PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES
Il est curieux de comparer avec le changement cao > ktéu , celui que nous trouvons dans les deux formes nguyet et ngoçt , que prend le caractère ^ «rlunei?. Ces deux changements sont analogues, mais l'un est l'inverse de l'autre en ce sens que la voyelle non accentuée, c est-à-dire o dans cao y et dans ngoi^ty u dans ktéu et dans nguyet, est placé tantôt avant, tantôt après la voyelle accentuée. Mais quelle que soit sa place, elle se conforme toujours à la voyelle accentuée pour le degré de sonorité : a, dans cao, se change en iV, groupe plus sourd, dans ktéu, et aussitôt la voyelle non accentuée o se change en la voyelle plus sourde u; de même le groupe accentué tê dans nguyet, se change en la voyelle plus sonore a dans ngoal, aussitôt la voyelle prépositive non accentuée u se change en la voyelle plus sonore o^^\
Pour compléter l'étude de la voyelle a, il faut signaler la parenté que montre cette voyelle , lorsqu'elle est finale, avec é. On a les formes hoà et hué «paix 71; hoa et hué cr fleurie; de même, l'ancienne province de Thuin Hod a pour capitale Hué.
Dans les anciennes relations des missionnaires on lit parfois la forme Hoé; je ne sais si cette orthographe rend exactement la pro-
élre expliquer le changement de oa en iêuy en admettant une parenté entre a et ié. Comparez :
'^ cr heureux?»; chinois nord: kï; canton. : kat ; sino-^nn. : cdt et kiêU
W (T fouler aux pieds ^; chinois nord: tiV(t'tV); cantonais : a)7(l't]p); sino-annamite : H^; annamite : iof.
>^ (Tse réunir 7); chinois nord : Ao; cantouais : Aop; sino-annamite : At^; annamite : kqf, hop, hœp.
^ er pinces 7); chinois nord: Viêti; cantonais : Vim; sino-annamite : Idem; annamite : kèm; (phonétique "^^ cam), etc.
(^) La forme ngogt n a pas son équivalent dans les dialectes chinois :
nord , iuë; cantonais, ûi . Les dictionnaires ne la donnent pas, cependant elle est très usitée , au moins dans Texpression : UhAi ngoçt «rriz de la huitième lune?).
Il y a aussi le caractère ^ <rdire9), que Ton lit d'ordinaire ihuyêt, et que Ton prononce parfois thoàu Les dialectes chinois ont l'équivalent des deux formes : nord : chaud et fouô; cantonais : shiit et tût.
Le cantonais correspond à la forme thuyét.
nonciation du temps, ou si c'est une faute. Le changement de a en e n'aurait rien d'étonnant (voir n** 8).
Dans les mots hoày hody etc., c'est la voyelle finale qui est accentuée, c'est elle par conséquent qui doit porter l'accent dans la transcription du mot: en général les dictionnaires accentuent la voyelle o, d'autres accentuent ici d'une façon, là d'une autre. C'est une erreur. L'écriture doit se conformer à la prononciation, et dans ce cas c'est vraiment la voyelle finale qui est accentuée.
Pour ce qui est de la nature de Yo et de Yu des mots Hoày Huè, voir n** 75 bis.
56 bis. La voyelle longue a devient ié dans les transformations volontaires, mais la réciproque n'est pas vraie: ié se change en o\ affaiblissement de a. Les formes t&n pour ttAi, thç% pour thi^, ne semblent pas régulières. La comparaison avec ce que nous avons vu plus haut, n? Ii3 {m'ç*u > rieu, ghiec > gu'&c) , semblerait exiger les formes tu'&rij thu'ù%, T&n et thù*n sont des formes incofnpiètes, (Voir n° 67.)
On peut rapprocher cependant de cette transformation l'emploi desdenu formes quy en et quàfi cr puissances (f|, chinois nord : kiuén; cantonais : fe^n, deux formes qui correspondent au sino-annamite quyén). — Comparez aussi les deux formes quyén et quan (t ligatures d, données par le P. Génibrel; quyen et cu(fn cr livrer?.
57. Les changements lâu>- Iwu, h^u> hivu sont une nouvelle preuve de la parenté entre d et u* (n** 18, 19). Dans les changements naturels nous avions vu du>>u, du:>d (n°' 20, ai).
s m. — VOYELLES ly Y.