PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES. Ul
intermédiaire thïnh r ville, muri^; — et les formes : tniéngy menh, mfng^ peut-être minh (n° 3o).
Il serait aisé de multiplier les preuves. Les exemples donnés ici suffiront à montrer la parenté qui existe entre les deux diphtongues ié et ia, et avec la voyelle i.
En parcourant la ligne horizontale qui contient ces deux groupes, on peut se rendre compte des transformations de u*(y en ié [n^ 43); de uâ et tm en (n** 38, 46); de W(y et u*a en a (n° ûq).
74. Dans la colonne verticale de a, le groupe ao est placé audessus du groupe au. La voyelle a a le privilège de s'unir tantôt à o, tantôt à M, qu'elle soit placée avant ou après; ainsi nous avons : hoà et cao, qua et eau. Au contraire, e ne s'allie qu'à o {hoèy eo)W; et les voyelles éy o* s'allient à u {quéy âèuj quâ', 7'</u).
Le groupe du, bien que rangé dans la colonne de rf, semble être un allongement de u. (Voir n° 20, et Aymonier, op. laud.y p. 33.)
75. Pour tous les mots renfermant les groupes oa, oe, oai, oaïf, ua, uSy uaiy uay, ueo, ué^ uéu^ uy, uyé, uya^ udu, uây, c'est-à-dire renfermant une voyelle ou un groupe de voyelles précédés d'une semi-voyelle labiale, il y aurait lieu de faire de nombreuses remarques basées sur la comparaison de la langue annamite avec les dialectes chinois et sino-annamite. Il suffira de dire que ce son labial, rendu tantôt par «, tantôt par 0, semble être plus voisin de la consonne lorsqu'il est précédé de la gutturale forte [que y qué)^ et qu'il se rapproche davantage de la nature des voyelles, lorsqu'il est précédé de l'aspirée (Aoa, hué), ou d'une autre consonne {tuyén, suyéïiy xuyéuy etc.).
Les formes telles* que cm «c richesse 7? , cûi crboisT?, peut-être cuôc cf pioche 7), n'entrent pas dans ce groupe.
(^) Nous avons aussi los mois (ois que que, mais cet u est d'une espèce particulière, voir n"* 76.
La différence entre ui de qui, et uy de thuy, est difficile à préciser.
76. M. Aymonier (^), assimilant avec raison o de hoa avec u de que et de Am^, voudrait rendre ces deux semi-voyelles labiales par le même signe, w, et écrire hwa, hwêj kwe^ etc. Mais il faut observer que la voyelle fmale, dans hoa et huê^ influe réellement, dans la prononciation des trois provinces du moins, sur la semi-voyelle précédente et que l'on dit véritablement Aoa, hué. La semi-voyelle est prononcée d'une manière plus ou moins sonore suivant le degré de sonorité de la voyelle finale accentuée. Ce fait ne permet pas d'écrire ces deux mots de la même façon.
Quant aux mots commençant par la gutturale forte, la voyelle finale n'influe en rien sur la semi-voyelle précédente, L'w de qua^ sonne comme celui de que ou celui de quô. On pourrait donc les écrire comme le veut l'auteur, hva^ kwé^ kw&. Les mots tels que Amc' pourraient même, à la rigueur, être dotés de la même orthographe, mais non ceux comme hoa^^K
î*) Nos transcriptiùfis, p. 97-28.
(^) La voyelle «, dans les groupes où elle n'est pas accentuée , représente ])lusieurs sons : tantôt elle a le son sourd de ou français, tantôt elle a un son presque identique à notre u français, tantôt elle a un son intermédiaire entre ces deux voyelles, plus rapproché de Tune ou de l'autre, suivant les cas, et surtout suivant la région, suivant les individus.
Elle a le son ou, sourd et long, avec son maximum d'intensité devant 0.
Devant o> elle a aussi le son ou, mais moins long.
Devant i elle a le son ou, à peu près
comme devant o> (cela n'arrive que dans les mots tels que huinh, khuinh, quinh ; ailleurs on a les formes chuynh , khuynh, etc.).
Devant â elle a le son sourd de ou mais bref (voir n" 90).
Devant ê elle a un son intermédiaire entre otieiu, plus voisin de ou après h y kh, t, ih; plus voisin de u après ch, d, nh.
Devant y elle a un son presque identique à u français après i, nh, gi,kh,l, 8, x; tendant vers le son ou après A, ng, t, th (grande variété de prononciation après ( et ih).
Devant yê {yen ou yét) , elle a le sou ou après q, ng, le son presque iden-