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DEUXIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES CONSONNES

Il faut rapprocher de ce fait que, en chinois, beaucoup de phonétiques servent à rendre la gutturale k tantôt pure, tantôt aspirée. Au c sino-annamite correspond parfois dans les dialectes chinois, soit l'aspiration h y soit la gutturale aspirée k\

101. Cette confusion entre g et c existait déjà du temps des créateurs des chu' nom. Ils ont rendu par exemple par la même phonétique le mot caï, particule du féminin, ^, et le motg'atcr femme, jeune fille i), m. La similitude de sens permet de supposer que les mots cdi et gai dérivent Tun de Tautre; la comparaison des caractères employés pour les rendre ferait croire que la formerai n est qu une spécialisation du sens du mot cdiy ou du moins a été considérée comme telle par les créateurs des chû' ndm : ils ont ajouté, en effet, à la phonétique ^ le signe idéographique de la femme , voulant désigner par là que par la forme gai on entend la femelle dans le genre humain, la femme.

La forme gai est très peu usitée dans le peuple, du moins au Qudng Binh.

On dit :

con cdy ffune jeune fille?);

cdy toi ffma femme ?);

cdy giong «rmari et femme i) (pour câi chèng).

Pour le changement de ai en 4y, voir n** i o .

102. Dans certains villages de la vallée du Sông Gianh, tant sur la rive droite que sur la rive gauche, le g dur se change en la palatale g (doux). Dans la bouche de quelques individus, on pourrait rendre le son de cette nouvelle forme par le groupe ig, c'est-à-dire que la palatale est prononcée avec une certaine force, sans cependant arriver au son de la forte ch. On semble aussi en général mouiller la consonne, et Ton prononce giiçpy pour gap ce rencontrer tî, comme s'il y avait deux i avant a. C'est peut-être ce son

que ton veut rendre dans certaines formes bizarres, comme ^ti, gyUf etc., que le dictionnaire du Père Génibrel signale comme des tonkinisines^^'.

Nous avons donc ici la palatalisation de la gutturale douce g. Nous remarquons le même phénomène en chinois pour la forte ky et, chose curieuse, à cette gutturale forte palatalisée des dialectes chinois, correspond généralement en sino-annamite g doux, qui doit donc être considéré dans ces cas comme une gutturale douce palatalisée, de même que dans les (ormes gg.p>giQ,py que nous rencontrons dans les patois. Nous avons ici une nouvelle preuve de ridentité des transformations de consonnes, soit dans les dia-

(^^ Je donne ci -dessous une liste des mots les plus usuels commençant par la gutturale g, tels qu*on les prononce dans les villages dont il s'agit ici :

gâi : giài cr jeune filles).

ghen ghét : gién giét ft haïni.

gonn ghiic : giirm gièc tr horrible -n.

gàu : giàu tr seau t».

ghi : giin crgaleTï.

ghé : gié <r abordera.

gà : già (rpoulei).

ghcy go : gie, gio tr jonques '».

gài : giài t boutonner?).

gày : giày «r chanter, criera.

gà : già rr donner sa fille en mariage n.

gành : gidnh tr porter à la palanche n.

gang : giâng (t s'efforce ru.

gang : giang cr empan?).

goc : gioc ïfcoin?».

gçtc : giqc tr bois de cerf r».

gqch : ^'^& tr brique?).

gqch : giçch tr rayer?).

gai : giai tr ramée?).

giimg : giwng cr gingembre?).

gçn : gion tr arrangé?).

goi : gioi «rappeler?), etc.

g^ : c^ tr tronc d'arbre?).

gàt : cet (relaie en bambou?).

gu6c : cuôc tr rabot?).

gwomg : cwamg tr exemple*?.

gdu : c^ rrours??. gça : c4u trriz décortiqué?).

ghé : hé tr chaise 1».

goà : hoà trveuf??.

etc.

got : hhét tr peler?) .

gài : hhài erse gratter?).

gàn : nghin trprës?).

Dans la plupart des cas, ^ se palatalise ang doux. La transformation g>h est assez fréquente. G>hh se remarque très peu. Ghé ne fait pas hhiy ni gàu y hhau, comme en d'autres endroits, mais la gutturale initiale se palatalise.

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