DEUXIEME PARTIE. — MODIFICATIONS DES CONSONNES
aussi une extension de sens du mot gia qui désigne ordinairement le beau-père.
La parenté de ch avec tr était connue des créateurs des ehû' ndm. Us ont très souvent employé la même phonétique pour rendre soit des mots en ch, soit des mots en./r. Le dictionnaire du P. GéniJbrel donne un grand nombre de mots qui ont les deux formes.
Ce même dictionnaire donne pour quelques mots une double forme en ch et en a?, par exemple :
chw (^=xii^) chày crpilon, battoir?).
chuyên {= œuyén) chàm eU tr appliquer son esprit kn^ etc.
Dans quelques villages du Quéng Binh nord (Hoà Ninh, Vînh Phu'o'c, etc.) on change habituellement ch en x. On dira, par exemple :
trài xuM dâ xin xuhi f pour trài ehuii ià chin chwaf crLes bananes sont-elles déjà mûres ?v
On trouve dans les livres du Tonkin la forme chung quanh pour anmg quanh y <raux environs t^. Ces faits prouvent une parenté encore inexpliquée entre ch et x. Je dis : encore inexpliquée, bien que M. Aymonier ait écrit : tr Entre toutes les consonnes sourdes aspirées, seule fait défaut dans notre tableau la palatale qui régulièrement devrait être orthographiée ici ch, comme dans les transcriptions sanscrites, et qui est écrite chh dans les transcriptions actuelles du khmêr. . . Cette consonne doit exister, et, à mon avis, ce ne peut être que le xh[x); et, en somme, cette lettre doit être mieux à sa place aux palatales qu'aux sifflantes^^^. d Cette opinion peut être juste, mais je décline toute compétence pour ce qui a rapport au khmêr et au sanscrit.
92. Ch final se change souvent en c gutturale forte. On a vu , n°* 7, 8 , les modifications de voyelles qui ac(!bmpagnent cette transformation.
(^) Nos transcriplioM , p. Ai.
(Wi
Dans plusieurs expressions, surtout dans ces mots doubles (lu'affectionne l'euphonie annamite, le ch final correspond à un c final, tantôt le précédant, tantôt le suivant:
trdch môc wréprimandei"?.
so le soc Uch (T inégal 7).
fighéch ngâc tr inhabile ^^ . etc.
93. La palatale douce g subit deux transformations. Elle se change tantôt en la forte correspondante ch, quelquefois en tr. Ces deux transformations sont intimement liées Tune à l'autre, car on a vu le rapport de ch à tr; g doux devient naturellement ch par renforcement, et le passage g^>^' se fait par une forme intermédiaire ch. La forme chû'a, intermédiaire entre irû*a etgiû'ay existe dans quelques endroits ^^).
Cette transformation de g doux en ch permet de rattacher le mot ché cf maintenant, à l'heure mêmei^, si souvent employé partout, au motg{& ff heure 75, de l'expression bdy gid' rc maintenant tî. Dans la vallée du Sông Gianh, on a la forme sourde giû% même
sens.
Ex. : bièt rjiiff chw (ou giw)'l trque faire maintenant? je ne sais que faire.?? ai mo chwl (ou gitp) «roù vas-tu donc niainlenant??)
(^i Dans gi^f^, ffio, giô, giw, etc., la lettre t qui entre dans la transcriplion de ces mots fait partie de la consonne initiale que les créateurs du quàc ngw ont rendue par gi devant dj w, a, Oy 6, etc.; au contraire, dans giâng, gik, la lettre t est une voyelle vivante faisant partie essentielle de la diphtongue iê qui suit la consonne palatale initiale du mot, laquelle consonne, bien qu identique à celle qui se trouve dans gidn , gx6 , a été rendue ici simplement par
g (non par gi). Il en est de même dans les mots tels que gi «rquoi??»
où i est une voyelle vivante et non une lettre morte comme dans gui.
Les formes pa toises cho^ chân, chw, etc., d'un côté, et cki, chiêng, chiéCy de l'autre, le montrent bien : t reste dans celles-ci et disparait dans les autres.
Je transcris cette consonne palatale par la lettre g en ajoutant le qualificatif doux, pour le distinguer de la gutturale g fort ou dur.