BOURGEON ENDOPHLÉBITIQUE; EMBRYONNAIRE ET VASCULAIRE AU
DÉBUT, IL DEVIENT FIBREUX PLUS TARD. — LES DÉBRIS DU THROM- BUS. — La transformation caverneuse de la veine.
Les coagulations veineuses, dites spontanées,
(1) Voyez l’observation de Virchow ( Loc . cü.) et celle de M. Dumontpallier dans les Comptes-rendus de la Soc. de biologie , 1858. M. Bouchut {Loc. cit.) en cite également quelques exemples.
(2) Rokitanskv. Handb. der path. Anal ., t. il, p. 641.
s’accompagnent constamment d’une altération des parois vasculaires.
L’endothéli um, antérieurement modifié peut-être, tombe et laisse à nu la membrane interne qui, au contact du sang coagulé, devient le siège d’un processus irritatif. Ce travail subinflammatoire, auquel toute la paroi vasculaire participe bientôt, aboutit à une néoformation conjonctive et vasculaire qui, partie de la face interne de la veine, se développe librement dans son intérieur, sans que le caillot lui oppose d’obstacle.
Cette phlébite végétante n’est peut-être pas bien connue dans tous ses détails histologiques ; les livres classiques et les mémoires consacrés à l’étude de la phlébite oblitérante ou de la thrombose veineuse n’en donnent quune description sommaire. Je vais essayer de la compléter d’après l’étude que je viens de faire sur ce sujet avec la collaboration de M. Cornil(l).
Lorsque le caillot est récent et cruorique, sa
(1) M. Damaschino m’a également communiqué un certain nombre de préparations microscopiques et une Note manuscrite sur les altérations anatomiques de la phlegmatia alba dolens. J’ai reçu cette note malheureusement trop tard pour avoir pu l’utiliser. Elle sera, du reste, prochainement publiée par M. Damaschino, et le lecteur la trouvera dans les bulletins de la Société médicale des hôpitaux.
structure offre la plus grande simplicité. Il est constitué par un réticulum fibrineux contenant dans ses mailles les globules rouges et les globules blancs du sang.
La coagulation de la fibrine se présente ici sous un aspect tout à fait particulier.
Elle forme un réseau délicat de fibrilles excessivement fines à l’entre-croisement desquelles se voient ça et là des granulations élémentaires ; ces fibrilles ne se colorent point par le carmin. Cet aspect d’ailleurs est celui sous lequel se montre la fibrine fraîchement coagulée.
Ce réticulum fibrillaire est sillonné de différents côtés par des travées plus épaisses qui constituent un second réseau à mailles irrégulières et larges ; sur une section transversale du caillot, ces travées représentent assez souvent (1) des cercles concentriques qui se rejoignent par des travées plus fines.
Sur une préparation de M. Gornil, nous avons vu de longues travées de cette nature émerger d’un point saillant de la membrane interne, et se diri-
(1) « Il est bon de noter, dit M. Damaschino, que ces couches de fibrine ne sont pas exactement concentriques aux parois veineuses ; elles sont disposées sous forme de lames d’autant plus épaisses et plus rapprochées les unes des autres que l’on examine la paroi postérieure du vaisseau; au contraire, les feuillets défibriné sont très éloignés au niveau de la face antérieure de la veine. Il semble donc très plausible d’admettre que la coagulation s’est effectuée d’abord à la paroi postérieure du vaisseau, paroi devenue inférieure par suite du décubitus dorsal auquel sont condamnés les sujets cachectiques ou affaiblis qui sont aptes à contracter la phlegmatia dolens. » (Note manuscrite.)
ger vers la partie centrale du caillot, en formant un faisceau de fibres parallèles entre elles, droites ou curvilignes.
Ces travées sont constituées par une substance amorphe ou un peu grenue ; et quoiqu’elles se colorent par le carmin, on doit les considérer comme étant formées de fibrine, mais d’une fibrine modifiée dans sa composition.
Le réticulum fibrillaire et les travées plus épaisses sont en rapport avec la paroi vasculaire, et paraissent y adhérer.
La face interne de la veine est tapissée par une ou plusieurs rangées de globules blancs formant une couche discontinue. On observe également des leucocytes accumulés entre les travées fibrineuses, surtout dans les points ou les travées sont rapprochées les unes des autres. Ces leucocvtes sont remplis de fines granulations albumineuses ou fibrineuses; leur noyau est ovoïde ou arrondi, fortement coloré par le carmin. La plupart sont libres ; d’autres adhèrent aux bords des travées fibrineuses et semblent s’y être incrustés (1).
(1) M.Hutinel (Loc. cit , p. 35) a décrit minutieusement la texture des caillots dans les cas de thrombose veineuse chez les ncuveaunés morts d’athrepsie.
Voici ce qu’il a observé : Sur une coupe transversale d’un caillot blanc on distingue une série de zones irrégulièrement concentriques, assez nettement séparées les unes des autres; à la périphérie du thrombus, en rapport immédiat avec la face interne de la veine, se voit une couche d’épaisseur irrégulière ; elle est formée