‹ Phonologie des patois du canton de VaudChapitre 4 sur 12 · IL TRANSCRIPTION DES SONS · texte numérisé non relu

IL TRANSCRIPTION DES SONS

9. L'orthographe est, comme on sait, un point fort délicat dans l’étude de tout dialecte. Et ceci est vrai surtout en ce qui concerne les patois de la Suisse romande. Pour s’en convaincre il suffit de faire avec M. Ayer la revue des différents systèmes phonographiques usités jusqu’à luit. Ayer lui-même propose un système nouveau et qui voulant être à la fois étymologique, phonétique et grammatical ne possède après tout aucune de ces trois qualités.

Et pourtant la question semble assez facile à résoudre. Pour le linguiste il s’agit en effet tout d’abord de fixer les différents sons du patois d’une façon aussi claire et exacte que possible, et à cet effet il est de toute nécessité de s’en tenir à un système purement phonétique?. C’est bien aussi ce que MM. Haefelin et Cornu ont cherché à faire, chaqun à sa manière. Toutefois aucun des deux n’a eu la main absolument heureuse. M. Haefelin a poussé la logique à l'extrême: il a eu la prétention de rendre les plus infimes nuances des différents sons, et est arrivé ainsi à élaborer un alphabet d’une minutie extraordinaire. Une exactitude aussi scrupuleuse est désirable et même nécessaire lorsqu'il s’agit d'un seul et même patois: elle devient à la lettre impossible, et par conséquent arbitraire, lorsqu'on l’applique à un ensemble de patois tant soit peu considérable.

M. Cornu, suivi en cela par M. Gilliéron, s’est appliqué à éviter cet écueil. Et ïl a certainement réussi à rendre son orthographe simple ét claire. Malheureusement il a cru devoir emprunter de

1 Introduction etc. p. 830.

2 M. Ayer a dit lui-même: ,pour que l'orthographe fût complètement rationelle il faudrait: 10 que chaque son eût son signe particulier, et 20 que chaque signe ou lettre eût un son qui lui fût propre“.

Pourquoi donc ne s’est il pas inspiré de ces principes ?

3 18 voyelles simples, 31 consonnes et un nombre infini de diphthongues s’entreheurtent dans son tableau des sons patois.

droite et de gauche les signes dont il avait besoin, ce qui donne à son alphabet un caractère singulièrement hétérogène et exotique.

On comprendra donc que, tout en me rangeant d’une manière générale à la méthode phonétique adoptée par MM. Haefelin et Cornu, je n’aie pas suivi ces auteurs dans l'application qu'ils en ont faite. Aussi bien la nature même des patois vaudois m'aurait empêché d'emprunter tel quel un système orthographique imaginé en vue d’autres patois. Il m'a fallu songer à mon tour à en créer un moi-même, et j'ai cherché à le rendre aussi rigoureux et exact que possible, tout en lui conservant le caractère de généralité nécessaire à une étude comparative d’un aussi grand nombre de variétés de patois.

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