‹ Phonologie des patois du canton de VaudChapitre 11 sur 12 · phialam a pris partout un développement spécial: Il a · texte numérisé non relu

phialam a pris partout un développement spécial: Il a

donné en effet les formes: /yole Ve. HE C. et jyula, hyula pour les autres patois.

LA

A entravé.

29. Le développement qu'il prend dans les patois vaudois est moins uniforme que celui de l’a libre. Il est généralement rendu comme ce dernier par à dans les groupes de Sainte-Croix et de Blonay, et par à dans les autres patois:

arborem äbro abro marmor—+em mäabro mäbro animam äma âma male habi- malädo malädo *damnati- domädzo damädzo tum

cum miraculum meéräklye miräklye diabolum dyablyo dyâblyo passum pa pà stabulum etraäblyo eçräblyo pastam pâta päta fraxinum frano frâno plastrum plyätro plyäçro crassum grà râ tabulam trablya träblya *viaticum yädzo yàadzo *villaticum velädzo velädzo latro laro lâro *visaticum vezadzo vezädzo

30. L’a est bref dans tous les patois devant les terminaisons

-lye, -nye, -sse, -tse (ou les sons correspondants), ainsi que dans sablya, en $abza (sabulam), et le monosyllabe sa, $a (saccum):

1 Fe

TE

2 cfr. NN. 43 et 400.

3 Dans le sens de davantage:

latin lorsqu'il signifie mais.

servé l’a

nous avons vu que ce mot avait con-

4 $or C. est dû sans doute à l’influence du français. 5 .cfr. NN. 20 et 36.

animalia ârmalye, ärmaze glaciem! glyasse, lyasse, lyafe BL seraculam saralye, $eralye plateam! plyasse, pçasse

BL sonaculam senalye, 8enaze pactam”® patse

araneam aranye sacc+am satse, Satse castaneam tsatanye vaccam vatse

capsam kassa, kafa

31. Lorsque l’a se trouve suivi en patois immédiatement d’un r, il se modifie en ä dans les groupes de la Vallée et de Vallorbe, tandis que dans les autres il demeure régulièrement à, 4 r devenu final est tombé dans les deux groupes indiqués sans que la voyelle en éprouvât une nouvelle altération.

Ste C. B. Vlée. Vb.

arcam ärtse ârtse ärtse barbam bärba bârba bärba fratrem frare frâre fräre quadrum käro käro kyäru largum lardzo làrdzo lärdzu matrem? mâare mare märe patrem? pare pare päre diem Martis dema(r) demäa(r) demä martium ma(r) mä(r) mä partem pa(r) pà(r) pä

32. L'a devient régulièrement nasal lorsque la première des consonnes formant position est un m ou un n: le Pays d'Enhaut seul fait exception pour les cas où la nasale est géminée,? ce qui ne se présente d’ailleurs que pour le seul mot flammam.

meam amitam manta o. panticem panse annum an BL pictantiam pedanse de abante devan plancam plyantse bilances ebalanse “sanguem san infantem enfan tantum tan grandem gran campum tsan graneam grandze cantum tsan flammam hlyanma, PdE çama cameram tsanbra

1 Dans plusieurs patois il paraît y avoir eu en outre pour ces deux mots attraction de la palatale dans la syllabe tonique, ainsi que lindiquent les formes /yesse B. Lavaux (G de V.) yesse Jorat (G de V.) p4eçe B. pçeçe P d'E. plyesse Vg. Th. Lavaux, gyesse Jorat.

2 Ces deux mots ne présentent pas partout un développement organique. Plusieurs groupes possèdent tout à la fois la forme indiquée et la forme française devenue "ere, pere. D’autres groupes (la Côte, la Thièle, le Gros de Vaud) paraissent ne plus connaître que cette dernière. La cause en est dans le fait que la forme patoise n’avait pas tardé à prendre lors de l'introduction du français une signification péjorative. Le Pays d’Enhaut se sert des formes provençales aire, paire devenues à Blonay merre, perre, ce dernier groupe n’employant plus märe, pâre, que comme termes de mépris.

PACIPEN TRES

manicam mandze vannum van manicum mandzo

Devant s la nasale avait disparu de bonne heure! D'ailleurs le seul exemple de ce genre, l’adverbe #&, B #rer (trans), paraît emprunté au français, le patois usant de préférence du mot £T0.

33. à précédé d’un son palatal devient comme l’a libre e à la Vallée, i dans les autres groupes:

accapto atSetu atsito, adzito

vervicarium berdzi, berdji

BL bulengarium bolondje bolondzi, bolandzi, bolendzi “extranearium etrendije etrandzi, ecrandzi, etrendzi scaphium etsifo O. etsife PL

*leviarium ledje ledzi, lerdzi, ledji

*nucarium noye ledzi Ve. Th. O. nuyi Vb. noi P d'E. *nucariam noyire Ste C. G de V. nyuire C.

capram tSevra tsivra, tivra

Les dérivés de carrum et de carnem rendent dans tous les groupes l'a latin par ä: #&r, {sä. Cette anomalie est-elle due au caratère monosyllabique du mot? On la retrouve d’ailleurs dans les groupes de Blonay et de la Plaine pour le mot #oyà (*nucarium) indiqué ci-dessus.

34. a suivi d’une palatale ou gutturale devient en général e dans tous les groupes, par suite de l'attraction de la palatale ou de la vocalisation de la gutturale:

brachium bre radium re4 Ste C.

habeo e saxsum se B. O. PL.$e P d'E.

*scopaceum ekove BL seraceum sere, sere

facere fere? tofacium tove B.

*corvaceum korbe” *vermaceum verme, vreme magidem me

Il en est de même pour les mots suivants dans lesquels la est suivi d'un s impur: /e (fascem), repe, repe (repastum).

Quelques mots présentent un développement spécial. La gutturale s’est conservée comme son indépendant dans #ar Vg. trat C. (tractum), tandis qu’elle s'est fondue dans la voyelle précédente dans #à Vb. Th. P1 #e Vlée. Ste C. G de V. B. Dans fañse, patse (pactam) il semble y avoir eu métathèse de la gutturale avec la dentale. Les dérivés d’aquam prennent une place à part: la diphtongue s'est conservée dans ezvue B eue O, tandis qu'elle s’est ré-

Pete N: 207:

2 Dans /are C. la gutturale paraît être simplement tombée. 3 Pd'E: 4korbr.

4 Le développement est moins avancé dans 7& Vlée. Th. B.

duite à e, i, dans les autres patois: egg Vlée. Vb. Th. egve, egye C. Ve. rdye G de V. eve Ste C. evue PI ue P dE.

35. Le suffixe arium, ariam, subit comme en français deux genres de traitements,! abstraction faite des cas où il est précédé d'un palatal. Seulement ce qui est la règle pour le français ne constitue pour les patois vaudois que la très rare exception, et viceversa. Dans les deux cas le développement est déterminé par l'attraction de la palatale dans la syllabe tonique. La palatale ainsi attirée a pu prendre place soit avant soit après la voyelle accentuée; en d’autres termes arium est devenu d’abord soit *iarum soit *airum. Le premier type ne se retrouve d’une façon générale que pour le mot primarium, qui est devenu frumye à la Vallée et pre” dans les autres patois. On le retronve à l’état d'exception dans fweréyr? PI. (*forestarium), tandis que les formes anomales /orakr Vb. grenz O. (granarium) #£aré Eh. (quartarium), sont peut-être simplement empruntées à d'autre patois.

Dans la règle c’est le type *airum qui est à la base des formes patoises. Il s'est réduit, grâce à la chute régulière de la terminaison, à la diphtongue ai. Cette dernière s’est conservée telle quelle dans les gronpes de la Venoge, de la Thièle et de Blonay, tandis que les autre patois lui ont fait subir plusieurs modifications ultérieures. On peut réunir ces dégradations successives dans le tableau suivant:

a (à) ai äà (en) ai ei (eù) — e — i

Comme on peut le prévoir en présence d’un aussi grand nombre de modifications les différents groupes ne sont pas toujours d’une conséquence absolue: les influences réciproques d’un patois sur l'autre devaient nécessairement engendrer plus d’une forme anormale, et si l’on a à s'étonner c’est que le nombre de celles-ci ne soit pas plus considérable. Voici du reste un tableau assez complet pour pouvoir donner une idée sufffsante du développement en question:

! Un exemple typique pour le français est donné par les dérivés de

primarium: premser et primare.

? concuramment avec fueratä; voir le tableau ci-dessous.

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