‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 14 sur 79 · PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES

Lorsqu'elle remplit l'office de pronom, elle conserve la forme ordinaire cdiy ou prend la forme cdy^ lorsqu'elle est placée à la fin de la phrase, ou si, bien que placée dans le corps d'une proposition, il n'y a aucun adjectif qui la détermine.

Ex. : mi c6 mdy ké bànhf er combien as-tu de pains? 19

c6 m^t câiy ou m^tedy, ou m(lt càimà thoi trj*en ai un, je n'en ai qu'un?».

Mais on ne dira jamais : cd m4t ké.

On peut dire aussi : di Idy m^t càiy ou tn^t cdy cho mau crva vile en prendre nnn.

Si le pronom est déterminé par un adjectif, il garde sa forme primitive edi, ou prend les formes cdy ou ké.

Ex. : mi ai Idy ké non. Khong phài câi ni mô, Idy cài té; Uy ké khdc^ ou cdy khâc, ou cài khdc, Idy ké to, ké nhô (f va chercher le chapeau, pas celuilà, Tautre; prends l'autre; prends le grand, le petit?). (On ne dira pas lé ni, ké te, par raison d'euphonie.)

13. La forme va est généralement employée dans le Haut- Ânnam. La forme vào l'est très peu.

Ex. : ^t v6 Hui w aller à Hué en venant du Nord?). v6 phong «rentrer dans la chambre 79.

Il faut peut-être voir dans ces deux formes deux mots distincts, et non une corruption de voyelle.

14. Dans deux cas, la diphtongue ao s'assourdit en du. Sao (f étoile T) fait sdu dans le Quâng Binh central : c'est ainsi que le village de Sao Sa a l'étoile qui tombe t) ainsi appelé, disent les habitants, en souvenir d'un bolide qui y tomba jadis, est appelé communément iStlu iSa. La forme cdu pour gao crriz décortiqué?), est très employée dans toutes les provinces. On a les expressions: com cdu (rriz cuit et riz non cuit?); dé cdu {^pour dé gço), cr espèce de chêne dont on mange les glands en guise de riz t*. (Pour le chan-

gement de g en c, voir n** 98; — de l'accent grave en accent élevé, voir n** 11 4.)

15. A propos des modifications de la voyelle a, on doit encore signaler Temploi que Ton fait, suivant les régions, des formes en ofi^ ou en u'ùHhg.

Ex. : ihng ou dwàmg w route ».

Il est difficile de dire avec précision quelle est la forme qui domine dans les trois provinces. Il y a une très grande variété suivant les villages. Ainsi le mot dàng (f route v , qui a cette forme dans la plupart des endroits, prendra la forme âir^^ dans d'autres où, par contre, le mot dwàmg tr sucrer, sera changé en dàng. (Cf. n* ûa, ûa bis, 6/4, 67.)

16. On a vu (n® 7) que certains mots admettaient les formes anh ou érûi. Ce changement de a en ^ apparaît dans quelques mots où la voyelle est suivie de la nasale n, comme ban cr pendant t^ qui fait bén.

Ëx. : bénngài/f hSn dêm tr pendant le jour, pendant la nuit?».

On dit de même dén bà^ dèn âng cr femme, hommes, pour dà^i bày âdm ângy formes usitées plus communément. On verra plus loin que o» se change aussi en é dans quelques cas [n!^ 43). Ailleurs au Tonkin nous trouvons la forme âàn bà^ dàn âng; nous avons aussi dans le même dialecte dan pour dà*n cr instrument de musiques.

11 serait difficile de dire si dàn a fait dSn par l'intermédiaire de la forme dàn^ ou si au contraire ban est devenu bén par Tintermédiaire de la forme inusitée b(yn.

Une seule chose est à remarquer, c'est que les deux voyelles a et (y se transforment parfois en é. On verra plus loin de nouvelles preuves de la parenté de ces deux voyelles a et (y.

H faut rattacher à ces exemples une forme moins employée. On

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