‹ Phlébites et embolies dans les opérations sur les voies urinairesChapitre 25 sur 27 · RS UE · texte numérisé non relu

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plus impérieuse qu’ils en auront perdu davantage pendant l’évolution de leur maladie, du fait des hématuries. Il en est pour eux comme pour tous les malades porteurs de lésions qui saignent, avec ceci en plus, que la qualité de leur sang est déjà altérée par lurémie. On comprend donc que certains chirurgiens aient tenté de diminuer ces risques d’hémorragie en accroissant la coagulabilité du sang à l’aide de produits divers : le chlorure -de calcium, selon la méthode de LEGUEU, l’anthéma ou le sérum gélatiné. Mais on se trouve rapidement arrêté dans cette voie par ce simple fait : en favorisant la coagulation sanguine, on aide du même coup à la formation des thrombus, et on n’arrache le malade au danger de l’hémorragie que pour le précipiter dans celui de la phlébite. Aussi une deuxième catégorie d'opérateurs, estimant les risques d’hémorragie moins certains et en tout cas moins gros de conséquences que ceux de phlébite ont-ils cherché à prévenir l'apparition de cette dernière par l’administration de substances anticoagulantes. Contre l'emploi de nombre d’entre elles se dressent d’ailleurs des objections sérieuses. Le citrate de soude, par exemple, s’il est anticoagulant in vitro, devrait, pour produire les mêmes effets sur le vivant, être employé à des doses incompatibles avec la vie ; injection intraveineuse de peptone détermine un choc dangereux. Les arséno-benzènes qui déclanchent des crises nitritoïdes graves chez les hémogéniques et les anémiques, sont également à rejeter pour les urinaires. Enfin l’hirudine est inutilisable, car administrée par voie vei-

neuse elle provoque une hémophilie grave, et par voie

ea

sous-cutanée, elle n’aboutit qu’à produire une hémophilie purement locale et à créer des hématomes.

Un autre point est à discuter : doit-on ranger dans la classe des prédisposés à la phlébite les urinaires qui ont déjà eu une phlébite plus ou moins récemment, et déconseiller l'intervention ? Beaucoup prennent résolument parti dans ce dernier sens. Pour notre part, nous estimons qu’il s’agit de cas d'espèce. Evidemment, si la phlébite antérieure est nettement en rapport avec la lésion urinaire, qui l’entretient et l’'aggrave, son meilleur traitement consistera à intervenir sur cette lésion ; mais même si cette relation de cause à effet n’est pas évidente, une longue préparation du malade par le repos, le régime, la gymnatique respiratoire et la vaccinothérapie suffira souvent à écarter les risques de rechute. Nos Observations VIL XX et XXI en sont une preuve.

2°. — Au cours de l'intervention, certaines précautions seront à observer. Il faudra empêcher les troubles circulatoires en ne mettant les opérés en position de TRENDELENBURG que le moins de temps possible en évitant la compression de la racine des cuisses par la fourche de DoYEx, ou d’un point quelconque du corps par des liens trop serrés. On recommandera au malade de respirer profondément : la rachi-anesthésie présente ici un gros avantage sur l’anesthésie générale, On veillera, en liant les pédicules, à ne laisser sur les veines que le minimum de culs-de-sac où le sang puisse Stagner, et d’une façon générale, à ne pas traumatiser l'intestin, les érailleurs de la muqueuse et la paralysie des parois facilitant la migration et la résOrp-

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tion microbienne dans le sang. Une excellente pratique consiste à injecter du sérum physiologique ou du sérum glucosé pendant l'intervention même, pour contrebalancer dans la mesure du possible, la spoliation sanguine opératoire. Et si le chirurgien tombe inopinément sur un thrombus, il devra s'inspirer des circonstances et selon les cas battre en retraite ou en pratquer l’ablation.

3°. — Rien d’anormal n’a été découvert ni avant ni pendant l’opération. Celle-ci a été heureusement conduite, les suites en sont bonnes. À quel moment doiton faire lever l’opéré ? Alors que pour les classiques le séjour au lit post-opératoire prolongé mettait seul à l’abri des complications emboliques, une méthode diamétralement opposée, venue d'Amérique avec RuEss et les frères MAYo, a conquis des adeptes, surtout chez les Allemands. Vox JASCHKE, qui s’en est fait le chaud propagandiste, prétendant que le séjour au lit favorise la phlébite par les troubles circulatoires qu'il entraîne, fait lever ses opérés entre le premier et le cinquième jour. Les chirurgiens français sont nioins enthousiastes. DucuiNG avoue des accidents mortels, et notre maitre, le Professeur GAYET, pour avoir une seule fois permis un lever au cinquième jour, eut tout lieu de le regretter : le malade tomba raide mort en passant son pantalon. En général, il n’autorise guère ses cystostomisés à quitter le lit avant le quinzième jour, ses prostatectomisés avant la fin de la troisième semaine. Un alitement plus prolongé ne comporte aucun avantage ; il favoriserait au contraire les troubles circulatoires, notamment la production

de petits infarctus survenant en pluie,

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Toutefois, pendant le temps que lopéré reste couché, il devra alterner les décubitus, s’asseoir, se soumettre à la gymnastique respiratoire, et on lui fera sur tout le corps des frictions à l’alcool.

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