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2 cfr. pour ces derniers NN. 292. 302.
3 La Vallée et Vallorbe présentent la forme anomale #/4y& due peutêtre à l'influence du français.
4 Peut-être aussi devant une nasale: mais je ne connais qu'un seul mot qui soit dans ce cas; ashyan B. P dE. O. PI. (BI. antianum).
l'a était précédé directement d’une palatale:
Vlée Autres groupes *de-abantiare devan$e devansi, devanhyi, devançi excorticare ! ckortse ekortsi, ekortsi *fortiare for$e forsi, forhyi manducare 1 medje medzi, mendzi predicare ! predje preidzi, predzi, pridzi repropiare reprüdje reprodzi cambiare tsendje tsandzi, tsädzi inmanicare ! enmandje enmandzi, ämandzi somniari sondje sondzi commeatum kondije kondzi — clariare ehlyärye klyeiri, ehlyeiri, ehlyäri de-foliare defolye defolyi, defuelyi, defozi cochleare kulye kulyi, kuelyi malleare mälye .maälyi, mayi, mäi
la palatale (ou gutturale) originairement séparée de l’a par une dentale est attirée dans la syllabe tonique:
adjutare ädye eidyi, edyi, aidi, edi allactare alätye aleityi, aleiti, aläti allectare aletse aletsi coactare kate katsi sanguinare sanye sanyi, Sanyi bajulare balye balyi, bayi, bazi, badi beryllare brelye brelyi, breyi vigilare velye velyi, veyi a était précédé d’une gutturale:
jocare dzoye dzoyi, dzeyi, djüi, dji scalam ? etsela etsila *manicare manäye maneyi, manayi, maniyi mercatum mertÿe martsi, mertsi necare näye neyi, nayi, niyi siccare setie setsi, Setsi caram ÿ tSera tsira, tâira a était précédé de s ou z:
pulsare —- bussi baptizare batäye batezi, batsi, bateyi all. blotzen blyo$e blyossi
LCITAN SI;
? La Plaine présente la forme anomale e/yerla, si toutefois ce mot remonte au mème primitif scalum.
$ Au masculin cet adjectif ne possède de forme régulière que dans le groupe de la Vallée: /$e. Les autres patois ont en effet: #4 Vg. #àfr) Th. G de V. B. P4E. PI. ffefr) Ste C. C.: /$e Vb. VY a-t-il eu peut-être influence des dérivés de carnem, carrum? ou bien encore ces formes anomales
sont-elles dues au français? Mais alors pourquoi le féminin est-il parfaitement régulier ?
Il est à la règle posée ci-dessus une exception apparente, mais qui bien comprise me paraît en renfermer au contraire l’éclatante confirmation. M. Ascoli déjà avait cru remarquer que pour la majeure partie du domaine franco-provençal (pour parler comme lui) le participe passé échappait à l’influence de la palatale. Jusqu'à présent le savant professeur de Milan s’est borné à cette constatation toute générale sans chercher à expliquer cette étrange anomalie. D’autres après lui, M. Cornu pour le Bagnard, M. Gilliéron pour le patois de Vionnaz ont fait la même remarque sans entrer dans plus de détails: je m'étonne surtout que le dernier qui a consacré plusieurs pages fort intéressantes au phénomène qui nous occupe, et qui dit lui-même que «le traitement divers des formules «are et atum est un des problèmes les plus intéressants que pré- «sente le provençal» n'ait pas été tenté de le résoudre. Cependant l'explication n’en est peut-être pas aussi difficile qu’elle peut le paraître au premier abord et je crois qu’on peut la donner sans même sortir des limites de la Suisse romande.
Il est à remarquer tout d’abord que les patois qui présentent la particularité indiquée ne possèdent qu'une seule et même forme pour les deux genres: ainsi les deux groupes vaudois qui sont dans ce cas, les Ormonts et la Plaine, disent #44 tant pour manducatum que pour manducatam. D'après M. Ascoli cette coïncidence serait toute fortuite.! Il part en effet pour le féminin d’une forme primitive en — àye (epueiryaye), laquelle aurait fini par se confondre avec le mascalin grâce à l’abandon progressif de la désinence féminine. Cette explication n’est pas admissible, alors même qu’on accorderait cette forme primitive en —ävye que la règle si ingénieusement mise en lumière par M. Ascoli lui-même condamne absolument. Comment s'expliquer en effet cette chute pure et simple de la terminaison féminine sans compensation d'aucune sorte?2. Et puis cette désinence hypothétique qui devrait être dans tous les cas —äye devrait se réduire partout à à et non à a bref comme c’est le cas pour les deux groupes Vaudois et pour le Bagnard: #ed4 O. PI.
1 Schizzi franco-provenzali p. 103 Note 1.
2 On ne peut s'appuyer, comme le fait M. Ascoli, sur des formes parallèles telles que veprä, vepräye. Ce deux formes sont absolument indépendantes l’une de l’autre: la première dérive du masculin (vesperatum), bien que toutes deux soient actuellement féminines. Pour s’en convaincre il suffit de constater ce que de telles formes deviennent dans le patois de la Plaine ainsi qu'à Vionnaz: /ornäye (furnatam), par exemple, forme propre à certains patois vaudois devrait devenir forna à la Plaine et à Vionnaz, tandis qu’on n’y trouve que /orn0, dérivant de furnatum comme amo de
amatum, pro de pratum etc.
anyé Bagnard.! Ajoutons encore que les groupes vaudois remplacent au participe les dentales ts, dz de l'infinitif par les palatales correspondantes t$, dj (inf. wedz, part. #2edj4; inf. seésr, part. seésd; inf. /serdai part. /serdjd), ce qui n'aurait aucune raison d’être si l’on admettait l'explication de M. Ascoli.
Ce participe féminin ne pouvant’ donc s'expliquer par apocope, on pourrait être tenté de supposer qu'il n’a fait qu'abandonner simplement sa forme primitive pour adopter celle du masculin. Or cette supposition tombe d'elle-même pour la simple raison que la forme commune du participe ne peut représenter originairement le masculin, puisqu'elle devrait dans ce cas se terminer à la Plaine et à Vionnez en 0? (medjo, set$o etc. cfr. la Note ci-dessus), abstraction faite toujours de l’irrégularité même d’une pareille formation. I1 en résulte que c’est bien plutôt le masculin qui doit avoir emprunté la forme du féminin, soit à cause de la supériorité phonétique de cette dernière, soit pour se distinguer de l'infinitif, soit encore par analogie avec les verbes en à. Cette supposition est corroborée par le fait que dans les patois qui distinguent les deux genres c’est la forme du féminin qui correspond à la forme commune des autres patois. C’est donc ce féminin qu'il s’agit d'expliquer d’une façon rationnelle pour résoudre le problème même qui nous est posé.
Or rien n’est plus facile que d'expliquer cette forme dès qu'on admet, comme il semble qu'on aurait du toujours le faire, qu’elle est le résultat d’un développement régulier et purement phonétique. Si nous partons en effet de la règle générale posée plus haut ïl nous faut admettre nécessairement l'équation suivante:
palatale + atam — palatale + ia’ (Vilée ea), ou pour prendre des exemples: manducatam — “yedua; siccatam — *sefsia; caricatam — *“/serdzia. Ces formes ne pouvaient subsister telles quelles à cause de lhiatus que les patois vaudois ne tolèrent jamais dans cette position. Or il y avait deux procédés également en faveur pour y remédier, insertion d’une palatale ou bien déplacement de l'accent tonique. Le premier donne: 72ed:/ya, setsiya, tserdziya; et ces formes n’ont pas une simple valeur théorique puis qu’elles se trouvent telles quelles dans un groupe de patois vaudois, celui de la Côte Le déplacement de l'accent tonique de son côté devait donner les
1 Cornu, Bagnard N. 3b.
? Il serait par trop baroque de vouloir admettre une seconde irrégularité et de supposer que la palatale aurait empêché le passage de l’a à o.
$ Pour la chute du t cfr. N. 358, et pour l’a final N. 100.