‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 16 sur 79 · PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES

manifestation de cette tendance. Toutes ces formes corrompues sont cependant considérées comme pa toises. (Cf. n'' 61.)

19. La voyelle âj employée seule est aussi changée en u\ surtout dans les mots terminés par la nasale ng :

bâng ou hwng cr porter des deux mains ?).

dâng ou dumg crofirim.

etc.

Cette différence est signalée par tous les dictionnaires. Dans les trois provinces, c'est la forme w qui semble dominer. (Cf. n** 5 7.)

20. La voyelle d employée avec d'autres voyelles se modifie plus souvent. Associée à la voyelle u non accentuée elle forme les diphtongues du et fidy qui se changent toutes deux eu u (du est toujours final, ud ne Test jamais).

Pour les mots en du, il est à remarquer que plusieurs ne subissent pas cette transformation. D'autres la subissent dans telle signification, et non dans telle autre. Ainsi rdu cr barbe t), ne change pas; ddu crbruT), fait du, tandis que ddu cr mûrier?) ne change pas. D autres enfin se transforment lorsqu'ils sont affectés de tel accent, qui restent invariables avec tel autre : c'est ainsi que trdu (T balle de riz-n, et tràu cr bétels, deviennent en beaucoup d'endroits tru et trùj tandis que trdu cr buffles ne devient tlu que dans l'extrême nord du Quâng Binh et dans peu d'endroits. De même on a ddu crbruT) qui àeyient du, tandis que ddu a signe?), et ddu cr huile i? ne changent pas.

Le dictionnaire du P. Genibrel indique cette . transformation pour quelques mots :

cdu et eu (T pigeon 9).

châu et chu tr rouge intense t).

etc.

La diphtongue ud se change aussi en u, mais le son est moins

franc que pour la diphtongue précédente. La voyelle d, qui est dans ce cas la voyelle accentuée, est très distincte dans le dialecte tonkinois: elle s'assourdit à mesure que Ion descend vers le Sud, mais on la distingue encore nettement dans la vallée du Sông Gianh; elle se change même parfois en i (voir n** 28). Plus on approche de Hué, et plus le son devient sourd, tendant à se confondre avec la première voyelle du groupe, u. Mais, même à la capitale, ce groupe ud ne sonne pas exactement comme u. H y a une nuance spéciale qui rappelle la voyelle d : c'est un u plus bref que Yu ordinaire.

21. Cette transformation de du en u en explique une autre beaucoup moins fréquente, celle de du en d. (Cf. n° 35.)

B^ pour d4u (T haricot, arachides, est employé dans beaucoup d'endroits du Quâng Tri et du Quâng Binh.

De même pourvu cr habitent.

Ex. : S d^ tçi nhà mtf 7u>o>n/ar tr recevoir rhospitalité, habiter temporairement chez Madame Tu>5>ng79. Ghe â^ noi cû>a Nû Hoà cria jonque est à Tancre dans le port de Nil Hoà^ïi^).

22. Dans certains villages et pour quelques cas seulement, la diphtongue 4y se change en la diphtongue plus ouverte ay. C'est une particularité dialectale. Les livres imprimés au Tonkin portent thày pour thdy a maître tî; này pour nây cr celui-ci t?. Le dialecte du Haut- Annam, comme on l'a vu (n™ 1 1, 13), a une tendance à assourdir la diphtongue ai. Le dialecte tonkinois, au contraire, donne un timbre plus ouvert à la diphtongue dy employée par les dialectes du Haut et du &as-Annam

(^) ^4u (rvarioleT), ne change pas. On a la marche : hûm^ hiuy hS (&^).

Rapprochez la corruption de hûm, Les formes âu^ um, sont employées

ffdroite«, devenant A^, que Ton ren- Tune pour l'autre, n** 67, et Taccent

contre dans le nom d'un certain nga se change en n^ng dans le Quâng

nombre de villages du Quâng Binh. Binh (n** 116).

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