‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 23 sur 83 · QUATRIÈME OPÉRATION DÉVELOPPEMENT DE LIMAGE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OPÉRATION DÉVELOPPEMENT DE LIMAGE

Pour une glace normale, mettez environ 25 centimètres cubes de la première solution dans le verre à arroser, tenez la glace horizontalement, comme pour la collodionner (1) ; répandez le liquide sur la couche impressionnée, de telle sorteque la surface en soit entiè-

(1) On pourrait placer la glace sur un support à niveau pour la soumettre à l'action de l'agent révélateur; c'est le mode suivi par quelques photographes , qui redoutent les taches aux mains, sans songer à celles qui, par ce moyen, se produisent infailliblement sur le cliché. — Notre manière d'opérer a pour but d'empêcher ces taches de se former, et déjuger à chaque arrosage le point juste du développement de l'image, afin de pouvoir arrêter à temps l'action de l'agent révélateur.

ti(> MANUEL OPÉRATOIRE

rement couverte, sans solution de continuité (i) ; maintenez la glace ainsi horizontale pendant une minute à peu près, l'image doit commencer à paraître : faites rentrer le liquide dans le verre, et versez-le de nouveau immédiatemeiH (2) sur le collodion ; renouvelez cette

(t) Pour les glaces de grande dimension, alors qu'il est difficile de répander le liquide révélateur sans solution de continuité, on peut commencer le développement dans une cuvette, et procéder de la môme manière que pour plonger la glace dans le bain d'argent , à cet effet, on prépare un bain d'acide, pyrogallique faible :

Eau 600 grammes.

Acide pyrogallique 1 —

Acide acétique 6 c. c

ce qui ne dispense pas de la solution ordinaire pyrogallique.

Lorsque la glace est restée immergée dans ce bain, pendant une minute, on la retire, et, comme elle n'est pas assez faite, on active sa venue par la solution d'acide pyrogallique ordinaire, additionnée de quelques gouttes de solution d'argent.

(2) Quand on faitcntrcr,pourla première fois, le mélange dans le vase à bec, la glace, mise à nu, prend un aspect huileux, le liquide se retire, et l'on voit se dessiner aussitôt des ramifications à la surface de la couche. Ces ramifications feraieut autant de taches; il faut donc se presser et ne pas verser d'abord tout le liquide dans le verre. Après quelques lavages, l'agent révélateur a remplacé l'eau ; il n'y a plus alors aucun danger. Pour mieux s'assurer si l'image est entièrement développée, posez l'angle droit de la glace sur le verre , approchez le cliché de la lampe, à 10 cent, de distance et observez attentivement. Lorsque l'image se développe vite, comme en été, il vaut mieux laver d'abord l'épreuve, afin d'éliminer l'agent révélateur; sans cette précaution, l'image passerait au noir et serait perdue. — L'opérateur peut alors, sans inconvénient, regarder l'épreuve et s'assurer si elle est à

MANUEL OPÉRATOIRE itl

manœuvre jusqu'à ce que l'image soit entièrement développée. Si vous avez au-dessous, mais un peu plus loin, votre petite lampe, vous pourrez juger delà venue de l'image; vous la verrez se développer peu à peu, ou très-rapidement. Si l'image est longue à paraître (i), mais que, cependant, elle donne quelque espoir, il faut jeter le liquide, qui se décompose et devient boueux, nettoyer le verre, faire un mélange à peu près égal des solutions n° i et n° 2; (voir p. 406, 107) arroser de rechef l'image et continuer cette espèce de lavage jusqu'à ce que l'épreuve soit entièrement développée ; vous reconnnaîtrez que le développement est complet lorsque les linges seront devenus noirs et les autres parties éclairées du modèle relativement sombres. Quand l'image vient très-vite, ce qui arrive presque toujours en été, ou lorsque la pose a été assez longue, il faut se hâter, et, sitôt qu'on voit le blanc des linges passer au noir, jeter promptement la solution d'acide pyrogallique et arroser la couche avec de l'eau pour arrêter

point; dans le cas contraire» il faut la soumettre de nouveau à ragent révélateur. Répétons encore qu'un cliché dépassé ne saurait être affaibli, tandis que nous avons le moyen de renforcer un cliché faible.

(1) Il est des cas où l'image se produit si lentement, que l'opérateur voit sur le champ qu'il n'en peut guère tirer parti comme négatif ; s'il ne veut donc pas en faire un positif direct, qu'il la racttn au rebut.

m MANUEL OPÉRATOIRE

l'action; sans cela, le cliché deviendrait trop noir; il serait perdu (1).

Cependant, il vaut mieux qu'il soit vigoureux que trop faible, pourvu que les tons aient leur rapport naturel, c'est-à-dire, les linges noirs, le front, la pommette éclairée, la côte du nez, etc., presque noirs (surtout si le modèle est très-blanc) ; enfin, que les habits soient venus avec tous les détails possibles. Un cliché vigoureux donnera toujours de bons résultats positifs ; seulement, ces positifs seront plus longs à se produire sous l'action des rayons lumineux ; un cliché gris, faible, peu venu, donnera des positifs se produisant trop vite et toujours ternes, sans finesse, ni demi-tons, en un mot, très-mauvais.

Page 1