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PRÉPARATION DE L’ÉMULSION

1° Préparation du bromure d’argent.

Dans le procédé à la gélatine, le choix des bromures solubles destinés à la préparation du bromure d’argent a une moins grande importance que dans le procédé au collodion. Cependant il est indispensable qu’ils n’exercent aucune action sur la matière organique. Quelques bromures à base métallique coagulent en partie la gélatine; ils doivent être rejetés. Il ne faut pas qu’ils soient acides; ils doivent être neutres ou alcalins. IS^os recherches ont été faites avec les bromures de potassium et d’ammonium, et nous croyons que ce dernier est préférable s tous les autres. Le bromure d’argent qu’il fournit est très sensible et très divisé. Le nitrate d’ammonium résultant de la double décomposition est sans action sur la gélatine.

La sensibilisation de l’émulsion nous amène à résoudre cette question : l’émulsion doit-elle être produite en présence d’un excès d’argent ou d’un excès de bromure; ou enfin le sel d’argent et le bromure doivent-ils se neutraliser exactement?

Dans les émulsions par le collodion nous avons démontré dans notre travail ('), et la pratique l’a confirmé, qu’il est nécessaire que le bromure d’argent soit formé en présence d’un léger excès d’argent, afin d’obtenir une plus grande sensibilité. Nous avons insisté pour que cet excès soit faible, sans quoi la matière organique (le coton) se combinerait avec l’argent et produirait des voiles pendant le développement de l’image. Pour la gélatine, il n’en est pas de même : le moindre excès d’argent est nuisible et a pour effet une coloration des clichés au moment du développement.

Si le développement se fait par l’ammoniaque, cette coloration est rouge par transparence et bleue par réflexion. Avec le révélateur aux sels de fer, elle se manifeste par un ton verdâtre assez accentué dans les ombres. Il faut de toute nécessité éviter ce qui pourrait mettre en présence la gélatine et le nitrate d’argent. Ce point est d’autant plus important que certaines gélatines paraissent avoir autant d’affinité que le bromure alcalin pour le sel d’argent, de sorte qu’on ne peut éviter une combinaison de la matière organique, qui a lieu en même temps c[ue la formation du bromure d’argent. Nous ne saurions trop insister sur les effets nuisibles de cette affinité. Nous donnons une manière d’opérer qui met en grande partie l’opérateur à l’abri des insuccès dont cette combinaison serait la cause directe.

La preuve de ce que nous avançons est facile à démontrer par une expérience très simple. Si dans une solution neutre de gélatine on introduit quelques centigrammes d’azotate

[') Photographie par émulsion sèche au bromure cT argent pur. Paris, Gauthier- Villars; 1877.

d’argent neutre, il y a combinaison immédiate, et si l’on conserve cette solution liquide pendant quelques heures, on trouve à l’analyse que la solution ne contient plus d’argent libre. (Il est bien entendu que la quantité d’azotate d’argent à introduire ne doit pas dépasser la proportion que la gélatine peut absorber dans la combinaison.)

Un des grands ennuis des amateurs est de ne pouvoir toucher au nitrate d’argent sans se tacher les doigts. Ces taches, qu’on ne peut faire disparaître qu’avec des réactifs énergiques, donnent encore la preuve de la grande affinité des matières organiques en général pour les sels d’argent. Entre notre peau et la gélatine, il y a beaucoup d’analogie. On pourra nous dire ; « C’est précisément à ces effets que l’on attribue la grande sensibilité de l’émulsion par la gélatine, et vous les rejetez. » Oui, et jusqu’à preuve dûment établie du contraire nous maintiendrons cette opinion qu’entre le sel d’argent et toute matière organique il ne doit s’exercer aucune action directe.

Si l’on croyait devoir insister et nous dire que plusieurs formules publiées indiquent un excès d’argent, nous répondrions encore que, sans préjuger du soin apporté aux opérations, on a pu être trompé par la nature des produits livrés par le commerce. Pour former méthodiquement du bromure d’argent, sans excès de l’un ou de l’autre sel entrant dans la double décomposition, on prend un équivalent de bromure et un équivalent d’azotate d’argent. Or il y a souvent un grand écart entre la théorie et la pratique. Pour ne citer qu’un exemple : le bromure d’ammonium a pour formule AzEf*Br et son équivalent est 97,996; l’azotate d’argent AgOAzO® a pour équivalent 169,97, d’où il résulte que de bromure

Cu.vuDON. — Emulsion sensible. 2

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Catalogued «Sl Indexed 1930 by Hal. D. Liernstein, Librarîan

d’ammonium chimiquement pur exige, pour être converti en bromure d’argent, d’azotate d’argent. Or, avec ces

proportions, on obtient avec les produits du commerce iin excès très sensible de bromure. Le plus souvent, pour avoir un excès de o,o5 d’argent, il faut pour de bromure 86 d’azotate ( ’ ).

Nous insistons sur la nécessité de faire des analyses : c’est le plus sûr moyen de trouver de la constance dans les résultats.

2° Formules des émulsions.

Avant d’indiquer nos formules, nous tenons à faire observer que, pour avoir un maximum de sensibilité, l’émulsion doit contenir la plus grande quantité possible de sel sensible ; et l’on n’arrive à ce résultat qu’en proportionnant la quantité de gélatine à celle du bromure d’argent qui doit rester en suspension.

Pour la sensibilisation et toutes les opérations qui la suivent, la lumière qui éclaire le laboratoire a une importance capitale. L’émulsion à la gélatine est extrêmement sensible et les voiles produits ont très souvent pour cause la nature de cette lumière. On devra donc apporter la plus grande attention à l’éclairage du laboratoire. Une lanterne garnie de doubles pellicules à la cbrysoïdine nous a paru ce qu’il y avait de préférable.

Tons les détails qui précèdent étant bien établis, nous en-

(') Cet écart entre la théorie cl l'expérience ne peut tenir qu’à l’état de pureté des produits, à leur degré d’humidité, etc. On fera donc une chose utile, quand on renouvellera ses produits, d’en fixer d’avance la richesse. Cette précaution permettra d’agir méthodiquement.

Irons dans la mise en pratique du procédé. Voici les formules qui servent à la préparation de l’émulsion.

1° Gélatine bromurée.

Eau 6ü''“

Bromure d’ammonium (AzlE Br) G*''

Gélatine Nelson (enfeuilles) 4S‘’

Colle de poisson (gélatine ou naturelle). ... 4°‘’

Cette formule est très convenable pour une température extérieure moyenne, c’est-à-dire au printemps et à l'automne. En hiver, nous augmentons la proportion de la colle de poisson ou nous la remplaçons par une gélatine tendre et facilement soluble (par exemple la grenetine n° 2 ou 3). Il est bien entendu que la gélatine "Nelson sera diminuée dans la même proportion.

Les meilleures gélatines à employer en été sont celles (jni présentent le plus de ténacité, qui font prise en peu de temps à une température relativement élevée. La gélatine Cogniet (superextra) en feuilles épaisses remplit très bien ce but. Il suffira de la mélanger, en la faisant entrer pour un tiers ou un quart dans le poids total, avec de la gélatine Cogniet (feuilles minces et blanches) employée pour l’usage alimentaire. On peut encore remplacer cette dernière par la gélatine Nelson indiquée dans la formule ou même par la coile de poisson. Dans ce dernier cas la proportion sera celle-ci :

Gélatine Cogniet (superextra, feuilles épaisses) 4®"

Colle de poisson 5.«‘'

2° Solution d’argent.

Eau Go"

Azotate d’argent (AgOAzO^) io«'',8o

Après avoir pesé très exactement les de bromure, on les fera dissoudre dans les 60®*^ d’eau contenus dans un ballon, puis on ajoutera les gélatines coupées en fragments.

Les gélatines se gonflent dans l’eaxi bromurée *, elles peuvent rester quelque temps dans cet état, mais nous préférons les faire dissoudre par une douce chaleur et les laisser reprendre en gelée. Cette précaution est surtout avantageuse quand on n’est pas prêt à faire la sensibilisation.

D’autre part on pèsera, toujours exactement, les los®, 80 d’azotate d’argent, que l’on fera dissoudre dans 60®® d’eau distillée. Tout étant disposé, il faut amener àla même température (3o° environ) les deux solutions; puis verser par petites parties, et en agitant vigoureusement, la solution argentique dans la gélatine bromurée. 3o®® d’eau légèrement chauffée seront employés à laver le flacon contenant l’argent et ajoutés à l’émulsion. Il est très important de ne pas intervertir l’ordre des opérations. Cetle importance ressort des expériences que nous avons signalées au commencement de ce Chapitre ; elles confirment de la manière la plus absolue le principe que nous avons émis, à savoir qu’il ne doit y avoir aucun contact direct entre la gélatine et le nitrate d’argent. C’est aussi pourquoi nous insistons pour que l’émulsion soit préparée sans excès d’argent. Or, qu’arriverait-il si, au heu de verser la solution argentique dans la gélatine bromurée, on faisait le contraire? La matière organique se trouverait dès le commencement de la préparation en présence d’un excès d’argent et entrerait en combinaison avec lui. De là des teintes colorées, le plus souvent rouges, qui se manifestent au développement des clichés.

L’émulsion du bromure d’argent par la gélatine se produit

très facilement, mais elle n’est pas toujours excellente : cela peut dépendre du soin qu’on aura apporté à la préparer. INous engageons très fortement à se servir d’un petit appareil mis en usage par M. Davanne pour l’émulsion au collodion {fig. 3).

Cet appareil est formé par la superposition de deux ballons à fond plat dont l’inférieur est plus grand que le supérieur, afin qu’il puisse reposer sans crainte d’être entraîné par le

Fîr. 3.

poids provenant de la hauteur de l’appareil, et aussi pour offrir un plus grand espace au mélange.

Ces deux ballons sont reliés entre eux par un même bouchon, lequel est traversé par un tube qui affleure sa partie supérieure et qui se prolonge jusqu’au centre du grand ballon ; son extrémité est un peu rétrécie.

La gélatine bromurée est introduite dans le grand ballon et la solution d’azotate d’argent dans le plus petit. Après avoir porté les deux liquides à la même température, on ferme l’appareil. On secoue ensuite vivement de manière à mélanger les deux liquides. En employant cette méthode

pour préparer l’émulsion, on obtient une division parfaite du bromure d’argent.

Nous avons fait une modification que nous voulons signaler j)arce qu’elle nous offre plus de garantie. Les proportions finales restent les mêmes que dans la formule (p. 19); seulement, pour écarter toutes les causes d’insuccès qui pourlaient résulter de la préparation, nous avons pensé qu’il serait avantageux de diminuer, pend;mt la sensibilisation, la proportion de gélatine, afin d’éviter en partie son contact avec l’azotate d’argent. Voici la forimde modifiée:

Eau 55“

Bromure d’ammonium (AzH^Br) 6®'

Gélatine Nelson (en feuilles) 2^''

Gélatine colle de poisson (ou naturelle) 2^''

Eau 55“

Azotate d’argent (AgOAzO^) io*'‘',8o

Gélatine Nelson (en feuilles) 2^''

Colle de poisson (gélatine ou naturelle) s*’'"'

Les gélatines du n° 3 auront été préalablement gonflées dans l’eau et en absorberont environ 25*^*''.

On procède ainsi : après avoir pesé le bromure, on y ajoute r^^cc distillée ou de pluie, puis on y fait gonfler les géla-

tines indiquées pour le 11° 1 . La sensibilisation se fait de la même manière que dans notre première formule. Le ballon contenant l’argent sera lavé avec 25^^ d’eau légèrement chauffée qui seront ajoutés à l’émulsion. Il est important pour

cette opération de n’employer qu’une très faible chaleur, juste le degré nécessaire pour que la gélatine reste fluide. Si la température était trop élevée, comme la proportion de gélatine est relativement faible, on aurait à craindre la précipitation d’une partie du bromure d’argent.

L’émulsion ainsi préparée doit rester environ une demiheure dans un bain-marie maintenu à une faible température.

Jæ moyen qui nous a paru le plus régulier consiste à placer ce bain-marie sur une simple veilleuse. Après cette demiheure, on ajoutera le n° 3.

Les gélatines gonflées se dissoudront très facilement, surtout si l’on a soin de remuer quelques instants. Pour que l’émulsion atteigne une grande homogénéité et son maximum de sensibilité, il est nécessaire de la maintenir pendant cinq heures et plus dans le bain-marie. Il est utile de l’agiter de temps en temps.

Afin de s’assurer qu’il n’y a pas eu d’erreurs dans les préparations, nous avons toujours recours à l'analyse. Pour cela nous versons, une ou deux heures après la sensibilisation, 2“ ou 3^^ d’émulsion sur une glace, où nous la laissons faire prise (cette analyse se faitàla lumière du jour), puis nous la détachons par fragments que nous lavons avec une très petite quantité d’eau. On filtre et 011 ajoute quelques gouttes d’azotate d’argent à i pour 100 clans l’eau. Si ce réactif produit un léger trouble bleuâtre, l’opération est bien faite. Si ce trouble se produisait, non plus avec l’azotate d’argent, mais avec quelques gouttes d’une solution de chlorhydrate d’ammoniaque, il indiquerait alors un excès d’argent et l’émulsion serait perdue. On fera donc une chose utile en divisant l’eau de lavage en deux parties, de manière à rendre

l’analyse certaine. Après filtration renouvelée, l’eau de lavage reste un peu trouble et la vérification est un peu difficile; néanmoins, avec quelque habitude, on parvient à s’en rendre compte assez exactement.

Après la sensibilisation, l’émulsion cojitient de la gélatine, du bromure d’argent et du nitrate d’ammonium provenant de la double décomposition. La présence de ce dernier sel serait nuisible, il faut l’éliminer par des lavages (‘).

( ‘ ) De même que la gélatine permet de tenir en suspension le bromure d'argent à l’état de division infinie, elle peut encore être mélangée a des substances inertes et recevoir une application dans la confection des surfaces remplaçant les verres dépolis. Il suffit d’utiliser cette extrême division en incorporant dans la gélatine deux sels qui, par double décomposition, donneront un produit insoluble. Le sulfate de baryte se prête mieux qu’aucun autre corps à cette opération. Voici la formule que nous employons; elle est très-simple :

Eau 1 00"=

Chlorure de baryum fi®''

Gélatine 5®’'

Eau 100"=

Sulfate de soude iS®'

Gélatine 5^'

On fait dissoudre séparément le chlorure de baryum et le sulfate de soude dans les loo'” d’eau. On y ajoute, toujours séparément, les Ss' de gélatine de chaque solution. Après gonflement, on dissout au bain-marie, puis on verse peu à peu et en agitant le n» 2 dans le n° 1. Le précipité qui se forme est du sulfate de baryte. 11 reste dans la solution du chlorure de sodium qu’il faut éliminer par lavage, ce que l’on obtient par les moyens déjà connus. Les proportions que nous indiquons ne sont pas rigoureuses. 11 est en effet indiflérent que le sulfate de baryte se trouve mélangé a une petite quantité de chlorure de baryum ou de sulfate de soude, puisque ces sels, étant solubles, sont enlevés par les lavages.

En laissant sur la glace plus ou moins de gélatine barytée, on obtiendra naturellement plus ou moins de transparence; mais, quelle que soit la couche, elle aura toujours une finesse extrême.

11 est utile de filtrer cette émulsion avant de l’étendre sur les glaces. Les glaces.

3° Lavage de l’émulsion.

On commence par mettre une cuvette à peu près de niveau, puis on y filtre la gélatine encore chaude à l’aide d’une petite touffe de laine cardée placée dans le fond d’un entonnoir. Nous conseillons de se servir pour cette opération d’un appareil, construit par M. Brewer, spécial pour filtrations chaudes. Si après filtration on trouvait dans l’entonnoir une petite quantité de bromure d’argent aggloméré, il ne faudrait pas s’en préoccuper.

Afin de rendre l’émulsion plus ferme, nous conseillons de la placer dans un endroit frais et autant que possible à un courant d’air. Après trois heures la gélatine sera suffisamment prise pour être divisée, à l’aide d’une lame de verre ou de platine, en très petits fragments que l’on immergera dans une capsule remplie d’eau aussi froide que possible; puis on remuera énergiquement. Quelques instants de repos réuniront la gélatine au fond du vase; on pourra donc retirer cette première eau par décantation. L’eau sera alors renouvelée et le mélange jeté vivement sur un filtre en mousseline. La gélatine sera entraînée et viendra se fixer au fond du filtre.

Pour obtenir un lavage facile et remplissantle but proposé, nous avons adopté la disposition suivante {fig- 4)-

préparées et séchées, devront séj uirner quelque temps dans une solution de tannin à 2 pour 100; puis elles seront lavées de nouveau avant le séchafie définitif.

Nous devons ajouter que la gélatine barytée prend beaucoup de transparence en séchant. Tl sera donc nécessaire de faire un essai préalable pour déterminer la quantité d’émulsion à laisser sur la glace. Si, par suite d’une erreur, le dépoli se trouvait trop mat, il est facile de lui donner la transparence nécessaire en vernissant la couche de gélatine avec du vernis à l'ambre dissous dans la benzine.

L’appareil est, comme on le voit, d’une très grande simplicité. Il se compose d’un vase très élevé, muni à sa partie inférieure d’un robinet et garni en haut d’une sorte de chausse en mousseline. La gélatine est placée dans le fond de la chausse; le vase est empli d’eau jusqu’à deux ou trois centimètres au-dessus de la gélatine. Le lavage s’opère automatiquement. L’eau se chargeant des sels solubles contenus dans l'émulsion descend au fond du vase et est remplacée par

Fig. l\.

l’eau, j)lus légère. Pour hâter le lavage, on renouvelle l’eau, en retirant par le robinet celle qui a déjà servi. En répétant deux ou trois fois cette opération, on obtient un lavage complet.

Nous faisons une analyse de la dernière eau, afin d’opérer avec certitude.

4'’ Émulsion sèche.

Le procédé le plus simple et en même temps le plus pratique pour faire l’émulsion sèche consiste à immergerla géla-

tine Lromurée, après l’avoir bien égouttée, dans de l’alcool que l’on renouvelle plusieurs fois. Après plusieurs lavages, on l’égoutte de nouveau et la dessiccation s’opère assez promptement. Cependant nous préférons agir un peu différemment.

Quand le lavage de la gélatine bromurée est terminé, nous la faisons refondre et nous la filtrons dans une cuvette, de manière que la couche qu’elle produit n’ait pas plus de deux millimètres d’épaisseur. Nous la laissons se prendre, puis, sans la détacher, nous la coupons par bandes d’une largeur d’un centimètre. En cet état elle est recouverte d’alcool, qui pénètre par les divisions. Cet alcool se charge d’une grande partie de l’eau contenue dans la gélatine, de sorte qu’en le renouvelant l’eau est presque entièrement éliminée, et l’on obtient un produit facile à dessécher. Avant de détacher les petites bandes, il faut les égoutter pendant une heure environ, puis les étendre avec soin sur des châssis garnis de filets à mailles serrées.

Dans toutes les opérations de séchage où la gélatine se trouve mélangée au sel d'argent, nous excluons l’usage delà chaleur ; elle peut être la cause de beaucoup d’insuccès. Nous préférons abandonner les préparations dans des courants d’air convenablement disposés. Le séchage s’opère du reste assez rapidement. Par l usage de l’alcool, deux jours suffisent pour amener à l’état d'émulsion sèche la gélatine bromurée.

Cette émulsion se conserve bien, à la condition toutefois d être mise dans des flacons et non dans des boîtes en carton .

Avant de redissoudre l’émulsion sèche, il est nécessaire de

la faire gonfler dans l’eau pendant deux ou trois heures. C’est après ce temps qu’on la portera au bain-marie. Il faut avoir soin que la dissolution soit complète. La proportion à suivre est celle-ci :

Émulsion sèche 6«'' à 8^“'

Eau 1 00"

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