‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 13 sur 79 · PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES

Mais, avec un peu d'attention et d'habitude, on remarque que ce n'est pas tout à fait le son d ou o, mais une corruption de l'a, un a très fermé , très sourd.

Celte corruption affecte seulement l'a long, qu'il soit final ou non.

Ex. : bàm Içy cho ou cho (pour cha), «rje salue le përe^. bât ou hàt (pour bât) ttholn.

buAn bin ou bàn (pour bàn) «r commercer^.

ngày mai ou mot (pour mai) (rdemain?).

Mais elle n'affecte pas l'a bref, par exemple dans ngày, bât, etc.

Les gens du village de Phû Kinh, dans la même sous-préfecture, ont le même défaut, mais moins prononcé. Leurs voisins disent des uns et des autres qu'ils ont une prononciation rude, net nqng. On rencontre aussi cette prononciation à l'état sporadique, et avec plus ou moins d'intensité, dans quelques villages du QuângTri et du Thù'a Thièn, principalement sur la lisière des montagnes.

10. On peut voir, dans la corruption de cet a qui devient d, les premières traces d'une particularité qui distingue les deux dialectes du Tonkin et de la Gochinchine, à savoir de la substitution de a à 6 dans certains mots où cette voyelle n'est pas finale. Par ex. : h(il ff grain D, hin cr principe ?) , deviennent au Tonkin hqi, hàn^^\

A rapprocher les deux formes n^ et n^, la première sino-

annamite, la seconde usitée dan% l'annamite vulgaire, du mot|ji^ <r livrer 7) (2).

11. Dans quelques cas la voyelle a suivie de i, se change en d;

(^) Ce dernier mot est sino-annamite, mais couramment employé dans la langue ordinaire.

Chinois ^C, dialecte du Nord : phnn ; cantonais : pun. La forme pènn correspond à la forme tonkinoise bàn, tandis que le cantonais pun corres-

pond k la forme cochinchinoise bon, (^) Chinois , dialecte du Nord : nà, cantonais : nâp. Dans les ancienne»

relations de missionnaires, plusieurs mots écrits aujourd'hui avec un a prennent un o: TVmron pour Tourane, durUm pour dawrianj etc.

et alors la voyelle finale i se change aussi en y par appropriation : le son dy plus sourd et plus bref quea^ requiert le son y également plus sourd et plus bref que % final.

A propos de la corruption de ddi en ddy, M^ Taberd fait remarquer {DicLy p. xvui et las) que les gens bien élevés ne se permettent pas l'emploi de la particule idy^ (rlàT», ^té disent à sa place ââ.

Ex. : anhj ai mo doî (pour ii dau âdy) (roù vas-tu donc??) ai dé traller làv».

et cela pour éviter un quiproquo malsonnant. Mais au Tonkin, ou le changement de dâi en ddy n'est pas connu, on ne se fait aucun scrupule d'employer ddy.

12. Pour la particule déterminative cdi, le changement va plus loin encore. La diphtongue dy a beaucoup d'analogie avec le son éy et sonne à peu près comme la syllabe eil dans vermeil. C'est sans doute pour cela que le peuple , supprimant le son final y et supprimant le ton élevé, change cdi en ké, au moyen de la forme intermédiaire cdy (') :

Ex. : kê nhà pour câi nhà wla maison t).

ké g4y pour edi g4y crie bâton?).

L'emploi de hê pour cdi est très fréquent, sinon général, dans les trois provinces, lorsque cette particule joue le rôle d'article.

(^) Étant donnée la parenté entre t et é on peut rapprocher de ce changement les formes suivantes :

"gf ff occident 7) : chinois nord «f, cantonais saiy sino-annamite té ou %.

1^ tr orner 7) : chinois nord : f<'t, cantonais te'at, sino-annamite Û ou tày.

^ «r rhinocéros 7): chinois nord ^,

cantonais «at, sino-annamite té ou tày.

fft (T celui- là 1) : chinois nord f, cantonais t, sino-annamite y, annamite dy.

2 «r entourer 7) : chinois nord trei, cantonais wai, sino-annamite vi, annamite vây, etc.

De même vaitt épaule d ; vây cr épaule du tigre 7).

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