PRONOSTIC
On voit, d’après les considérations qui précèdent, que le pronostic de la phlébite, chez les opérés des vois urinaires, est variable, mais il est toujours aléatoire, et dépend de l’état général du malade et de sa résistance, en tout état de cause très diminuée par son âge, par les hématuries, par l'infection urinaire souvent déjà ancienne, qui l'empêche de faire les frais d’une infection secondaire surajoutée. Il est fonction aussi du siège juxta-urinaire ou lointain de la thrombose, et de la nature de Paffection urinaire, le néoplasme par exemple pouvant amener la cancérisation du thrombus.
Les phlébites juxta-urinaires, dont les symptômes locaux restent très peu accusés, s’accompagnent de phénomènes généraux graves d'infection en voie de généralisation avec septico-pyohémie mortelle consécutive, et de gêne mécanique de la circulation. L’oblitération veineuse provoque la congestion de tout l’arbre urinaire, en raison des anastomoses et de la richesse vasculaire, cette congestion retentissant sur la prostate, la vessie, les reins dont elle aggrave le mauvais fonctionnement. Ce sont des formes septiques
NT Cas
d'infection veineuse dont les signes apparaissent avec rapidité.
Au contraire, les phlébites à distance sont des formes atténuées à symptômes tardifs. Elles sont moins graves parce que la gêne circulatoire est limitée à un département veineux moins étendu, ne déterminant qu’un œdème localisé à un membre ou à un segment de membre, et d’autant moins accusé que l’oblitération se sera faite plus lentement, la circulation complémentaire ayant eu plus de temps pour s'établir.
Les phénomènes infectieux sont peu développés, et se bornent à quelques frissons avec un peu de fièvre.
Leur pronostic est donc meilleur que celui des phlébites juxta-urinaires, mais il reste une part d’inconnu, réservée à l’état de résistance du malade et surtout aux embolies, parfois premier signe, et mortel, de l'existence d’une phlébite.
Aussi doit-on en définitive considérer que la phlébite post-opératoire est toujours grave, de par son siège (phlébite juxta-urinaire) et de par ses complications (phlébite à distance), les plus dangereux des thrombus étant les gros caillots obturant incomplètement la veine, car ils sont constamment battus par le sang circulant et d'autre part les malades ne sont pas .immobilisés en raison du peu de signes auxquels ces thrombus donnent lieu. Par contre, ils sont moins graves au point de vue des séquelles, puisque la circula-
ton du sang n’est pas complètement arrêtée dans la veine.