PROPHYLAXIE
1°. — Etant donné les ennuis causés par la phlébite, dont le moindre est la prolongation de l’alitement pour le malade, il était tout naturel que les chirurgiens cherchassent à y faire échapper !curs cpérés. Cette préoccupation justifie les soins pré-opératoïres multiples qu’ils ont proposés et dont les directives varient suivant l'opinion nourrie par chacun d’eux touchant la pathogénie des thromboses. Celle-ci se ramenant grosso modo à l’action de deux facteurs : modifications de la circulation et de la composition du sang, et infection, c’est sur ces deux points que devra porter l’effort, dès avant l'opération.
Le malade sera donc mis au repos au lit, pour que soit soulagé le travail du cœur ; on lui apprendra par la gymnastique respiratoire à améliorer les conditions de sa circulation, et on lui évitera du même coup les congestions pulmonaires de décubitus, toujours à craindre chez les gens âgés. On se méfiera surtout des emphysémateux, de ces malades aux pommettes violacées, atteints de dyspnée chronique, qui ont de la dilatation du cœur droit et des troubles de la circulation veineuse, des prédisposés à la phlébite dont les porteurs de varices constituent l’avant-garde. Le plus prudent sera dans certains cas de s’abstenir d'opérer.
Cependant il ne faut pas exagérer les contre-indications et l’on peut toujours à la rigueur attendre ce que donnera le repos pour prendre une décision.
Comme, de plus, nos malades ont des troubles du fonctionnement de l'appareil urinaire, ils seront soumis à un régime de désintoxication sagement dosé, de manière que de grosses purgations intempestives et un jeûne trop rigoureux ne viennent pas à les affaiblir. La constante d'Ambard en mesurera les effets. Le sérum physiologique combattra l’anémie et par ailleurs favorisera la diurèse. La formule hématologique sera étudiée, et autant que possible on attendra pour opérer qu’elle soit revenue à la normale, en particulier que la polynucléose due à linfection ait disparu.
Enfin, puisque la syphilis semble exercer une action spéciale sur la formation des thromboses, le traitement anti-spécifique sera institué toutes les fois que le réactions biologiques l’auront mise en évidence.
La prophylaxie anti-infectieuse sera réalisée par une série de soins d'hygiène : désinfection de la bouche, des dents, du naso-pharynx ; propreté du siège ; surveillance du bon fonctionnement intestinal, et lorsque l'infection urinaire paraît intense, vaccination anti-Colibacillaire. Elle a donné d'excellents résultats à Anselme SCHWARTZ ; malheureusement elle offre l'inconvénient d'exiger un temps assez long, incompaüble avec certaines indications d'intervention d’urgence : il faut avoir au moins quinze jours devant soi.
Un des plus gros dangers des opérations chez les urinaires est l’hémorragie. La nécessité d'éviter chez
eux une trop grand act:
D grande soustraction de sang est d’autant