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REPORT SUR PAPIER DE L'ÉPREUVE NÉGATIVE SUR GLACES AU COLLODION

§ 34. — Je pratique avec succès le report sur papier de répreuve négative sur collodion par le procédé suivant :

Je prends l'épreuve sur verre fixée, soit par l'hyposulfite de soude, soit par le sulfate de peroxyde de fer; je la plonge dans un bain d'eau acidulée par l'acide acétique, et l'y laisse jusqu'à ce qu'un des angles du collodion commence à se soulever. A ce moment, je l'en retire pour la soumettre à l'action d'un filet d'eau très-fin , que j'obtiens en ouvrant très-peu le robinet d'une fontaine.

Je fais ainsi couler Teau entre la couche de collodion et la glace, sous Tangle qui est soulevé. Il faut agir avec précaution et patience, et ne pas faire tomber l'eau sur la couche de collodion même, mais bien sur le bord de la glace qui est à nu, en tenant,

bien entendu , la glace inclinée vers le bas , du côté qui n'est pas détaché. En quelques minutes, je soulève ainsi très-facilement le collodion de la glace. Quand l'eau joue librement sous toute la couche de collodion, je pose la glace horizontalement sur quelques feuilles de papier.

Je prends alors deux feuilles de papier blanc trèsfin et bien transparent, que je tiens un peu plus grandes que l'épreuve à enlever; je les plonge dans de l'eau pure ; quand elles sont détrempées , je les éponge entre du papier buvard, et les recouvre immédiatement chacune, d'un côté seulement, d'une couche de dextrine en solution dans l'eau et filtrée à travers un linge. L'épaisseur du mucilage de dextrine doit être telle qu'au delà il ne pourrait plus s'étendre au pinceau.

Je prends alors une de ces feuilles , puis l'étends sur l'épreuve en commençant par un des bords du collodion, la laissant tomber doucement à angle

droit. La viscosité de la dextrine fait ainsi adhérer l le papier au collodion et rend cette opération trèsfacile.

Je saisis alors une seconde glace plus grande que celle qui porte l'épreuve, et l'applique sur la feuille de papier que je viens de coller, en appuyant assez fortement dessus pour bien mettre le tout en contact et chasser l'air qui peut rester entre. Je retourne les deux glaces et j'enlève celle qui portait l'épreuve en

la faisant glisser horizontalement avec la paume de la main.

J'ai ainsi la couche de coUodion qui reste adhérente au papier, mais qui présente encore quelques ondulations et quelquefois retient encore des bulles d'air.

Pour faire disparaître ces imperfections, je prends la seconde feuille de papier blanc préparée précédemment, et j'applique le côté passé à la dextrine sur répreuve , de manière qu'elle reste emprisonnée entre les deux papiers.

Je laisse le tout dans la même position sur la glace la plus grande , et mettant quelques feuilles de papier buvard très-uni sur le dernier papier appliqué, j'appuie fortement avec la main, frictionnant de tous côtés de manière à chasser l'excédant de dextrine.

Je renouvelle et passe sur le tout un brunissoir plat d'agate ou de marbre , de manière à assurer le contact pari'ait, puis j'enlève Fépreuve ainsi fixée et je la laisse sécher.

Je la cire ensuite par les moyens ordinaires, et j'obtiens une épreuve négative parfaite et indestructible, qui me fournit des épreuves positives d'une finesse identique à celles obtenues directement avec la glace.

Les épreuves que l'on veut traiter par ce moyen ne doivent pas être poussées trop au noir au développement de l'image, parce qu'elles prennent ainsi

de la vigueur et du corps, ce que je trouve un bien, puisque cela me pernciet une pause plus courte.

Outre l'indestructibilité de l'épreuve , ce procédé offre l'avantage de pouvoir réparer sur le négatif les petits points blancs ou les accidents qui peuvent être survenus sur les bords ou le fond de l'épreuve.

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