) écrivait ceci: « Les thromboses veineuses primitives sont fréquentes comme < dans toutes les maladies infectieuses, dans la propor- «tion d'environ 1 0/0. Mais ce qui est remarquable < c'est l'énorme fréquence des phlébites iliaques gau- « ches, dans la proportion de plus des trois quarts, sans « qu'il soit encore possible d’en démèler la cause au « milieu des multiples théories émises. »

Examinons ces théories et voyons si elles sont suffisantes pour expliquer la prédilection de l'infection veineuse au membre inférieur gauche.

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Petit et Bordessoule en trouvent la raison. par les données de l’anatomie et de la physiologie. Voici l’opinion de Petit:

< La phlébite de la veine iliaque gauche est plus « fréquente que la phlébite droite à cause:

« 1° De la coudure de VS iliaque qui croise la veine « iliaque gauche;

« 2° Du contact de l'artère de mème nom qui la recouvre ;

« 3° De l’obliquité de cette veine, plus prononcée à gauche qu’à droite.

« On a aussi invoqué la coprostase, la constipation « étant fréquente au cours de l’appendicite. »

Bordessoule s'exprime ainsi:

« Le côlon iléo-pelvien croise les vaisseaux iliaques « externes: la veine iliaque primitive gauche est plus « longue que celle du côté droit, elle a un trajet plus « oblique. Le cours du sang se fait plus difficilement « de ce côté; en effet il peut y avoir compression de la « veine gauche par l’artère iliaque primitive droite qui « la croise.

« Une autre cause de compression est la stase des « matières fécales durcies dans l’'S iliaque dilaté. Le « malade, purgé la veille de l’opération, est soumis « ensuite au régime opiacé; pareil régime et le repos « aulit sont bien faits pour déterminer cette coprostase.

« Cette disposition anatomique, nous expliquant la « difficulté de la circulation, la stagnation du sang et la « facitité de l'infection, montre pourquoi la phlébite se

« localisera de préférence à gauche. » ‘

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Certes, nous ne voulons pas nier l'influence accessoire que peuvent apporter ces causes mécaniques; ce sont des conditions générales dont on doit tenir compte, mais elles ne nous expliquent pas pourquoi les microorganismes circulant dans le sang se localiseront surtout à gauche.

On a voulu enfin faire jouer un rôle aux altérations inflammatoires de la veine mésentérique inférieure. Est-il possible que ces altérations puissent produire, par contiguité avec la veine iliaque gauche, une thrombose de celle-ci, alors même que l’inflammation appendiculaire s’est propagée au colon pelvien ?

Cétte hypothèse n’est pas admissible : aucune lésion de cette portion du gros intestin n’a été consignée dans les autopsies qu'ont faites MM. Willard et Vignard. De plus la phlébite gauche n’est pas signalée dans les sigmoïdites où elle devrait pourtant se montrer d’une facon élective.

Aussi, ces raisons anatomiques et physiologiques ne nous semblent pas péremptoires, et aucune des explications fournies ne nous satisfait pleinement l'esprit.

Le D Dieulafé, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Toulouse, émet, dans sa communication à la Société de Chirurgie(17 octobre 1906) une hypothèse qui à elle seule pourrait expliquer la localisation phlébitique à gauche.

En raison des douleurs qui surviennent pendant les crises appendiculaires, en raison du siège de la plaie opératoire après l'intervention chirurgicale, le malade

immobilise son membre inférieur droit tandis qu’il peut

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continuer à mouvoir la jambe et la cuisse gauches.

L’immobilisation, et par suite, la circulation forcément moins active du côté droit, mettent ce membre davantage à l’abri des localisations microbiennes dans le systèmé veineux, d’où la plus grande rareté de la phlébite au membre inférieur droit.

MM. Broca et Routier ne se rangent pas à l’avis de Dieulafé, mais ne donnent pas d'arguments contre la théorie de cet auteur (Societé de chirurgie. Loc. cit.).

À l’appui de la théorie de Dieulafé nous rapportons trois observations de phlébites du membre inférieur gauche apparues après opération de cure radicale de de hernie inguinale du côté droit. Ces observations ont été communiquées au D' Dieulafé par MM. Viguié et Roy, médecins militaires, et par M. le D° Gourdou,

médecin à Soual (Tarn).

Observation I

Commuaniquée par M. le médecin major Vicurk,

Delrieu, 23 ans, hôpital du Belvédère,9 juillet 1904.

Qpéré le 24 juillet d’une hernie inguinale droite.

Les suites opératoires ont été des plus simples : la température n’a pas dépassé 374,

Le 1er avril, — On enlève les fils et on fait le premier pansement. La réunion par première intention est parfaite,

Le 8 avril. — Deuxième pansement. La cicatrice est faite et l'on se borne à saupoudrer avec de la poudre damidon.

Le 10 avril. — Mouvement fébrile, langue saburrale, douleurs

d'estomac et diarrhée (4 selles par jour).

= Se À

Le 14 avril. — Température 385.

Pouls : 120.

Phlébite du membre inférieur gauche (côté opposé à la hernie opérée).

Vive douleur dans l’aîne gauche avec cordon induré profond suivant le trajet des vaisseaux fémoraux. On note l’augmentation de volume de la cuisse gauche.

Le 4 septembre. — État général excellent. Le malade ne souf-

fre plus. Il peut rester debout toute la journée et marche sans claudication.

Le 9 septembre. — La cuisse gauche présente toujours un peu d'augmentation de volume.

Le malade quitte lhôpital.

Observations II et III

Communiquées par MM. Roy et Gourpou.

Les D' Roy, médecin militaire, et Gourdou (de Soual) ont vu une phlébite qauehe survenir à la suite d'opération de hernie inguinale droite. Dans le cas de Roy il s’agissait d’une cure radicale à froid, dans le cas de Gourdou d’une hermie

étranglée,

Dans ces trois observations de cure radicale de hernie inguinale droite, le mécanisme de la phlébite gauche consécutive à l'opération est identiquement pareil à celui des phlébites gauches après appendicectomie à froid : le membre droit a été immobilisé en raison du siège de la plaie opératoire et a échappé plus facilement à l'infection. ;

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Celle-ci s’est localisée au membre inférieur gauche que le malade peut mouvoir à volonté, où la circulation est plus active que du côté opposé, et partant plus:

facilement exposé aux localisations des microorganis-

mes dans le sysième veineux.

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