‹ Phlébites et embolies dans les opérations sur les voies urinairesChapitre 13 sur 27 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

(Professeur GAYET)

Hypertrophie de la prostate. — Phlébite pré-opératoire. Prostatecitomie

B... Jean, 63 ans, entre à l'Hôpital le 24 mai 1921, pour de la dysurie qui a commencé il y a un an et augmente après les excès de boisson. Pas de pollakiurie.

À 20 ans, a eu une uréthrite gonccoccique. À noter existence d’une bronchite chronique qui s’est installée après un épisode puimonaire aigu contracté au régiment.

II y a trois jours, après des libations copieuses, crise aiguë de dysurie nocturne. Le jet est sans force. Depuis, pollakiurie qui persiste encore actuellement.

À l’entrée, présence d’un gros globe vésical. Les reins ne sont pas perçus. La prostate est grosse, régulière, de consistance rénittente. Urines claires, sans albumine.

Rien à signaler au cœur ; par contre, signes d’emphysème pulmonaire avec gros râles muqueux aux bases.

Le 27 mai, le malade n’ayant subi aucune intervention, apparaît un œdème blanc de la jambe gauche, avec douieur au niveau du moliet, ainsi qu’à la palpation le long du trajet de la saphène dans son tiers inférieur. Petite hydarthrose äu genou.

La fièvre est à 27°5 le matin, à 39° le soir. Elle revient à la normale le 9 juin.

Le 27 juillet, la phlébite est guérie, après avoir évolué sans incident. L’Ambard étant de 0,067, on pratique la prostatectomie en un temps. Suites simples. Exeat le 21 septembre.

On remarquera dans cette observation, d'abord l'existence d’une affection pulmonaire qui a bien pu jouer son rôle dans da production de la phlébite grâce aux troubles circulaloires qui en résullaient, et aussi que l'intervention n’a nullement provoqué le réveil de l'infection veineuse. Il en a été de même pour la malade de l'observation suivante, qui pourtant présentait des urines purulentes,

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OBSERVATION XXI (Professeur GAYET) Hypertrophie prostatique. — Phlébite pré-opératotre Prostatectomie ultérieure.

D... Claude, 65 ans. Est envoyé par son médecin ! 6 septembre 1925, pour rétention aiguë d’urine.

Depuis 3 mois, présentait des symptômes de prostatisme, lorsque, il y a un an, survint une crise de rétention aiguë qui céda spontanément au bout de 24 heures. Le 24 août, deuxième crise ; cette fois, il fallut sonder le malade, chez lui puis à J’hôpital de Villefranche où il avait été transporté. Là se constitua brusquement, en une nuit, une phlébite de la jambe gauche. La rétention persistant, D... rentra chez lui, d’où il arrive dans le service d’Urologie du Professeur Gayet. |

A l’entrée, température à 38°. La vessie remonte jusqu’à l’ombilic. Urines troubles. Grosse prostate de consistance élastique. On place une sonde à demeure, et on immobilise. le membre dans une gouttière.

Le 15 octobre, la phlébite est guérie, le malade est apyrétique depuis un mois ; il n’y a plus d’æœdème.

Ambard : 0,10. Urée sanguine : 0,31.

Prostatectomie en un temps, après ligature des déférents. À la suite se manifeste une petite poussée thermique qui persiste huit jours. La phlébite ne se réveille pas.

Il est permis de penser que chez cet urinaire infecté, les sondages ont traumatisé la muqueuse uréthrale, ou-

viant la porte à l'infection sanguine et déclanchant la phlébite,

D'ailleurs ce serait une erreur que de vouloir toujours rechercher l'infection à la base de la formation des phlébites. N’a-t-on pas observé des thromboses de la veine cave liées, en dehors de toute infection, à la présence d’un cancer du rein ? Après VELPEAU, GIN- TRAC, PELLETIER, ROGER a présenté deux compte-rendus d'autopsies de sujets morts de cette affection, chez

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lesquels la lumière de la veine cave inférieure était chstruée par une thrombose. Pour l’un de ces cas, rapporté avec figure dans le traité d’'ALBARRAN sur la Médecine opératoire des voies urinaires, la thrombose remontait jusqu'aux troncs cœliaques inclusivement. Dans une obseivation de FotTHERrBx, le caïllot s’éten- Gait depuis la veine rénale jusqu’à l'oreillette droite, réduisant à la dimension d’une plume d’oie le calibre de la veine cave. Messieur Gayer et BÉRIEL, discutant de ces thromboses d’origine néoplasique, fixent leur fréquence à 4 ou 5 % des cas de cancer du rein. « Sur cent malades paraissant susceptibles d'intervention, disent-ils, dix ont déjà des bourgeons néoplasiques dans leur veine rénale, et trois dans leur veine cave inférieure (Lyon Chirurgical, 1913). » Ils distinguent d'ailleurs deux séries de cas : d’une part, malades morts de cachexie et de généralisation néoplasique, chez lesquels il ne s’agit vraisemblablement que d’un processus terminal d’envahissement par le cancer ; d'autre part, malades à état général satisfaisant, paraissant au début de leur maladie, sans troubles de la circulation veineuse. On pratique sur eux la néphrectomie, et c’est au cours de l’intervention qu’on reconnaît la thrombose. Ou bien même, rien d’anormal n’a été remarqué pendant l'opération, mais dans les jours qui suivent, pendant qu’on soulève l’opéré pour un pansement, il est brutalement frappé d’embolie, TAp- DEI a rapporté deux cas de ce genre (Folia chirurgica, Juin et Septembre 1908).

Les constatations nécropsiques ont montré que dans ces phlébites reconnaissant à leur origine un cancer

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des voies urinaires, le thrombus n’est pas obligatoirement un bourgeon néoplasique, mais qu’il peut s’agir d'une coagulation banale déterminée par le contact avec une paroi veineuse histologiquement altérée. d’un sang modifié dans sa crase et présentant la coagulabilité particulière au sang de tous les cancéreux. D’aik leurs, quand le bourgeon est cancéreux, il est toujours associé à un dépôt cruorique plus ou moins organisé fournissant un substratum à l’envahissement des cellules néoplasiques, et les embolies, si d’aventure il s’en produit, sont probablement cruoriques.

Nous reproduisons ici une observation de thrombose de la veine cave inférieure, chez un porteur de cancer du rein, que nous empruntons à l’article précité de

Messieurs GAvET et BÉRIEL.

OBSERVATION XXII (Docteurs GAYET et BÉRIEL)

(An Lyon Chirurgical 1913 : Cancer du rein et thromboses de la veine cave.)

S.. Jacques, 61 ans, colporteur, entre pour hématuries, le 4 avril 1913 avec expulsion &e caïllots telle que les mictions sont difficiles et douloureuses.

Gros rein droit, dur, débordant de deux travers de doigt les fausses côtes, assez mobile. Pas de varicosités abdominales, pas de varicocèle.

Cœur normal ; rien aux poumons.

Légers signes de brightisme (crampes, céphalées, pouls un peu tendu).

Après cystoscopie et séparation des urines, le rein gauche est reconnu suffisant pour permettre la néphrectomie au côté droit.

Intervention le 9 avril. Enormes veines capsulaires (une d'elles a le volume du petit doigt). La veine spermatique,

thrombosée, est sentie par le doigt comme un cordon vertical énorme, et en a de ce fait imposé un instant pour la veine cave. Ablation de la tumeur : on pose un clamp sur le pédicule et on le laisse à demeure, à cause de l’impossibilité de disséquer le pédicule pour placer une ligatuée:

Suites bonnes pendant 2 jours. Le soir du deuxième jour, fièvre à 38°8, qu’on attribue à la coprostase. Mais le troisième jour, elle monte brusquement à 40°4, le malade suffoque, se cyanose, et meurt en quelques instants, asphyxié.

Nécropsie : Pas d'hématome, pas de pus, rien d’anormal au péritoine. Mais ce qui reste de la veine rénale, la veine spermatique et la veine cave au niveau de l’embouchure (de la veine réna'e, sont occupées par une thrombose qui aboutit dans la veine cave à un gros caillot du volume d’une noix, d'aspect cruorique, et dont l’extrémité est en pointe émoussée, molle, de couleur rougenoir.

Les cavités droites du cœur sont bourrées de caïllots d'aspect récent, dont on ne peut dire s’il s’agit de coagulations post-mortem, ou si parmi eux se trouve un embol cause de la mort.

Il n’y a rien dans l'artère pulmonaire. Les poumons sont normaux.

Alors qu’au microscope la tumeur rénale se révèle comme un épithelioma atypique, à cellules claires, dans certaines parties, fermes et blanches, des bourgeons veineux, 6n trouve des éléments cancéreux.

La paroi veineuse est altérée, avec des infiltrations d’éléments néoplasiques dans la tunique externe. Il n’y a pas de cellules cancéreuses dans la couche musculaire, ni dans l’endoveine.

Dans le même article, Messieurs GAYET et BÉRIEL rapportent une observation du Docteur DuRraAND, sur une néphrectomie droite chez une femme de 62 ans, pour un cancer s'étant manifesté durant trois ans par

des hématuries. Trois mois avant son entrée à l’hôpi-

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