‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 58 sur 79 · DEUXIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES CONSONNES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES CONSONNES

Pour les formes gi& = g%ù\ voir n° 1 8.

En général, cette consonne est prononcée comme d et nA, c'està-dire qu'elle a le son de la semi-voyelle y dans a yeux t?. Pour certaines particularités de prononciation du Quàng Bmb, voirn® 97.

G doux sino-annamite correspond assez souvent dans les dialectes chinois à la palatale tch [ch annamite). Mais dans un grand nombre de cas, elle correspond à une gutturale palatalisée ki^ dans le dialecte du Nord :

^ <r maison 7), chinois du Nord kià; sino-annamite : gia^ auquel il faut peut-être rattacher Tannamite nAà, etc.

Le dialecte cantonais emploie dans presque tous ces cas la guttu* raie pure : hà (voir n° 102).

94. Le d non barré subit dans le Haut-Annam trois modifications importantes, ou, du moins, est prononcé suivant les lieux de trois manières bien différentes.

A Hué et dans les environs, ainsi que dans la plus grande partie du Quâng Tri, cette consonne équivaut à la semi-voyelle palatale y dans «ryeux^: dao <t couteaux, est prononcé yao. Nous avons vu que les consonnes g doux et nh sont prononcées de la même façon. Cette prononciation est presque générale, c'est-à-dire qu'elle embrasse tous les mots renfermant d, à l'exception de quelques mots changeant d en d.

Cette seconde transformation rf>rf^est considérée comme patoise. Elle n'affecte qu'un petit nombre de mots et est employée dans le Quâng Tri et le Quâng Binh, moins dans le Thù'a Thiên. Elle règne simultanément avec la transformation d> y que nous avons vue, et la transformation d>r.

Cette dernière transformation est moins étendue géographiquement que les deux précédentes. Elle forme comme des îlots, à Di Loan dans le Quâng Tn nord, îlot de deux ou trois kilomètres de diamètre, perdu au milieu de la prononciation rf > y , et à Ba Dây,

PHONKTIQUE AVrNAHlTE. 5

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Dû'c Phô, dans le Quâng Binh central. Dans ce dernier endroit la prononciation d>r^ est englobée dans la prononciation d > dz.

Cette prononciation d> dzj qui n'est pas à proprement parler une transformation , mais une manière particulière de prononcer la consonne , me paraît rendre le son original de d non barré. Elle est usitée dans tout le Quâng Binh et dans quelques localités du QuéngTri. Quelques auteurs, se basant uniquement sur cette manière de prononcer, ont proposé de rendre la consonne d par le groupe âz. Mais il faut remarquer que suivant les villages cette prononciation prend certaines nuances peu importantes qui font passer le son de âz à âj et ai. Ainsi ^ cela peauD se prononcera iza ou dja ou dia.

Cette manière de prononcer me paraît être le point de départ de toutes les modifications de la consonne d.

Dans ce son dz, en effet, on remarque deux sons qui, bien qu'intimement liés et prononcés d une seule émission de voix , c'est-àdire ne formant qu'une consonne simple, peuvent cependant être distingués. Tout d'abord un son dental , rendu par d; puis un son palatal, mi-chuintant, mi-sifflant, plutôt sifflant, rendu par z. Parfois ce son sifflant diminue d'intensité au point de devenir à peine sensible; on dirait un d légèrement mouillé; je rends ces nuances par dj ou dx; on peut les entendre dans tout le Quâng Binh, particulièrement dans la vallée du Sông Gianh.

Le changement d>d est le résultat de la disparition complète de ce son palatal. On a la progression suivante :

dao : dzao : âjao : diao : dao.

L'élément palatal diminue de plus en plus, tandis que l'élément dental est de plus en plus accentué.

Dans quelques rares exemples, la progression va même plue loin et le terme final est la dentale forte f , mais affectée d'une aspiration : th. Dans le Quâng Binh nord, nous trouvons la forme thôt pour dift : nhà thét, tria maison dégoutte, il pleut dans la maison t).

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