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PRÉPARATION DU VERRE A L'ALBUMINE

§ 35. — Ces préparations sont basées sur la propriété qu'a Taibumine de devenir insoluble complètement par la chaleur.

Cest à M. Niepce de Saint-Victor, neveu, qu'est due la découverte de l'application de ce corps à la photographie sur verre.

C'est lui qui, le premier, continuant dans une autre voie les essais sur verre faits par son oncle, est arrivé à des résultats satisfaisants; c'est à ses efforts incessants et à la franchise avec laquelle il a publié ses découvertes que nous devons les belles épreuves obtenues aujourd'hui.

Prenez des blancs d'œufs, ajoutez-y par 100 gr. 1 gr. d'iodure de potassium ou d'iodure d'ammoniaque. Battez en neige ce mélange; laissez-le reposer une nuit, et le lendemain décantez le liquide visqueux

qui s'est déposé, pour vous en servir à la préparation de vos glaces.

A cet effet, prenez de la glace mince, ou mieux encore de la glace dépolie, sur laquelle l'adhérence est plus complète. Vous la faites couper à la grandeur de vos châssis et roder sur les bords.

Avant d'appliquer la préparation sur la glace , il faut avoir soin de la bien laver à l'eau et de l'essuyer parfaitement avec du papier de soie.

On la pose alors sur une feuille de papier blanc, et on la polit parfaitement avec un tampon de coton en évitant de la toucher avec les doigts.

La réussite de l'épreuve est due en grande partie à l'égalité de la couche d'albumine et à la propreté de la glace.

Pour l'obtenir, posez une de vos glaces bien horizontalement sur un trépied à caler, et assurez- vous de l'horizontalité à l'aide d'un petit niveau d'eau que l'on promène dessus en tous sens. Versez alors dessus une quantité d'albumine surabondante.

Vous saisissez la glace entre les mains et Tinclinez légèrement en tous sens pour bien étendre la couche partout; puis Tinclinant par un angle, vous épanchez complètement le liquide de manière qu'il n'en reste plus qu'une couche infiniment mince. Vous essuyez enfin les bords avec du papier de soie et reposez la glace sur le trépied horizontal pour l'y laisser sécher en la tenant à Tabri de la poussière à l'aide d'un carton que l'on suspend au-dessus.

Au moment de donner le bain d'acéto-azotate d'argent, vous exposez votre glace devant un feu modéré de manière à enlever complètement toute trace d'humidité.

L'application du bain d'acéto-azotate d'argent est une opération très-délicate, parce que le moindre temps d'arrêt occasionne des solutions de continuité dans la couche sensible et des fils que rien ne peut plus réparer.

Pour obtenir cette immersion instantanée et régulière , je me sers du petit appareil décrit précédemment au chapitre de la préparation des glaces au collodion, § 29.

Vous versez dans cette boîte les deux tiers d'acéto-azotate d'argent, et vous laissez tomber d'un seul coup la glace albuminée dans la rainure , en ayant bien soin qu'il n'y ait pas de temps d'arrêt. Le bain d'acéto-azotate d'argent doit être ainsi composé :

Eau distillée 300 gram.

Azotate d'argent 24 —

Acide acétique 30 —

Après avoir laissé la glace tremper deux ou trois minutes dans le bain, vous la retirez et la lavez parfaitement à l'eau distillée, puis la laissez sécher dans l'obscurité complète.

Les glaces ainsi préparées peuvent se conserver un ou deux jours avant d'être exposées à la chambre noire.

Vous faites développer l'image au sortir de la

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chambre noire, comme pour les négatifs sur le papier, en la mettant dans un bain chaud d'acide gallique, contenant seulement en plus un dixième en volume d'acéto-azotate d'argent.

On obtient beaucoup de rapidité en développant rimage avec un bain saturé de protosulfate de fer, contenant un dixième d'acide acétique cristallisable.

La pose à la chambre noire peut être ainsi diminuée des trois quarts.

Quand elle est bien ressortie , vous la fixez par les mêmes procédés indiqués précédemment pour le papier au § 13.

Pour en obtenir une épreuve positive, il suffît d'appliquer sur l'épreuve une feuille de papier positif ordinaire , ou mieux encore une feuille positive albuminée, comme je l'indique plus loin. On introduit le tout dans un châssis à feuillure où reposent les bords de l'épreuve; on met par-dessus un drap noir très-fin , qui est collé sur un des côtés d'une glace épaisse ou une feuille de caoutchouc vulcanisé, qui est excellente pour cet usage; puis on ferme le couvercle du châssis, qui exerce une pression trèslégère pour ne pas s'exposer à briser l'épreuve.

On expose ensuite à la lumière. Pour pouvoir suivre son action, ayez soin d'enlever la préparation à l'un des coins de la glace, afin de pouvoir juger du ton que prend l'image.

Quand vous la jugez bonne, vous l'enlevez du châssis et la fixez comme les autres.

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