‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 64 sur 83 · MANIÈRE D'OPÉRER · texte numérisé non relu

MANIÈRE D'OPÉRER

Dans une capsule :

Nitrate d'argent vierge. 100 gr.

Acide azotique pur 100 gr.

Eau distillée 100 gr.

Sur un fourneau à feu très-doux, et sous le manteau d'une cheminée qui tire bien, ou. du moins, en plein air; ajoutez même, par excès de précaution, un entonnoir en verre renversé sur la capsule, afin d'éviter la projection du liquide et donner une direction aux vapeurs hyponitreuses, — l'argent se dissout assez rapidement ; — on évapore à siccité. L'azotate d'argent cristallise, anhydre, sous forme de larges lames incolores. — Si, au lieu d'argent vierge vous avez employé l'argent de monnaie, ou tout autre qui contient un

dixième de son poids de cuivre, on obtient une dissolution bleue, qui renferme à la fois de l'azotate d'argent et de l'azotate de enivre. — Évaporée à siccité, cette solution laisse un résidu noirâtre, qu'on peut employer, et qui donne, en photographie, des résultats peut-être aussi bons que ceux obtenus par l'azotate d'argent fondu blanc. Si l'on veut éliminer ce cuivre, on doit maintenir la température jusqu'à ce que l'azotate de cuivre soit entièrement décomposé; on reconnaît que ce moment est arrivé, en relevant une petite quantité de la matière, à l'extrémité d'une baguette de verre, la dissolvant dans un peu d'eau distillée; laissant dans la dissolution filtrée, un excès d'ammoniaque, si la liqueur ne se colore pas en bleu, l'azotate de cuivre a été décomposé. — L'opération terminée, versez la matière dans une assiette préalablement chauffée.

Azotate de potasse

Nitre ou salpêtre

L'azotate de potasse porte vulgairement, dans le commerce, le nom de nitre ou de salpêtre, et se rencontre tout formé dans la nature. On peut le fabriquer artificiellement, en combinant l'acide azotique avec la potasse.

L'azotate de potasse est un corps oxydant très-éner-

gjque, La poudre à canon n'est qu'un mélange jjtfime de salpêtre, de charbon et de soufre.

L acide suifurique et l'azotate de potasse u^langés, agissant pendant quelques minutes sur du coton ou du papier, leur donnent une grande énergie balistique (coton-poudre-pyroxjflë); la découverte de ce fait appartient à M. Scbcenbein, de Bàle. Le collodion n'est autre chose que le coton-poudre dissous dans l'éther.

Acide axoUqne

Acide nitrique

Plug communément connu sous le nom tfacpdenitriy yue, à cause du sel de nilre dont on l'extrait, l'acide azotique résulte de la combinaison de l'oxygène avec l'azote.

On le prépare en chauffant de l'azotate de potasse (nitre ou salpêtre) mm de l'acide «ulfurique concentré. L'acide azotique étant un acide plus volatil que l'acide suifurique, celui-ci le chasse de sa combinaison, et on le voit passer à la distillation. Mélangé avec l'acide chlorhydrique, il constitue l'eau régale.

L'acide azotique dissout facilement l'argent; aussi, dilué avec un volume égal d eau, sert^U avec succès au lavage des glacée, pour enlever de leur «urjjace

•ogle

APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE 3f 7

toute réduction métallique. Nous recommandons aussi l'usage de l'eau acidulée avec l'acide azotique pour le lavage des cuvettes; mais cet acide ne peut être expédié que sous un double emballage, zinc, etc., de crainte de bris du flacon, et des suites désastreuses qui en seraient la conséquence, et pour le contenu de la caisse elle-même et pour les caisses voisines.

Ba»es

Oq appelle ainsi tout corps susceptible de 6e combiner avec un acide, pour donner naissance à un sel. On ne considérait autrefois, comme bases saiifiables, que les alcalis et quelques autres oxydes métalliques; aujourd'hui, on reconnaît comme base, non-seulement «n grand nombre dô combinaisons binaires fournies par le règne inorganique, mais encore des composés particulier^ qqe Ton rencontre dans le règne organique. ^ ^

La benzine est un liquide de nature variante, quelfl»efoi$ incolore, volatil, inflammable, d'une odeur pénétrante, H résulte des produits de distillation de f>ertejn$ combustibles minéraux. Il peui être employé dans te fabrication des verni& comme puissant dissojyant corps gras, goudron, résine, etc.

:H8 klémkms de chi.mik

ou Sublimé corrosif, ou Proto chlorure de mercure

Le sublimé corrosif se dissout dans seize parties d'eau froide, et dans trois parties d'eau bouillante ; l'alcool le dissout en plus grande proportion que Peau ; quelques gouttes d'acide chlorhydrique aident à sa dissolution.

En photographie, il est employé à donner de l'éclat aux épreuves positives directes sur verre, et aussi à renforcer les clichés trop faibles. Nous pensons que le moyen que nous avons indiqué doit lui être préféré.

Bitume de Judée

On donne ce nom collectif à des matières de consistance liquide, molle ou solide, que Ton trouve toutes formées au sein de la terre. On connaît cinq variétés de bitume : la quatrième, connue sous le nom de bitume résinoïde noir ou bitume de Judée, qui est le véritable asphalte des minéralogistes, est le seul qui doit nous occuper ici; il est solide, très-fragile et à cassure vitreuse. On le tire de la mer Morte, de la Judée. Un des usages les plus remarquables du bitume dont nous parlons, est celui qu'en ont fait les anciens Égyptiens, pour embaumer et momifier les «adavres.

Ce bitume fut employé par Nicéphore Nièpce dans ses premières expériences héliographiques. Aujourd'hui, en photographie, les usages de l'asphalte sont bornés à la confection du vernis noir.

Brôme

Brômos fétidité

C'est le nom par lequel on désigne un corps simple trouvé en 1826 dans les eaux-mères des marais salants, où il existe à l'état de combinaison avec la magnésie. Ce corps, dont on doit la découverte à M. Ballard, est de consistance liquide et de couleur rouge noirâtre : il a une odeur particulière très-désagréable, répand des vapeurs rutilantes, et agit comme poison sur l'économie animale, en attaquant les organes de la respiration.

Il a de grands rapports avec l'iode et le chlore. Le bromure d'argent est décomposé par la lumière. Dans le procédé de Daguerre, il sert à douner une sensibilité extrême aux plaques préalablement iodées.

Les diverses combinaisons du brôme avec le potassium, l'ammoniaque caustique, le zinc, le cadmium, constituent les divers brômures employés en photographie.

Cette substance, connue de tout temps, était regar*

dée comme un corps simple 3 tes belles expérience* de Davy, sur les acides métalliques, apprirent que la chaux était formée de deux eotps simples, d'un métal appelé calcium et d'oxygène.

La chaux est donc un protoxyde de calcium ; elle est blanche, caustique, d'ane saveur urinetfse; elle verdit le Sirop de violette, qu'elle finit par jaunir; elle brunit la couleur jaune de curcuma.

Exposée à Pair, à la température ordinaire, la chat** lui prend l'humidité et l'acide carbonique que l'atmosphère contient toujours; elle se gonfle, tombe eh poussière el devient un carbonate* def èhaifx hydratée 4 .

C'est à cet état qu'on la prend pour la brômer.

Le procédé le plus simple, pour brteer la chaux* consiste à remplir presque, de chaux hydratée, un flacon à large ouverture, et à introduire, avec les frtt» grandes précautions, quelques grammes de brôme pur. On bouche alors le flacon et on l'agite, en ajoutant peu à peu du brome jusqu'à ce que l'on ait obtenu la teinte convenable. On peut passer ainsi graduellement d'une belle couleur ronge-cinabre au rouge de sang te plus foncé. Si la chaux restait d'un jaune terne, si le flacon

se remplissait de vapeurs de brome, ce seraff un radiée de la trop grande sécheresse de la chaux; il faudrait alors l'humecter légèrement.

ChlorfcyArate tfAmmonfciqae

Sel ammoniac

Le chlorhydrate d'ammoniaque est un sel qui résulte de la combinaison de l'acide chlorhydrique et de l'ammoniaque. Les gaz chlorhydriques et ammoniacaux se combinent directement , et volume à volume, pour donner naissance à un composé solide. L'on obtient la même combinaison en mêlant ensemble les dissolutions aqueuses des deux gaz; le sel cristallise quand on évapore le liquide.

Ce sel a la propriété de précipiter la solution d'azotate d'argent à l'état de chlorure d'argent. H doit être préféré an chlorure de sodium pour la première préparation des papiers positifs.

Acide chlorhydrique

Le chlore ef l'hydrogène ne s'unissent qu'en une seule proportion ; le résultat de celte combinaison est l'aeide chlortydrique.

On prépare le gaz acide chlorhydrique et* traitant

le chlorure de sodium par l'acide sulfurique concentré.

Cet acide, à l'état de pureté, est un liquide blanc, caustique, d'une odeur piquante très-forte. Exposé à l'air, il répand des vapeurs blanches abondantes qui sont dues à la combinaison de l'acide avec la vapeur d'eau répandue dans l'air. Celui qu'on trouve dans le commerce est presque toujours impur ; il est coloré en jaune par un peu de perchlorure de fer.

L'acide chlorhydrique précipite en flocons blancs les solutions des sels d'argent ; ce précipité est du chlorure d'argent : on l'emploie à dose très-faible, avant le fixage et combiné avec le chlorure d'or, encore, son action doit-elle être très-rapide.

Nous avons dit que les couleurs les plus brillantes de la lumière se traduisaient en photographie pardu noir; que le rouge, l'orangé, le jaune, étaient inaciifs sur les substances sensibles. Il n'est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer ce qui se passe, lors de l'exposition à la lumière d'un mélange d'hydrogène et de chlore. Ces deux gaz, qui, associés à volumes égaux, constituent le gaz azide chlorhydrique, ne paraissent pas avoir d'action l'un sur l'antre, quand on les mêle dans l'obscurité, mais à la lumière diffuse, ils se combinent assez vite,

et, à la lumière directe et vive, la combinaison est tellement instantanée, qu'elle s'annonce par une détonation.

Si ce mélange d'hydrogène et de chlore est porté successivement dans les diverses parties du spectre solaire obtenu par le prisme, on s'aperçoit que les rayons placés au deLà de la zone rouge sont inactifs, tandis que ceux de la zone violette déterminent la combinaison des deux gaz. Dans toute position inter- . médiaire, la rapidité de la réaction est d'autant plus grande, que le mélange se trouve plus près du violet et plus loin du rouge. Ceci nous prouve que la lumière colorée détermine, soit la combinaison du chlore avec un corps, soit sa séparation d'avec d'autres substances, suivant la place qu'elle occupe dans le spectre solaire, et suivant la nature des corps mis en présence.

Chlorure d'or

En dissolvant de l'or pui*dans l'eau régale, on obtient une dissolution jaune qui, abandonnée à une évaporation lente, dépose des cristaux orangés, d'une combinaison de sesqui - chlorure d'or et d'acide chiorhydrique. Cette solution, entièrement évaporée, perd son excès d'acide, et il reste une masse cristallisée déliquescente, qui se dissout facilement dans l'eau, l'alcool et l'éther.

De tous les perfectionnements apportés à la daguerréotypie depuis sa naissance, le plus important, sang contredit, est l'application du chlorure d'or au fixage des épreuves, sur doublé d'argent, application que l'on doit à M. Fizeau.

Le chlorure d'or, acidulé par de l'acide chlorhydrique, employé avant le fixage des positifs, sur papier et la solution de chlorure d'or et d'hyposulfite de soude (chlorure d'or basique), employée après le fixage, sont indispensables pour obtenir de beaux tons et des épreuves bien fixées. Ce même chlorure d'or basique, combiné à l'ammoniaque, donne un ton admirable aux épreuves. Il en est de même pour les épreuves sur papier albuminé, si l'or est combiné à l'acétate de soude.

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