VOYELLES
Il. VOYELLES TONIQUES.
AL A 14. Il se maintient en général intact sauf dans les groupes de Sainte-Croix et de Blonay qui le rendent par à. Les exemples qui suivent donnent une idée assez complète des différents cas dans lesquels l’a s’est maintenu dans tous les groupes, soit sous sa forme originelle soit obscurci en à:
SLEL CRE alam ala ? àla amare aämaä, anma ? anmä, àämäa *ascultare : atyüta, akauta, ekuetä, akütà, atyütà duplare droblyä, drobya, drobza droblyà inflare enflya, enhla, ença äflyà, enhlyà quare ka kà computare kontäa kontà nasum nä nà parem pa pà palam pala päla rarum, am rà, rara Ti Tara *rasiculare räklyä, rahlyä, raça räklyà, rahlyà rapam rava râva BL sotulare sola solà sudare suä, Sua, Sa Sa *totare tua, tyua, tyà tyà
1 La plupart des exemples cités ont la même forme dans les deux patois: lorsqu'il y a quelque différence j'indique en premier lieu la forme propre à Ste Croix.
2 Jai trouvé à la Côte la forme divergente a7/a.
3 Afin d'éviter trop de répétitions inutiles je n’indique ici et ailleurs que les formes du mot les plus répandues lorsque toutes sont d’accord sur le point spécial qu’il s’agit de démontrer.
Un seul mot /mwmasse, -e, lemase, -e (limacem) a donné un a bref dans tous les groupes sous l’influence de sa terminaison!
15. L’a devient partout nasal lorsqu'il est suivi immédiatement d'un n ou d'un m: le Pays d'Enhaut seul fait exception pour les mots à terminaison féminine :?
P dE. P dE.
de mane deman id granam grañna grana granum gran id lanam lañna läna panem pan id planam plyañna pçana sanum san id septimanam senañna Senäna tabanum tavan id ram +am rañma rama
16. Les terminaisons ave, atum, atem deviennent 0 dans le patois de la Plaine, tandis que tous les autres groupes présentent la réduction normale en 4, à.
Ste C. B. PE clavem klyä, hlya, ça? klyà hlyà hlyo, ço navem na nà 100 ablatum ? blya blyà | blyo, bz0 furnatum forna fornà forno *intestatum enteta ätetä, enteçà enteto pratum pra prà pro veritatem vreta, vereta vretà vreto
17. Un procédé fort constant, et qui a acquis un intérêt tout particulier depuis que M. Ascoli l’a pris pour critère des dialectes «franco-provencaux», est celui par lequel l’a se transforme en e dans le patois de la Vallée et en i dans les autres groupes toutes les fois qu'il se trouve précédé d’un son palatal, que ce dernier existât déjà en latin ou qu'il se soit seulement développé lors de la formation romane du mot. Dans deux cas toutefois l’a précédé d’une palatale demeure régulièrement intact:# 1° lorsqu'un 1y patois est précédé lui-même d’une autre consonne, comme c’est le cas par exemple dans droblyaä (duplare), exflya, enhlya (inflare) raklya, rakla (*rasiculare) etc. 2° Lorsque la palatale ne fait que continuer une voyelle originairement séparée de l’a par une dentale: /ya, ya (fidare), 2ya (nodare), $yä, $a (sudare), #y& (*totare).
Les exemples suivants représentent tous les cas dans lesquels l'a a subi l'influence de la palatale :