SCÈNE PREMIÈRE
AGNONJDE, EPICURE.
AGNONIDE.
t-NFlN nous remportons; le triomphe est parfait. De ce prompt mouvement vois le subît effet :
D*un trouble passager notre bonheur va naître; Phocîon n'a plus droit de nous parler en maître. De nos hardis complots tels sont déjà les fruits : Son crédit, son pouvoir, ses honneurs sont détruits.
EPICURE
Ce décret suffit-il pour calmer tes alarmes?
Rendu subitement parmi le bruit des armes ^ Et par Taréopage aussitôt rejeté , N'est-il donc pas sans force et sans autorité ? Phocion suit toujours son projet pacifique , Et va, sans être ému de la haine publique , Qu'à peine sa fierté paroit apercevoir, Sur l'esprit d'Alexandre essayer son pouvoir.
AGNONIDE.
Ses efforts seront vains.
x6 PHOCION ,
EPICURE
Mais ce prince restime.
AGNONIDE.
Et Ten craint d^autant plus. J*ai disposé l*abiine Qiil doit, aujourd'hui même, engloutir Phocion, Tandis que ;'cxcîtois celte sédition , J'aolievois un dessein peut-être plus utile; Je me suis assuré de$ portes de la ville.
^ Avant que le soleil ait achevé son tour, Fhociôn de nos murs est banni sans retour.
EPICURE
Mais, crols-tu qu'à Texll on borne sa disgrâce ?
AGNONIDE.
Du peuple, si je puis, je contiendrai Taudace. Le fanatisme ardent de ces esprits légers, Lors même qu'il nous sert a pour nous ses dangers; ]Nc crois pas que jamais , pour flatter le vulgaire , Je Tabreuve d'un sang qui l'enivre et l'altère.
EPICURE
Ce torrent furieux, et sitôt déchaîné, Plus loin qu'on ne vouloît a toujours entraîné.
AGNONIDE.
Des arrêts du destin puis-je être responsable ? Si Phocion périt , je n'en suis point coupable. Il suffit.
EPICURE
Non , croIs*.moi# Du peu de sang glacé Que l'âge et les combats en ses flancs ont laisse