VERNIR LE CLICHÉ
Le collodion est une substance moins tenace que l'albumine, aussi doit-on prendre quelques précautions eti faisant les posttifs; quelques collodions, surtout ceux qui contiennent beaucoup d'alcool, ceux qui ont été trempés presque secs dans le bain d'argent, ou qui sont venus difficilement sous l'action des agents révélateurs, n'adhèrent pas plus que la poussière des ailes du papillon; pour ceux-ci, quand on veut tirer un grand nombre d'épreuves, nous conseillerions remploi du vernis.
Etendez ce vernis sur l'image négative de la même manière que le collodion, mais en agissant plus rapidement pour éviter les poussières et en ayant soin de retourner le collodion en dessous, pendant que le vernis coule encore; appuyez l'angle par lequel s'écoule le liquide, sur un carré de papier buvard. Si, quelques instants après, on voyait le vernis se couvrir
d'un voile blanchâtre, voile qui ne paraît qu'à une basse température, on l'approcherait d'un bon feu de braise, et il reprendrait sa limpidité. Il est toujours plus prudent de faire chauffer le cliché avant et après l'opération.
Lorsque le collodion est de bonne nature, qu'il s'argente sous le frottement, qu'il est tenace enfin, on peut se dispenser du vernis, surtout si le cliché n'est pas destiné k tirer un grand nombre d'épreuves, ou à subir le papier albuminé. Nous avons des clichés non vernis qui ont tiré des centaines d'épreuves sans altération, car, il faut bien l'avouer, si le cliché verni gagne en solidité, il perd toujours un peu en pureté. Une autre propriété du vernis, c'est de donner une trop grande translucidité au collodion, de telle sorte, qu'un cliché venu à point, perdra infailliblement, pendant qu'un cliché heurté (blanc et noir) gagnera au vernissage. En effet, ce dernier étant couvert d'une réduction métallique trop complète, la transmission lumineuse eût été à peu près nulle; dans ce cas, le vernis lui donnera la translucidité qui lui manque dans les parties noires et n'ajoutera rien à la transparence de celles où la réduction métallique n'est pas trop avancée. Nous pourrions dire en concluant : Ne mettez jamais de vernis sur un cliché parfait.
llu moyen de eonserver la «éligibilité à la eouehe de eollodion
HVDROMÉLITK
Reprenons la glace au sortir du bain d'argent (page 218), ruisselante encore, et prête à être mise dans te châssis de la chambre noire.
Le eollodion, qui a puisé chimiquement dans le bain d'argent son principe sensible, a aussi enlevé mécaniquement une assez grande quantité de solution argentifère, qui, comme nous l'avons déjà dit, dé*
truirait, en séchant, l'iodure d'argent de la couche.
Plongeons donc la glace dans l'eau distillée, agitons la cuvette, changeons cette eau, et recommençons ainsi quatre ou cinq fois; finissons en rinçant la glace.
La couche débarrassée ainsi, par le lavage, de la solution argentifère superficielle, couvrons-la d'une couche d'hydromélite, en suivant la même marche que pour la couvrir de collodion; seulement, laissons séjourner plus longtemps la nappe liquide sur la glace; après quoi rejetons l'hydromélite, et posons la plaque debout sur un de ses angles et sur du papier buvard ; ayant laissé égoutter un instant, remettons une seconde couche d'hydromélite, et laissons égoutter de nouveau. Cela fait, si Ton met à l'abri de toute lumière la glace ainsi préparée, elle pourra être conservée pendant plusieurs jours.
Rappelons cependant ici que, plus longtemps la glace sera conservée, moins l'iodure sera sensible, et plus il faudra de soins pour débarrasser ia couche de collodion du sirop préservateur qui la recouvre. Ainsi, après vingt-quatre heures de préparation, par exemple, le temps de la pose pour un paysage ne dépassera guère cinq minutes ; il en faudra dix si la glace n'est exposée à ia lumière de ia chambre noire qu'après quatre ou cinq jours.
PH0T0G1UPHIE MONUMENTALE *35
Plus on la conserve, et plus la couche sacchareuse se dessèche ; il faut, par conséquent, au moment du lavage, prolonger de plus en plus son séjour dans Peau tiède ou dans l'eau froide, sous peine de manquer Pépreuve et de perdre le cliché.
Après avoir impressionné la glace dans la chambre noire, prenons les précautions suivantes, avant de faire apparaître l'image : plongeons la glace dans un bain d'eau chaude ou froide, selon la température extérieure et selon l'état de la dessication de la couche saccharine, et débarrassons-la entièrement du sirop qui la couvre ; baignons-la ensuite pendant deux minutes dans un bain faible d'argent (4 pour 100) (1), puis couvrons-la de la solution d'acide pyrogallique, etc.
Procédé Taupenot
Après avoir exposé cette méthode de conservation, qui peut rigoureusement suffire à tous les besoins, nous devons expliquer la méthode Taupenot, procédé
(1) Ou bien encore, en l'absence de ce bain, composons l'agent révélateur de parties égales d'acide pyrogallique et de solution faible d'argent (n° 1 et n© 2), «n procédant aux autres opérations comme s'il s'agissait du collodiou humide.
qui a paru préférable sous certains rapports, quoiqu'il offre un peu plus de difficultés et qu'il demande un peu plus de temps pour se réaliser complètement. Ce procédé consiste en deux opérations bien distinctes, entre lesquelles un intervalle doit s'écouler. La première opération a pour but de sensibiliser la glace collodionnée, puis de lui faire subir plusieurs lavages, comme pour le procédé à l'hydromélite, et enfin de couvrir la couche de collodion d'une couche d'albumine iodurée, de la laisser séjourner quelques secondes sur le collodion, puis de la rejeter, puis de remettre une seconde couche d'albumine. Il faut ensuite poser la glace sur un angle et la laisser sécher à l'abri de la poussière. Après environ dix heures, plus ou moins, selon la température, la couche sera sèche et pourra subir l'immersion dans un nouveau bain (1) ; plongez alors la glace de la même manière que dans le bain d'argent pour le collodion, lavez-la ensuite dans une cuvette et dans plusieurs eaux, et enfin rincez-la avec soin, puis faites-la sécher à l'abri de toute lumière. Cette couche se maintiendra sensible pendant long- Ci) Ce bain se compose de :
100 gr. eau distillée, 10 gr. nitrate d'argent,
\ auxquels vous ajoutez 8 gr. acide ! acétique lorsque l'azotate est dis-