CHAPITRE II
I.e feu grégeois introduit t t«!es Ant-** au ir.r* si-- le. — Son emploi danml ks «««'les, — ïts striubiti effet*.
Après la prise de Constantinople par les croisés, en 1204, la connaissance du feu grégeois se répandit citez les Arabes. Fautil penser, avec M. Lalanne. que les infidèles en durent la communication à quelque Grec fugitif, ou peut-être m* rne à l’empereur détrôné Alexis III, qui, retiré en 1210 à la cour du sultan d’Iconium, en obtint une armée contre les princes grecs de Nicée, et aurait pu de cette manière chercher à payer au sultan son hospitalité ? U est, selon nous, [dus probable que les Arabes empruntèrent aux Chinois l’art des compositions incendiaires. En effet, au vu* siècle, certains rapports avaient commencé de s’établir entre les Arabes et les Chinois, et ce dernier peuple avait envoyé, au premier siècle de l'hégire, une ambassade à la Mecque. Au vin* et au IX e siècle de notre ère, les Arabes et les Persans entretenaient avec les Chinois des relations suivies; ces rapports furent repris au milieu du xm* siècle, après la conquête de la Chine par les Mongols. Ce fut donc sans doute par cette dernière voie que les Sarrasins, qui avaient tant souffert des mélanges incendiaires, apprirent à leur tour à les manier à leur profit. Quoi qu’il en soit , dès les premières années du xin e siècle, nous voyons les Arabes en possession dn feu grégeois.
Les mélanges incendiaires subirent à cette époque un perfectionnement des plus importants dans leur composition. C’est de ce moment, en effet, que date l’introduction du salpêtre dans les substances destinées à provoquer et à propager l'incendie.
Le salpêtre est dans plusieurs contrées de l’Asie, mais principalement en Chine, un produit naturel. Il y prend naissance spontanément, aux dépens des éléments de l’air. Formé à la surface du sol, sur les lieux élevés, il est dissous par les eaux pluviales qui l’entraînent le long des pentes, dans le fond des vallées: là il pénètre dans l’intérieur du sol ; plus tard, par l'effet de la capillarité, cette dissolution, remontant peu à peu à la surface, y produit des efflorescences salines. Il suffit de recueillir ces terres pour en retirer le salpêtre par un simple lessivage à l’eau. Cette opération, pratiquée de temps immémorial en Chine, fournit le salpêtre dans un certain état de pureté. Ainsi, dès les temps les plus reculés, les Chinois eurent connaissance de ce sel; ils observèrent, par conséquent, la propriété dont il jouit de fuser sur les charbons incandescents , c’est-à-dire de les faire brûler avec un très vif éclat et d’activer la combustion avec une grande énergie. Il est donc tout simple que les Chinois aient eu de bonne heure l’idée d’ajouter le salpêtre à leurs mélanges combustibles.
U est impossible, selon MM. Reinaud et Favé, de fixer avec exactitude l’époque à laquelle les Arabes empruntèrent aux Chinois la connaissance et l’emploi du salpêtre, celle où les Chinois eux-mêmes avaient appris à s’en servir. Il est seulement établi qu’avant l’année 1225, date du manuscrit arabe de la bibliothèque de Leyde que nous avons cité plus haut, les compositions salpêtrées n’étaient pas encore en usage. Mais tous les manuscrits arabes postérieurs à cette date renferment la description d’un grand nombre de recettes dans lesquelles le salpêtre entre comme agent essentiel. D’après les formules contenues dans ces traités , le feu grégeois employé chez les Sarrasins était formé de la réunion de diverses substances grasses ou résineuses, auxquelles venaient s’ajouter le salpêtre et le soufre. D’autres recettes prescrivent un mélange de soufre, de charbon et de salpêtre dans toutes les proportions
poraM» m aniL
imaginables. On tro®** même màjçoé parue os dernières le mélange de 12 | de djarif^ Î2 \ de tmh* et 75 de «dpétre qui forme noire poudre a cüu'jïl
Marcus donne les fanouks «ci antes pour préparer les feux qu’il appelle feux vtix*£t î :
< Huile de pétr&.r, ar iort; moelle de enuta ferula , six livres; soufre, u&e Hm: çrssm* dt biner, une frrre; huile de térébenthine, qtmsmé iftôeferauaée.
» Les feux voiasis, àà tmtort Motb, peuvent être but» de deux manières :
» t * On prend une pâme de colophane, autant de soufre, et deux parties de salpêtre : on dissout ce mélange pulvérisé dans de l’huile de lin ou de hun-zun: onèpiaee ensujl* cette composition dans un roseau oa dans un oitun créai, et I on y met le feu. Aussitôt il s’envole vers le but « incendie tout.
a 2° On prend une livre de soufre per, deux livres de charbon de vigne ou de saule, m iirres de salpêtre ; on broie ces substances avec beaucoup de soin dans un mortier de marbre. On met ensuite la quantité que l'on voudra de cette poudre dans un fourneau destiné à voler dans ^air ou à éclater. >
Les Grecs du Bas-Empire avaient surtout appliqué le fett grégeois à la guerre maritime; les Sarrasins n’en firent guère usage que dans les combats sur terre. Mais ils perfectionnèrent beaucoup ce genre d’appücatiou, et ce n’est pas sans étonnement qu’on lit dans l’ouvrage de MM. Reinaud et Favé la longue énumération des instruments, des machines, des engins de toutes sortes qui constituaient l’arsenal du feu grégeois. Chez les Arabes, les mélanges incendiaires étaient devenus l’un des principaux moyens d’attaque ; on avait étendu leur emploi à
(I) Les fexxc volants dont parle Marcus étaient des espèces de fusées très analogues aux nôtres. On n’en faisait point usage comme arme de guerre ; on s’en servait seulement dans les feux d’artifice. On verra plus loin cependant que c’est par l’observation de leurs effets que l’on a été conduit plus tard à imaginer les premières armes à feu destinées à lancer des projectiles.
5* <D!T. — ut. 18.
tonies les armes, à tous les instruments de guerre. Les Sarrasins attachaient le feu grégeois à leurs lances, à leurs boucliers ; ils le lançaient avec des flèches et avec des machines. Le nombre de ces machines était d’ailleurs très considérable et leur mécanisme très varié. On employait les arbalètes à tour, qui lançaient à l’ennemi le mélange enflammé ; les machines à fronde , destinées à jeter divers projectiles remplis de feu grégeois, tels que des pots de terre, des marmites de fer et même des tonneaux. Il y avait encore les lances à feu et les flèches à feu, dont les formes et les dispositions variaient beaucoup ; les massues à asperger, espèces de torches armées à leur pointe de feu grégeois brûlant, dont on couvrait son ennemi en brisant sur lui la massue ; on employait encore des tubes à main, qui lançaient en avant un jet de matières enflammées à la manière des fusées. En un mot, selon MM. Iteinaudet Favé, « chez les Arabes, le feu considéré comme moyen de blesser directement son ennemi, était devenu l’agent principal d’attaque, et l’on s’en servait peut-être de cent manières différentes (i). »
Un autre moyen qu’ont employé les Arabes pour jeter le désordre et la terreur dans les armées, consistait à lancer contre les bataillons ennemis des cavaliers montés sur des chevaux enveloppés de flammes. Nous rapporterons ici un passage de l’ouvrage de MM. Reinaud et Favé qui explique les moyens employés chez les Orientaux pour ce genre d’attaque.
« L’invasion des Tartares donna lieu, disent MM. Reinaud et Favé, chez les musulmans de l’Égypte et de la Syrie, à l’emploi d’un autre moyen qui joua un rôle important, et dont les traités arabes d’art militaire parlent assez au long. On sait que, dès la plus haute antiquité, les Indiens firent usage de substances ou de compositions incendiaires pour faire peur aux éléphants, qui composaient jadis dans l’Inde une partie principale des armées. Ces animaux effrayés répandaient le désordre autour d’eux, et
(1) Du feu grégeois et des feux de guerre, p. 51.
quelquefois il n'en fallait pas davantage pour décider du sort d'une grande bataille. Ce moyen était si bien connu, que lorsque après les conquêtes d’Alexandre les éléphants figurèrent dans les armées occidentales, on l’employa chez les Romains. Les musulmans d’Égypte et de Syrie, vivement pressés parles armées de Houlagou, eurent recours à des moyens analogues pour effrayer les chevaux de l’armée ennemie, et même pour brûler les cavaliers. Des artificiers armés de massues à asperger étaient chargés de répandre la terreur et le trouble par le bruit qu’occasionnait la combustion, et par la menace de répandre une matière brûlante sur le cheval et le cavalier ; quelquefois les guerriers portaient sous l’aisselle des flacons de verre remplis de matières incendiaires qu’on lançait sur l’ennemi. Le bout du verre était enduit de soufre. Au moment voulu, on mettait le feu au soufre ; le flacon, en tombant, se brisait, et le cheval avec son cavalier étaient enveloppés de flammes. En même temps on imagina des vêtements imperméables pour garantir les chevaux consacrés à ce service.
» On fit le passage suivant dans le manuscrit arabe de Saint- Pétersbourg :
» Manière d'effrayer la cavalerie ennemie et de la faire fuir . — » Ce procédé est de l’invention d’Alexandre. Tu revêtiras un bor- » nous de poil, et tu y disposeras des clochettes avec du naphte. » Voici comment. Tu prendras un cordon auquel tu attacheras » des boutons faits d’étoupe ; ce bornous sera imbibé d’huile » grasse depuis la tête jusqu’en bas. Au-dessus de la tête, tu » placeras un bonnet de fer garni d’un khesmanat de feutre rouge, » que tu arroseras de naphte. Tu prendras à la main une massue » à asperger, remplie de colophane en poudre, de sésame, de » carthame, de touz et de diverses espèces de graines à huile. Au » feutre rouge arrosé de naphte et placé sur la tête, on ajoutera » des fusées... Le cheval sera revêtu d’une manière analogue : » une couverture de poil lui enveloppera la croupe, le poitrail, le » cou et le reste du corps jusqu’au jarret. 11 sera aussi chargé de
» fusées Tu prendras une lance garnie des deux côtés de
s> feutre rouge et de plusieurs fusées. L’étrier sera garni de quels que chose propre à produire un cliquetis, ou de grosses son- » nettes. Le cavalier, en s’avançant, mettra le tout en mouve- * ment. Tu marcheras , accompagné de deux hommes à pied, » vêtus de noir, et portant des masses à asperger, telles qu’elles 9 ont été décrites. Partout où tu te présenteras, i’ennerai «••«n-
> dra la fuite. Dix cavaliers ainsi équipés feraient fuir une troupe t nombreuse. »
MM. Reynaud et Favé donnent, d’après le môme manuscrit, d’autres détails sur ce procédé de guerre.
« Manière de couvrir le cheval et le cavalier. — On prend du » feutre et l’on y applique une préparation protectrice ; puis ce » feutre sert de doublure (ou de revêtement extérieur) à la che- » mise (ou cotte) et aux couvertures (ou caparaçons). Celte pré- » paration se compose de vinaigre de vin, d’argile rouge, de talk j> dissous, de colle de poisson et de sandaraque. On a soin de bien
> mouiller la chemise, qui est de gros drap, avant d’y fixer les » sonnettes ; on mouille aussi la doublure qui est appliquée sur le » drap : cette doublure n'est pas autre chose que le feutre qui a » reçu la préparation protectrice. Ce procédé est très propre à » effrayer l’ennemi, surtout lorsqu’il est employé pendant la nuit, » car il donne une apparence formidable au groupe qui est ainsi » revêtu; en effet, l’ennemi ne se doute pas de ce qui est caché » sous ce déguisement qui offre, pour ainsi dire, un objet d’une » seule pièce. C’est une ressource précieuse pour quiconque veut » recourir à ce stratagème. Mais, d’abord, il est indispensable de » familiariser son cheval avec un équipement si étrange ; autrc- » inent, le cheval s’effaroucherait et renverserait son cavalier.
> Voici le moyen qu’on emploie : On bouche les oreilles du cheval » avec du coton, on tient prêtes les fusées... avec les sonnettes, » les massues et les lances ; on fait détoner un petit madfaa sur le s cheval, on fait fuser les fusées...; ensuite on débouche les » oreilles du cheval, l’une après l'autre. Cet essai se fait dans un
> lieu isolé, pour qu’on ne soit vu de personne. Même quand l’essai s est terminé, on ne revêtira les chevaux du caparaçon que dans » un lieu à part, et loin de tout regard. Étant ainsi habitués, si » l’on veut s’avancer au combat, les chevaux savent où on les » mène, et s’animent à l’attaque. S’il sont poussés contre un corps » d’armée, quel qu’il soit, ils le rompent. Mais il faut que, devant » chaque cavalier, un homme marche à pied, muni d’une massue » à asperger. Ce fut le moyen le plus efficace qu’on employa pour » repousser Iloulagou. Les rois doivent entretenir dans leurs » arsenaux ce qui est nécessaire pour en assurer l’effet, surtout
contre les ennemis de la religion ; si quelques-uns ont négligé ce
i moyen, c’est qu'ils n'en ont pas connu la puissance. Quand le > cavalier s’avance vers l’ennemi, les troupes doivent marcher » derrière lui : c’est une raison pour qu’il évite de revenir sur » ses pas ; autrement le désordre se mettrait dans les rangs, et i il s’ensuivrait une défaite. Qu’il marche sans crainte; personne » n’osera s’opposer à lui, ni avec l’épée, ni avec lance. »
» Il est dit, à la lin du passage, ajoutent MM. Keinaud et Favé, que lorsque l’arlilicier s’avance vers l’ennemi, toute l'armée doit se mettre en mouvement après lui. C’était pour profiler du désordre qui ne tardait pas à se mettre dans les troupes ennemies, l ue autre chose que l’auteur arabe ne dit pas, et à laquelle il fallait veiller, c’est que les matières incendiaires qui devaient jeter la terreur chez l’ennemi devaient être assez bien ménagées pour qu’on eût le temps de produire l’effet voulu avant qu’elles fussent consumées. Pour cela, on mesurait la distance que l’artificier avait à franchir ; et si l’on avait des raisons de croire que l’ennemi épargnerait une partie du chemin, on tenait compte de la différence. En pareil cas, la tactique de l’ennemi consistait à déjouer les calculs. En conséquence, il fallait que le général qui machinait celte espèce de surprise mît le plus grand mystère dans l'opération. C’est ce que fait entendre l’écrivain arabe, quand il dit que, même après que les chevaux étaient suffisamment dressés, on ne devait les revêtir du caparaçon chargé d’artifice que dans un lieu dérobé à tous les regards.
> Voici un exemple sensible de ce qui se pratiquait à cet égard. On était alors dans l’année 699 de l’hégire (1300 de J.-C.). J/armé^ du sultan d’Égypte en vint aux mains, aux environs i Éré->e en Syrie, avec l’armée de Gazan, khan des Mongols de Perse Suivant l’historien arabe Makrizi, au moment où l’action allait '.ommencer, Gazan ordonna à ses troupes de rester immo- . *•' ' de ne bouger que lorsqu’il en donnerait le signal. Tout a cinq cinq cents mamelouks égyptiens, choisis parmi les artificiers, battent des rangs de l’armée, leur naphte allumé, et s’élan- ■ ‘-ut 6* toute la vitesse de leurs chevaux; mais, au bout d’un certain temps, comme les Mongols étaient restés à leur place, le napine i -.teint, et les artificiers voient leurs espérances déçues. ■- *-> aure que Gazan commande la charge ( 1 ). »
’.l grégeois (Journal asiatique, IH40, n°16).
Ce ne fui point contre leurs voisins que les Arabes firent surtout usage du feu grégeois. L’art des feux de guerre avait depuis trop longtemps pris racine dans l’Asie pour que les Orientaux n’eussent point appris de bonne heure à se préserver de leur atteinte. Le feu grégeois fut principalement dirigé contre les chrétiens, dont les croisades amenaient les incessantes irruptions sur le soldes infidèles. On connaît, par les récits des historiens de ces guerres, l'épouvante que ces moyens de combat semaient dans les rangs des croisés. Il est d’ailleurs facile de comprendre la surprise et la terreur que devaient éprouver les Occidentaux, habitués aux luttes loyales de leur pays, où le fer n’avait que le fer à combattre, lorsque tout d’un coup ils se trouvaient en face d’une attaque si étrange et si imprévue. Quel que soit le courage du soldat, il n’aime pas à braver les périls doul il ne connaît point la nature; les dangers qui s’environnent d’un caractère surnaturel ou mystérieux glacent les plus intrépides cœurs. Or, l’emploi de ces feux îi la guerre ax ait quelque chose de magique en apparence, qui devait très vivement agir sur l’imagination des Européens. Ou’on se représente un chevalier chrétien enfermé dans son étroite armure, et qui tout d’un coup voit arriver sur lui , au galop de sou cheval, un musulman armé du feu grégeois. Avec la lance à feu , le Sarrasin dirige la flamme ardente contre le visage de son ennemi ; avec la massue à asperger, il couvre sa cuirasse du mélange enflammé, et le guerrier tremblant, éperdu îi cette apparition magique, se croit, avec horreur, ît demi consumé sous son armure brûlante.
Joinville, dans sa précieuse chronique , nous a laissé de curieux témoignages de l’impression produite par les feux des Sarrasins sur l’armée de saint Louis, qui vint porter la guerre aux bords du Nil en 1 248. On nous permettra de reproduire une partie du récit de ce chroniqueur naïf, historien et acteur
ces guerres lointaines.
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nos chair ecir-nx. îim* «.mimes »r* er irs»*r -«ch mes j^ros nos liantes. aots omîmes tsnonuer: ? icrron- ♦* riw-n me aiu n’est qn de ee m— i mus iew n-paiir» s u» l'est l»»*'! ier^» benoist créateur. vivmg -,n-- ;te t 5?». me -iip - *** -*t msn rs foiz iju iir ci:*.» recer'oit e ta r— - r„,ç» ^ taa.'ri te 3, «a «e
getle sur Jes waw. es t jsue'ua *t eu: a» bptt i ic*» 'vrgneur, en rr est :-mre T - .ih->aare. L’ -aru ms me es ïirrs rent le premier cnnn tu vu- mus mus nismes i vmite» et i genouLr. ics me e jmiti.iiis wr» *-ïmr ense'-n»*- Er ment > feu de cette ;e-uuere ira entre ms reert -laj nseir en. -ae place qui esîrtt ie-unr. ^i<r:eùe j~ uti£ Sirte *•'* ~ius mur estoupper le îeu-e. fs m ' iccrtent 5 ,t wnt '* ÿu rrar me h omise qœ M«a a - .*«s ;r »or* » » aire, la su%r» in :eu pçgeois esto;t te e. r; i itou teunt us s zr;* rte tzüï :a~
neau, et de irarât*..* a .*>: > -a : :: .-s itea ■■ r.. e ;i* v; y; canne de ç.iv» T. :ei hr. t i t-mit. r.’i «en.\-:c£ que ce fiut fcujtre nr -terst ■*; e*ei. et s»e «triri F-n r~tii dragon rotait ta.* . et h piit .ar-, rt - â.s : t
aussi cler dei y.*.i K«frt .et ttetr..* :«e ;:ur. * irt t iT.-rè rri^t flamme de feu. T* i* i: - * r<"re z-.rs z~ r ~*v k - t - * dt: vc
grégeois are: *e terrrere et rr.s.r* t'~i nen i'irte este à : )cr.
Et tontes les f y* rre r. ,-rr* les R-ry «.nrî L:-t* : v :-ît çu -j o'os gettoient ainsi *e :e - ;. iî «e t ï terr*. et tetsi "t «es rr » ?s h face levée au et rry.l à ia rte T.n à cc«îre Sevieur et «r«c»t
(1) I jï* ri » iî ;«î* I rzrjjf éjxe; -r b.î:te~r’t 4es
tours de bois -a.-.s ee-r ;e.. *e rer.ierBtioeiî itnsl b e^iî tes sci-ats qui devaient 'léfer.dre iei tmvn îtertewé». Les Frar.- ai^ toiiax-t à se frayer n passade i ~ ai « bcaæies oneau.es du >ù. Ils a» j*rïî construit ur.<- <Ji»æ p' ur traverser te fieave; à dr»>i;e « a p«î< Ar cette digue ib avisent ç àVjh ces cKi: rkiu-Lx >îae tes c.us'il 'J~> s forçaient <l’ incendier pendant ta nuit pis a empéccer k jsasîaÿr vie l’armée ennemie.
en pleurant à grans larmes : beau sire Dieu Jésus-Christ garde moy et toute nia gent ; et croy moy que ses bonnes prières et oraisons nous eurent bon mestier. Et davantage, à chacune foiz que le feu nous estoit cheux devant, il nous envoyoit ung de ses chambellans, pour savoir en quel point nous estions, et si le feu nous avoit grevez. L’une des foiz que les Turcs getterent le feu, il cheut de couste le chaz chateil que les gens de monseigneur de Corcenay gardoient, et ferit en la rive du lleuve qui estoit là devant, et s en venoit droit à eulz, tout ardant. Ettantoust veez cy venir courant vers moy un chevalier de celle compagnie qui s’en venoit criant : Aidez nous, sire ou nous sommes tous ars. Car veez cy comme un grant haie de feu grégeois, que les Sarrazins nous ont traict, qui vient droit à nostre chastel. Tantoust courismes là, dont besoing leur fut. Car ainsique disoit le chevalier, ainsi estoitril et eslaignismes le feu à grant ahan et malaise. Car de l’autre part les Sarrazins nous tiroient à travers le fleuve trect et pilotz dont nous estions tous plains (t). »
Le feu grégeois, dont il est question dans ce curieux passage, était lancé par différentes machines, telles que les arbalètes à tour , les flèches à mangonneau, etc. , dont MM. Heinaud et Favé ont restitué avec beaucoup de bonheur les descriptions et les figures. Joinville parle plus loin du feu grégeois lancé directement à la main par des soldats ou des vilains.
« Devant nous avoit deux heraulz du Roy, dont l’un avoit nom Guillaume deBron, et l’autre Jehan de Gaymaches, auxquels les Turcs qui estoient entre le ru et le fleuve, comme j’ay dit, amenèrent tout plain de villains à pié, gens du païs, qui leur gettoient bonnes mottes de terre, et de grosses pierres à tour de braz. Et au damier ils amenèrent ung autre villain Turc, qui leur gecta trois foiz le feu grégeois, et à l’une des foiz il print à la robe de Guillaume de Bron et l’estaignit tantost, dont besoing lui fut. Car s’il se fust allumé, il fust tout hruslé.
» Vous diray tout premier de la bataille du conte d’Anjou,
qui fust le premier assailly, parce qu’il leur estoit le plus prouche du cousté de devers Babilone. Et vindrent à lui en façon de jeu
(i) Joinville, Histoire du roy saint Loys, 16t>8, p. 39.
POUDRES DE GUERltE. 325
d'eschelz. Car lenrs gens à pié venoient courant sus à leurs gens, et les brusloient du feu gregeois, qu'ilz gectoient avecques instruments qu’ilz avoient propices. ... tellement qu’ilz deconlirent la bataille du conte d’Anjou lequel estoit à pié entre ses chevaliers à moult grant malaise. Et quant la nouvelle en vint au Jtoy, et qu’on lui eut dit le meschief ou estoit son frere, le bon Jtoy n’eut en lui aucune tempérance de soy arrester, ne d’attendre nully; mais soudain ferit des espérons, et se boute parmi la bataille l’espée au poing, jusques au meilleu ou estoit son frere, et très asprement frappoit sur ces Turcs, et au lieu où il veoit le plus de presse. Et là endura-t-il maints coups, et lui emplirent les Sarrazins la cullière
de son cheval de feu gregeois De l’autre bataille estoit maître
et capitaine le preudoms et hardy messire Guy Malvoisin, lequel fut fort blécié en son corps. Et voians les Sarrazins la grant conduite et hardiesse qu’il avoit et donnoit en sa bataille, ilz lui tiroient le feu gregeois sans fin, tellement que unefoiz fut, que a grant peine le lui peurent estaindre ses gens ; mais nonobstant ce, tint-il fort et ferme, sans estre vaincu des Sarrazins (1). »
Comme tous les chrétiens, dont il partagea les périls, Joinville avait conçu une grande épouvante des effets du feu grégeois, et cette impression est clairement reconnaissable dans l’exagération de ses récits. Il faut bien le reconnaître, en effet, le feu grégeois, qui avait exercé de grands ravages dans l’origine, et quand on l’employait à incendier des navires ou à détruire les travaux de défense des cités, était peu redoutable dans les combats corps à corps. Ce n’était, à vrai dire, qu’une sorte d’épouvantail. Éminemment propre à incendier des barques, de petits bâtiments, des tours de bois, des palissades, objets très combustibles, il était moins redoutable pour les hommes que le fer des lances ou l’acier des épées. Dans toutes les chroniques qui parlent du feu grégeois pendant les croisades, il n’est pas
(1) Plusieurs autres historiens ont parlé avec détail de ces projectile> incendiaires dont les Arabes tirèrent un si grand parti dans toute la durée des croisades ; mais nous avons cru pouvoir nous en tenir aux récits de Joinville, dont la fidélité comme chroniqueur estasse/, établie.
5* édit. — m. 49
326 DÊCOlIVEHTBS SCIENTIFIQUES,
dit une seule fois, selon M. Lalanne, qu’on doive lui attribuer la mort d’un homme. Comme on le voit dans les récits de Joinville, Guillaume de Brou en reçoit un pot sur son bouclier, saint Louis en a la cullière de son cheval toute remplie , Guy Malvoisin en est tout couvert, sans qu’il en résulte pour eui aucun accident sérieux. On voit, d’après cela, dans quelles erreurs sont tombés les historiens, qui, d’après les récits de Joinville, ont si démesurément grossi les effets du feu grégeois; et combien il y avait loin de ces projectiles qui, « lancés * « la face de l'ennemi et leur bridant la barbe, leur faisaient » prendre la fuite (1), » à ce feu qui, selon Lebeau, « dévo- » rail des bataillons entiers. »
ML Lalanne fait remarquer avec raison que si le feu grégeois eiU été aussi puissant dans ses effets que l’ont dit les écrivains modernes, il aurait indubitablement opéré une révolution dans l'art de la guerre. Or il n’eu est rien, et tous les ouvrages originaux de cette époque montrent que le feu grégeois était loin d’avoir fait abandonner les projectiles, même les plus grossiers, eu usage de toute antiquité. Ainsi l’empereur Léon ordonne de lancer sur les navires ennemis, de la poix enflammée, des serpents, des scorpions et autres bêtes venimeuses, « et des » pots pleins de chaux vive, qui, en se brisant, répandent une » épaisse fumée dont la vapeur suffoque et enveloppe d’obscu- » rité les ennemis. »
C’est ici le lieu de relever une a\itre erreur accréditée par tous les historiens ; nous voulons parler de la prétendue inextinguibilité du feu grégeois. Au dire de tous nos auteurs, l’eau était impuissante à éteindre l’incendie allumé par ce feu : le vinaigre, le sable ou l’urine pouvaient seuls arrêter ses ravages. Ce préjugé existait, en effet, chez les chrétiens, mais il n’était que le résultat de la terreur qu’inspiraient les mélanges
M) Anne Couinône» Aleœiadc, liv. Mil, p. 283.
FOUDRES DE GÜERRE.
incendiaires. Les écrivains de l’époque ne font nulle part mention de ée fait, et l’examen le moins attentif des textes originaux aurait sulli pour le réduire à sa juste valeur. Il y avait dans l’armée des croisés des estaigneurs, pour éteindre l’incendie allumé par les feux des Arabes ; c’est ce qu’indique Joinville dans ce passage « fut estaint le feu par ung homme » que nous avions propre à ce faire. » Joinville dit, en parlant de Guy Malvoisin : « une fois fut que à grand peine le lui » purent éteindre ses gens. » Il ajoute ailleurs que le feu grégeois ne leur fit aucun mal , parce qu’il tomba dans le fleuve. Mais un autre texte tranche la question d’une manière bien plus concluante encore. Ginname, parlant d’une chasse donnée par des Grecs h un navire vénitien, s’exprime en ces termes :
« Les Grecs le poursuivirent jusqu’à Àbydos et s'efforcèrent de le brusler en lançant le feu mède ; mais les Vénitiens, accoutumés à leur usage, naviguèrent en toute sécurité, ayant recouvert et entouré leur navire d’étoffes de laine imbibées de vinaigre. Aussi les Grecs s’en retournerent-ilz sans avoir pu rien faire ni atteindre leur but ; car lefeu lancé de trop loin, oune parvenoit pas jusqu’au basliment, ou, atteignant les estoffes, estoit repoussé, eta’eateignoit en tombunt dans l eau (I). »
Ces textes, empruntés au mémoire de M. Lalauue, prouvent que le feu grégeois n’était nullement, comme on l’a toujours prétendu, à l’abri des atteintes de l’eau. On a vu d’ailleurs, à propos des brûlots employés chez les Byzantins, que le feu grégeois destiné à incendier les navires n’était préservé de l’action de l’eau que par l’artifice de l’appareil qui le tenait suspendu à la surface de la mer et hors de l’atteinte des vagues.
il ne faudrait pas cependant conclure de celte observation que, dans certaines limites, le feu grégeois ne pût résister à
(1) Cinnamus, p. 129.
32N DÉf.OUVEHTES SCIENTIFIQUES,
faction de l’eau. La présence du salpêtre, qui fournissait au mélange incendiaire assez d'oxygène pour que sa combustion pût se passer de l’oxygène atmosphérique, pouvait lui permettre de brûler pendant quelque temps hors du contact de l'air. Plusieurs de nos pièces d’artifice de guerre peuvent , de la même manière, brûler quelque temps sous l’eau, et tous nos canonniers savent qu’ils ne peuvent empêcher leur lance à feu de brûler aulrqpient qu’en la coupant. Si, pour l’éteindre, ils mettaient le pied sur la partie qui flambe, ils brûleraient leur soulier sans y parvenir. Mais il y a loin de cet effet momentané à tout ce qu’ont écrit les historiens sur ce feu « que l'eau nourrissait au lieu de l'éteindre. »