‹ Phlébites et embolies dans les opérations sur les voies urinairesChapitre 15 sur 27 · SIÈGE DE LA PHLÉBITE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE LA PHLÉBITE

Toutes les circonstances étant favorables, la thrombose est prête à naître. Où va-t-elle se localiser ?

D'après la loi formulée par LANCEREAUX, les thromboses marastiques se produisent toujours au niveau des points où le sang a le plus de tendance à la stase, c'est-à-dire au point de limite d'action des forces d’impulsion cardiaque et d’aspiration thoracique.

Opinion trop absolue pour VAQUEz. Il est en effet fréquent de rencontrer des coagulations au niveau des veines du mollet, de la poplité, de l’humérale. En fait, c'est une altération de l'endothelium qui en conditionnera la production, en constituant un point d’'appel. Les vasa-vasorum se sont oblitérés sous l'influence de linfection générale, d'où mauvaise nutrition de la veine et altération de sa tunique interne, désormais lieu de moindre résistance appelant l'agent infectieux. Ainsi un point quelconque de l’économie peut devenir

le siège d’une phlébite, et non pas seulement les régions immédiatement en contact avec la source d’infection, avec l'appareil urinaire, C’est pourquoi il existe, à côté des phlébites juxta-urinaires, des phlébites à distance. 1°. — Pour ce qui est des premières (phlébite de la veine rénale et de la veine cave, phlébite péri-vésicale), l'infection veineuse se fait par continuité, gagnant de proche en proche, de l’organe lésé jusqu’à la paroi veineuse. Signalons en passant que les phlébites périvésicales siègent généralement dans les grosses veines des plexus péri-vésicaux et péri-prostatiques, d’où elles s’étendront par la veine hypogastrique à la veine iliaque puis à la veine cave (surtout quand la thrombose est à droite), déterminant des troubles circulatoires importants. Mais d’autres fois il s’agit de petits thrombus localisés dans les branches du réseau souspéritonéal. Que le caillot vienne à suppurer, il se formera une petite péricystite suppurée circonscrite, noyau d’un abcès juxta-vésical qui pourra m’être découvert qu’à l’autopsie, car on sait la latence de certaines de ces suppurations profondes du petit bassin. 2°, — Quant aux phlébites à distance, c’est presque toujours les membres inférieurs qu’elles atteignent, au niveau de la veine fémorale ou des veines du mollet. Il semble à Vian qu’elles soient dues à une infection atténuée, à point de départ plus spécialement vésical, et qu’elles constituent plutôt une forme bénigne. Cette localisation lointaine est à première vue surprenante. Peut-être faut-il pour l'expliquer invoquer la loi de LANCEREAUX, mais le fait que les phlébites ne sont pas rares aux veines du mollet ou à la poplité

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incline davantage à incriminer une altération des tuniques veineuses par un traumatisme ancien, par la gêne circulatoire causée par le port de jarretières trop serrées. Surtout, la grande cause de ces localisations aux membres inférieurs paraît être la présence de varices, parfois profondes, invisibles ou ignorées, qui constituent le lieu de moindre résistance facilitant l’invasion des tuniques veineuses altérées par les éléments pathogènes partis des voies urinaires. L’infection a hesoin, pour se fixer sur les veines, qu’elles soient en mauvais état, car si l'infection est à la base du mécanisme de production des phlébites, elle est servie par un certain nombre de circonstances que nous pouvons appeler causes favorisantes, sans lesquelles elle ne trouverait pas à se fixer sur l’arbre veineux et ne pour-

rait pas créer la thrombose.

CAUSES FAVORISANTES

1°. — C’est d’abord l’âge du malade. La phlébite est d'autant plus fréquente que le sujet est moins jeune. La quarantaine, et surtout cette période de la vie qui va de 59 à 65 ans, lui paie le plus lourd tribut, car c’est alors qu'interviennent avec le plus de force les facteurs prédisposants : ralentissement du cours du sang, altérations vasculaires, modifications de la crase sanguine. L'organisme des urinaires ne saurait se défendre autrement que très mal. Ces malades, sérieusement handicapés par les spoliations sanguines, par l’azotémie et dans certains cas par la résorption de produits cancéreux, ne trouvent plus en eux les ressources nécessaires pour lutter victorieusement contre

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