PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES
41 bis. Nous avons vu, n° 28, l'emploi des formes en t et en â. Nous rencontrons ici des formes en i et en o' :
ffjeu d'échecs 77 ; chinois nord : fc't; cantonais : k*i; sino-annamite : kl; annamile : co\
Ht (f faim 77; chinois nord : ki; cantonais : ^t; sino-annamite : ki ou co\ ^ (rcauseT); chinois nord : kl; cantonais : ki; sino-annamite : ki ou co% etc.
Le passage de o' à t, ou réciproquement, s'est produit au moyen de la forme intermédiaire u* ou â. Mais alors que dans les exemples cités au n° 28, la forme en i caractérisait les mots purement annamites, tandis que la forme en â caractérisait les mots sino-annamites, ici nous avons la forme en t réservée aux dialectes chinois, le sino-annamite compris, tandis que l'annamite vulgaire semble préférer la forme plus sonore en o'. Cela tient sans doute à ce que dans JSt kipy — c^p? la voyelle étant suivie et renforcée d'une consonne, est plus faible, plus brève; tandis que dans ^ fcl, — cd\ la voyelle étant finale , supporte tout l'effort de la voix : l'annamite prend donc la forme en 0% plus longue et plus sonore.
Quant au changement de mât en m/, on peut comparer :
^ (T gain 77; chinois nord : U; cantonais : li ; sino-annamite : hn; annamite : Ion.
^ ir habile?); chinois nord: U; cantonais: // ; sino-annamile : Ion.
42. On a vu, n° 1 5, que dans certains mots on admettait indifféremment les formes u^otig ou ang. Ce changement de wo* en a, se remarque également, dans les patois du Haut-Annam, dans certains mots qui ne sont pas terminés par la nasale ng. Ainsi nw&c fait ndc dans ses deux acceptions. On dit :
uàng ndc «f boire de reau77.
theo làng theo ndc trse conformer aux lois de la commune el du royaume 77.
Lum fait lai au Quâng Binh par un changement d'accent ordinaire dans cette province (voir n° 1 16).
Trwàc fait trac (r avant t^, je ne sais si c'est par suite d'un chan-
gement naturel, ou par raison cérémonielle. La forme trac est très peu usitée.
On verra, n° 67, que dans certains mots la diphtongue finale se transforme aussi en a. Cette identité de transformation confirme une idée émise par M, Aymonier^^^. cr La diphtongue u*a figure l'allongement de la voyelle u% lorsque cet allongement n'est pas final. ^ Et il ajoute : «rUn autre allongement identique au précédent, mais d'une prononciation différente, par suite de son caractère final, est celui de Yw suivi de l'a, u'a.rt
Ainsi donc, d'après M. Aymonier, les deux diphtongues wo" et wa sont identiques en tant qu'elles constituent l'allongement de la même voyelle u\ On verra plus loin, n** 66, qu'il faut plutôt voir dans ces deux groupes un allongement de la voyelle (y; mais ce fait que, dans les patois, vo* et va, se contractent également en a, confirme pleinement cette identification des deux diphtongues. (Voir pour plus de détails, n*" 64.)
Il existe une anomalie dans la manière dont certains mots sont orthographiés dans quelques dictionnaires. Dans la diphtongue tm, c'est la voyelle w qui est accentuée, c'est sur elle que porte presque tout l'effort de la voix. La voyelle finale a, au contraire, est très réduite. Par conséquent, l'orthographe qui doit se modeler sur la prononciation — au moins dans la transcription de l'annamite , — doit tenir compte de la valeur respective de chaque lettre. Lorsque le mot qui contient la diphtongue finale wa sera affecté d'un accent, c'est sur la voyelle w et non sur a, que devra être placé cet accent.
Ex. : IwUy ewa, bipa^ chwa, etc., et non IwAy ctrâ, etc.
Dans les mots qui renferment la diphtongue u'o\ la voyelle œ est renforcée par une voyelle ou une consonne finale qui a besoin de s'appuyer sur elle pour être prononcée. De ce fait ré--
(^) Nos transcriptions, p. 36.