ACTE V, SCÈNE VI
PHOCibN.
Il existe ; il suffit. Et la faite est ud crime.
OLYMPE
Vivez , d'Alhène encor vous serez le soutien.
PHOCION /j.
Vous sauvez son houneur.
Non , je perdfois le mien.
CHARICLÈS
Funeste illusion ! à ton fils, à sa mère ,
Même il ce peuple ingrat, ta vie est nécessaire.
Je vouloisson bonheur, il a voulu ma mort.
Il faut le satisfaire , il faut subir mon sort.
( U geôlier^ précédé de quatre hommes en deuil, et suivi dune foule d'hommes armés ^ apporte la coupe. ^ , Tu vois que c'en est fiiît.
: (^au geôlier,)
Donne donc, qui t 'arrête?
Donne , pourquoi frémir, et détourner la tête? Il soupire , il gémit , d'un décret inhumain , Ml la coupe échappoit à sa tremblante main.
Il m'attendrit.
( montrant la coupe. ) Voilà le prix de mes services, Mes amis! cependant de telles injustices Jamais du bien public ne doivent détourner.
66 PHOCION, ^<i
A la folblesse humaine il faut les pardonner.
OLYMPE
Et je respire encore ! exécrable Agnonide !
Que ne viens-tu jouir de ton noîr parHcide; Que n'en viens-tu , barbare , en ce séjour d'effroi , Contempler le spectacle; il est digne de toi.
CHARICLËS.
Il est digne du ciel. Voyez-en la barrière S'ent réouvrir, et les dieux à son heure dernière Admirer, avec nous un mortel accablé Par tous les coups du sort sans en être troublé.
olympe;
Ah ! pui^je sans mourir sup^iortér cette vue !
PHOCION //s. '•
O destinée horrible! ^, -'
Et non pas imfirévue. ' Jedevoîs tôt ou tard me briser à l'écuéît Où tous nos bienfaitèui's ont trouvé leur cercueil. O mes amis ! mon fils !' et vous , femme éplorée , Dont j'emporte au tombeau la mémoire adôtëe^ .Loin des bords de l'Attique en proie à vos tyt^ns> Que Ton cherche un refuge à mes mânes erra^is. Que , si la probité quelque part est soufferte , D'un peu de terre au moins ma tombe soit couverte» De ce peuple égaré soyez toujours l'appui.
C'est mon vœu le plus cher. Quoiqu^immolé par lui , L'état où je le laisse, à ma fin douloureuse