‹ Phosphorides cutanées: Contribution expérimentale à l'étude de cette affectionChapitre 9 sur 25 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Etude clinique

Les deux malades, dont nous allons rapporter les observations, s’ils ont été les plus gravement atteints, n’ont pas pourtant été les seuls. Les accidents cutanés ne sont, paraît-il, pas rares dans leur profession ; ils se bornent, le plus souvent, à une atteinte des mains, des avant-bras et des conjonctives. Ces accidents n’avaient pas, jusqu’au mois d’octobre 1928, revêtu une allure assez grave pour nécessiter l'entrée d’un malade à l'hôpital, ils étaient soignés et rapidement guéris à l’infirmerie de l’usine. Ceci explique pourquoi ces lésions n’avaient encore jamais été décrites.

Passons aux deux malades plus gravement atteints dont les observations détaillées ont pu être prises.

OBSERVATION I (Service de M. le Docteur GATÉ)

M. Ahmed, âgé de 42 ans, entre le 9 octobre 1928 dans le service hospitalier de dermato-syphiligraphie des Chazeaux,

NU

envoyé par son médecin pour « une éruption érythémateusé tenace par vapeur de sesquisulfure de phosphore ».

Il s’agit d’un indigène de l’Afrique du Nord, venu depuis un mois seulement, dans la métropole. Son interrogatoire est difficile et doit se faire par l'intermédiaire d'un interprète.

Il n’a aucun passé pathologique et n’a jamais présenté aucune maladie de peau.

Il travaillait en dernier lieu dans une usine de produits chimiques où il était employé à mettre en bidons et à peser du sesquisulfure de phosphore.

Après quelques jours de travail, le 4 octobre, il présente, brusquement, sur le dos des mains et sur les avant-bras une éruption érythémateuse presque immédiatement desquamante qui s'étend en vingt-quatre heures à tout le corps tout en restant plus intense aux régions d’abord atteintes.

Le diagnostic porté est celui d’érythrodermie d’origine professionnelle : en effet, l’affection est apparue après quarantehuit heures seulement de travail, elle a débuté et elle reste prédominante aux mains et aux avant-bras qui sont toujours en contact avec le produit puisque le malade travaille les manches relevées; enfin, il déclare que les ouvriers qui tiennent son emploi, ne tardent pas à présenter la même affection, mais localisée aux mains.

A l'entrée : on constate que toute la surface du corps est très rouge et présente une desquamation qui, suivant les régions est fine et furfuracée ou, au contraire, se fait par lambeaux d’étendue variable. Dans les régions habituellement humides : plis de laine, aisselles et même plis des coudes, le derme est à nu, la desquamation est plus intense et se fait par larges lambeaux épais et plissés qui pourraient bien être des plafonds de bulles, mais on ne peut avoir d’indications sur ce dernier point.

Sur les mains, entre les doigts et sur les avant-bras, la desquamation est également intense mais laisse un épiderme qui semble normal et seulement érythémateux. La température est normale. Les urines ne renferment ni sucre, ni albumine. Le malade ne se plaint de rien si ce n’est d’une sensation intense de prurit.

L'examen des divers appareils est négatif. Il aurait présenté

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