‹ Phlegmatia alba dolensChapitre 11 sur 21 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

« Les conditions, dit Trousseau (1) dans lesquelles se montre la phlegmatia , son début, sa marche, les lésions vasculaires dont elle est accompagnée sont autant de faits qui éloignent toute cause d’erreur. En effet, lorsque se montre l’oedème plus souvent limité à l’un des membres inférieurs, il existait déjà dans l’état général du malade, un ensemble de symptômes qui avait fait prévoir la possibilité d’une coagulation veineuse. Cet état général est la cachexie , quelle qu’en soit la cause ou la nature. Et, prévenu de la possibilité d’une coagulation veineuse, averti du début de cette coagulation par la douleur éprouvée en quelqu’endroit d’un membre, frappé du développement rapide et limité de cet œdème , le médecin devra rechercher sur le trajet des veines superficielles ou profondes, s’il n’y a point ce cordon dur et ces nouures qui sont la conséquence de la coagulation intra-veineuse, et de dépôts de fibrine dans les nids valvulaires. La pression en ces différents points est douloureuse, et là surtout où existent lès obstacles naturels à la circulation de retour, soit dans les masses musculaires, soit dans les régions

(1) Cliniq. méd. T. III, p. 714.

poplitée, inguinale et axillaire, régions qui sont aussi le siège de la confluence de plusieurs troncs veineux en un tronc principal. Ces remarques suffiront toujours pour éviter toute erreur. »

a. L’ œdème cachectique qui tient à une altération du sang et non à la présence de caillots dans l’intérieur des veines, est d’ordinaire bi-latéral, dès son début; il n’est pas douloureux, les veines sous-cutanées ne sont point dilatées, et en aucun point on ne constate de cordon veineux. Il disparaît souvent par la position horizontale.

L '‘œdème cardiaque ne peut donner lieu à aucune méprise.

c. L’ œdème brightique se limite souvent à un membre ou à un segment de membre. Mais l’infiltration œdémateuse paraît plus superficielle que profonde. Cet œdème est rarement douloureux ; il est souvent fugace et erratique.

d . U œdème chlorotique est toujours peu prononcé, passager, indolent.

e. Œdème des convalescents . Il se produit quelquefois dans la convalescence de la fièvre typhoïde, comme M. Vulpian l’a indiqué (1), un œdème des membres inférieurs qui ne se rattache point à la présence de coagulations veineuses ; mais dans ces cas, l’œdème s’accompagne souvent d’un certain degré de cyanose superficielle, et il n’est pas douloureux.

M. Vulpian rapporte l’œdème et la stase san-

(l) Vulpian. Leçons sur l’appareil vaso-moteur, t. II, p. 583.

guine qui se montrent dans ces cas à la perte des propriétés physiologiques des vaisseaux dont les parois auraient probablement subi des modifications structurales qui diminueraient la vis a tergo et favoriseraient la transsudation séreuse.

f. U œdème 'par compression est fréquemment douloureux et limité, de sorte qu’il présente parfois la plus grande analogie avec la phlegmatia. Mais il est souvent facile de découvrir la cause de la compression (néoplasie, anévrysme, etc:), et d’établir ainsi le diagnostic.

g. La phlébite variqueuse peut être prise quelquefois dans des circonstances spéciales, pour une plilegmatia. M. Damascbino [communication verbale) a observé trois fois, chez des femmes récemment accouchées ou chez des nourrices, cette affection qu’il faudrait bien se garder de confondre avec la phlegmatia puerpérale. Dans ces cas d’inflammation de veines variqueuses, m’a-t-il dit, on retrouve les signes d une véritable phlébite avec tension inflammatoire, rougeur et forte chaleur. Le thermomètre indique une température locale supérieure de 1°,S, 2°, 3°, et, jusqu’à 3», 7, à celle du membre sam. En outre les coagulations sanguines faciles a constater dans ces veines sous-cutanées, conservent assez longtemps une consistance mollasse. Enfin, on voit se développer, vers le huitième ou dixième jour, le long des varices enflammées une teinte violacée, puis jaunâtre, indice d’une suffusion eccbymotique, laquelle ne s’observe jamais

à la suite de la plilegmatia. Cette teinte persiste pendant une ou deux semaines et fait place à une coloration brunâtre (produite par le pigment hématique) et que l’on retrouve encore cinq ou six semaines après le début de la phlébite.

h. Quant à la phlébite rhumatismale, elle est trop contestable pour qu’il soit possible, avec les documents que l’on possède (1), de chercher à la différencier de la plilegmatia aïba dolens .

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