‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 11 sur 48 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les mêmes , excepté Phocionjils.

EPICVRE.

Ce désespoir me plait. Ne souffrons point de maître*

Pourquoi vous émouvoir d*un trouble passager ? A nos sages desseins il ne doit rien changer. Voyons les deux rivaux. Si leur âme inflexible Oppose à nos désirs un obstacle invincible, Je ne combattrai point le noble sentiment Qui remplace à la fin un long abattement, Mourens, alors, mourons. Je suis loin de prétendre Que Ton doive survivre à la patrie en cendre. Contre les deux partis j prompts à nous réunir. Portons-y le trépas, avant de lobteni^r; Et, dédaignant alors les règles ordinaires.

Qu'on arme tous l'es bras, même sexagénaires.

AGNONIDE.

Dans cette extrémité quels appuis ! quels remparts ! Assemblons des soldats , et non pas des vieillards ; Laissons à ses foyers le citoyen débile , Sans fatiguer sa main d*une épée inutile :

Vouloir à soixante ans le traîner aux combats. • . •

Moi , j'en ai quatre-vingts, et n'y renonce pas*

U ACTÎE I, SCÈNE IV.

V CHARICLÉS.

' Sachez qu*un vieiu guerrier commande plusd*estlme ; Si rage Tatroiblil , le danger le ranime ; L'honneur parle toujours aux cœurs nés gënëreux. Et le bras qu'il soutient est assez vigoureux. ICh ! pourquoi dans un cet oie emprisonner la gloire ? L'homme peut en tout temps illustrer sa mémoire : Pourquoi de ses travaux fixer le dernier point ? Le devoir a sa borne , et l'honneur n'en a point.

AGNONIDE.

Hé bien , de nos débats qoa^le peuple décide ; Il faut qu'on le consuUe. »

Ou plutôt qu'on le guide.

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