PROPRIÉTÉ
(le poids de la substance = i).
Colle cristal (blanche). Gigodot, à Lyon.
Très résistante (dure).
3 fois a .
Cogniet, n° 3 (blanche)
Résistante.
4 fois.
Cogniet (sorte jaune)
Résistante.
4 fois.
Colle de poisson naturelle
Résistante, perméable.
5 fois.
Gélatine Nelson (légèrement jaune, en feuilles)
Résistante, assez perméable.
5 fois.
Gélatine de Strasbourg (jaune'
Molle.
7 fois.
Gélatine colle de poisson
Molle, ne reprenant pas, très perméable.
8 fois.
Grenetine, n° 3 (jaunâtre)
Molle.
7 fois.
Grenetine, n° 2 (plus blanche)
Molle.
8 fois.
Grenetine. n" 1 (blanche)
Très molle.
8 fois.
I.e tableau ci-dessus résume les résultats de quelques expériences; on voit que plus la gélatine est résistante, moins elle absorbe d’eau.
La colle de poisson que le commerce livre sous forme de feuilles de gélatine est acide. Cela tient sans doute à la méthode employée pour l’extraire de la colle naturelle ; c’est parce traitement sans doute aussi qu’elle perd la faculté de reprendre en gelée quand elle a été dissoute une première fois. La colle de poisson naturelle est neutre, mais elle est moins perméable que la première. Mélangée avec certaines autres gélatines, elle donne d’excellents résultats. Les clichés qu’elle fournit ont une coloration agréable et beaucoup moins verte qu’avec la plupart des autres gélatines.
A l’état naturel, Tichthyocolle est mélangée de membranes et de fibres dont il faut la séparer. Cette opération se fait très facilement. On commence par choisir la colle de poisson, puis on la coupe en petits fragments qu’on laisse séjourner pendant quarante-huit heures dans l’eau froide. Elle se gonfle très légèrement et néanmoins se trouve préparée pour être dissoute. Il faut alors la mettre sur un bain-marie que l’on maintient pendant une heure à la température de l’ébullition. Quand la dissolution est complète, on la filtre chaude et on la verse dans une cuvette disposée horizontalement. Par le refroidissement, elle se prendra en gelée transparente qui ne doit pas avoir plus de trois ou quatre millimètres d’épaisseur, afin que la dessiccation puisse se faire promptement. Quand la gelée est devenue très ferme, elle forme au fond de la cuvette une feuille mince que l’on divise en bandes étroites, en s’aidant pour cette opération d’une lame de verre d’une largeur moyenne.
La fl g. I fera aisément comprendre la manière d’opérer.
Fig. I.
Ainsi que cette figure l’indique, les bandes, en se séparant de la cuvette, se replient sur elles-mêmes. Il faut les remettre à plat et les disposer sur des claies ou mieux sur des châssis garnis de filets tendus, comme l’indique la fig. i. Ces châs-
Fig. 2.
sis seront placés de telle sorte que l’air puisse circuler librement. Au bout de deux jours la gélatine aura perdu assez d’eau pour supporter sans se dissoudre une douce chaleur qui en achèvera la complète dessiccation.
Avant de terminer ce Chapitre, nous devons insister sur une précaution utile et qui peut éviter des insuccès. Quand on aura fait choix pour l’émulsion d’une ou plusieurs sortes de
gélatine, on devra diviser la provision (ooo®’’ au moins) en petits fragments et les mélanger avant de s’en servir. De cette façon on évitera les défauts qui pourraient dépendre de quelques feuilles et qui, répartis dans la quantité, se trouveront très amoindris.
On voit par ce qui précède qu’il est très difficile d’établir sur les gélatines des théories certaines. Nous nous trouvons en présence d’une matière dont la nature est trop variable pour qu’il en puisse être autrement. Néanmoins, espérons que les indications que nous avons données pourront être de quelque utilité à ceux qui pratiqueront le procédé d’émulsion au bromure d’argent par la gélatine.