A. — EXPÉRIMENTATION SUR LE LAPIN
Première série d'expérimentations. — Le 16 janvier
1929, un premier lapin est mis en expérience. Nous le rasons soigneusement dans la région dorsale.
Le 18, nous mettons sur la région épilée une pincée de sesquisulfure de phosphore. Nous maintenons le contact du produit avec la peau grâce
à un verre de montre fixé avec du leucoplaste,
Le 19, nous enlevons le verre de montre.
Le 20, nous constatons l’apparition d’un érythème diffus qui s'accompagne de légères excorations qui semblent être des lésions de grattage.
Du 21 au 23, l’érythème s’accentue légèrement ; on peut constater en même temps un épaississement de la peau assez notable. À ce moment, l'animal dégage une forte odeur alliacée.
Le 24, l’épaississement de la peau augmente ; celle-ci se mobilise cependant avec facilité sur les plans sous-jacents.
Le 26, on remarque au niveau de l’application une légère desquamation.
Le 28, les téguments ont pris une teinte grisâtre. Les squames plus nombreuses et plus épaisses se détachent facilement.
Le 29, la teinte grisâtre subsiste à la périphérie de la zone traitée. Au centre, les squames étant tombées, la coloration est plus foncée et apparaît d’un beau bleu.
Le 30, cette coloration bleue gagne la périphérie qui à son tour se décape.
Le 1* février, nous faisons une biopsie : nous prélevons un lambeau de peau comprenant du tissu sain et du tissu lésé.
Dans les jours qui suivent, nous voyons la coloration bleue se foncer progressivement et le 7 février elle est franchement noire.
Le 7 février, nous avons donc une région noire centrale, une région périphérique, non atteinte par le sesquisulfure de phosphore, blanche et
enfin la zone non épilée normalement recouverte de poils.
Le 8 février, la surface en contact avec le sesquisulfure de phosphore apparaît couverte de poils très solides, fauves, longs d’un demi-centimètre environ, alors que la région également rasée, mais n'ayant pas été en contact avec le produit, est indemne de toute prolifération pileuse. |
Entre ces deux régions, il existe une délimitation nette, géométrique. Ces poils diffèrent d’ailleurs sensiblement des poils normaux qui présentent, en effet, à leur base, un fin duvet. duvet qui manque dans les poils nouvellement poussés.
Durant les jours qui suivent, ces poils augmentent de longueur. Le 27, ils ont atteint 2 centimètres environ. La région avoisinante, également épilée mais non traitée par le sesquisulfure, est toujours aussi glabre.
I nous faut compléter le compte rendu de cette première expérimentation par le résultat de la biopsie qui a montré une abondance anormale de bulbes pileux sans autre modification de Ja peau.
Deuxième série d’expérimentations. — Pensant que peut-être l’adjonction d’une substance inerte au sesquisulfure dé phosphore modifierait les lésions produites et nous rapprocherait de celles que nous avons observées chez l’homme, nous avons fait sur un deuxième lapin des applications après avoir mélangé