MOYEN D'OBTENIR LE CHLORURE D*OR
Per chlorure d'or
Dans une capsule à manche d'environ 15 centim. de diamètre, mettez iO gr. acide azotique à 40°, 30 gr. acide chlorhydrique, 10 gr. or en rubans; abandonnez ainsi le mélange pendant 15 ou 20 minutes, puis faites chauffer sur un feu doux, — l'or se dissoudra en peu de temps, — ajoutez alors 30 gram. d'eau distillée et faites évaporer sur un feu plus vif. Vers la fin de
l'opération, et alors que le liquide commence à diminuer, il est bon d'enlever de temps en temps la capsule et de promener le liquide, en le remuant afin d'aider à la cristallisation, — chaulïez de moins en moins, à mesure que les premiers cristaux se forment, et enfin laissez se faire la dernière cristallisation sans le secours du feu. Enfermez le plus tôt possible le percblorure d'or dans des flacons secs et bien bouchés, car ce sel est trèsdéliquescent, attire fortement l'humidité de l'air et passe à l'état liquide, même lorsqu'il est parfaitement bouché.
Pour obtenir le chlorure double d'or et de sodium, il sulïit d'ajouter au perchlorure d or ci-dessus, et lorsqu'il est encore dans la capsule, 7 ou 8 gr. de carbonate de soude pur pulvérisé, et 60 gr. d'eau distillée ; faire le mélange et évaporer sur le feu, — mouiller de nouveau, filtror sur l'amiante et faire évaporer à sec. Ce nouveau produit a sur le premier l'avantage énorme de pouvoir être expédié au loin, car il est plutôt eiïloi escent et peut se conserver indéfiniment, même après les plus longs voyages.
Chlorure de platine
Mêmes opérations, mêmes observations que pour le perchlorure d'or.
Sel de cuisine
Le sodium, corps simple, ne forme avec le chlore, autre corps simple, qu'une seule combinaison ; c'est le chlorure de sodium, sel ordinaire de cuisine, qui prend aussi les noms de sel marin et de sel gemme, k cause de sa double origine; l'eau de la mer en contient en effet une quantité énorme, et on le trouve aussi au sein de la terre en masse considérable, à l'instar des pierres précieuses ou gemmes naturelles.
Dans les temps humides, il enlève de l'eau à l'atmosphère, et se mouille, étant très- hygrométrique, propriété que n'a pas, à un si haut degré, le chlorhydrate d'ammoniaque, ce qui doit, en hiver surtout, faire donner la préférence à ce dernier sel pour la préparation des papiers positifs.
Le chlorure de sodium, ainsi que tous les chlorures, a la propriété de précipiter en flocons blancs la solution aqueuse de nitrate d'argent.
Il est généralement employé en photographie, pour le bain salé ; il n'a cependant sur les autres chlorures qu'un seul avantage, celui d'être toujours
et en tout lieu sous la main de l'opérateur photographe.
Cir6 vierge
Tout le monde connaît cette substance et sait à peu près qu'elle se trouve dans les ruches d'abeilles, où elle constitue la matière des alvéoles. Lorsque le miel en est extrait, on fond le résidu dans l'eau bouillante, et le produit de cette fusion est de la cire jaune plus ou moins belle.
La cire brute est connue dans le commerce sous le nom de cire jaune.
La cire qu'on appelle vierge est blanche ; elle est le résultat de la purification et du blanchiment de la cire jaune.
La cire blanche sert à fabriquer des bougies, des cierges, des figures, des fleurs, des fruits, des pièces anatomiques ; elle sert aussi comme excipient des couleurs dans la peinture à l'encaustique; elle forme la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques, etc.; enfin, elle constitue l'élément principal de notre pâte encaustique pour lustrer les épreuves et les conserver.
On nomme ainsi, dans les arts, des substances pier-
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relises blanches, tendres, employées comme crayons. On distingue deux espèces de matières crétacées: l'une, que l'on voit partout entre les mains des professeurs qui ont des signesou des chiffres à tracer sur un tableau noir; l'autre, qui sert aux tailleurs pour marquer des lignes sur les étoffes. Dans les classifications minéralogiques, ces substances ne sauraient être rapprochées, et la géologie les sépare encore davantage, en indiquant pour chacune d'elles, une origine et un mode de formation qui n'ont rien de commun.
La première de ces substances est un carbonate de chaux terreux plus ou moins impur.
Après l'avoir pulvérisé, on en sépare le sable au moyen d'un lavage, et la craie ainsi lévigée, prend dans le commerce le noin assez impropre de blanc d'Espagne. Meudon possède des fabriques spéciales de ce blanc, auquel on a aussi donné le nom de blanc de Meudon.
La craie des tailleurs d'habits est connue sous le nom vulgaire de craie de Briançon. Cette substance est un talc stéatile; réduite en poudre, cette craie prend le nom vulgaire de poudre de savon, les marchands de gants et les bottiers en font usage pour faciliter l'entrée de la main et du pied dans les gants et les chaussures.
C'est la première de ces deux espèces de crate qui
sert en photographie pour le décapage des glaces. Un second lavage est indispensable pour la débarrasser des sables terreux qu'elle conserve encore.
Cyanure de potassium
Le mot cyanure indique un composé de cyanogène et d'un corps simple. Le cyanogène se compose de carbonate et d'azote ; on distingue les cyanures en cyanures métalliques et en cyanures alcalins; on les spécilie ensuite par le nom du corps qui les constitue, et l'on dit : cyanure d'argent, cyanure de potassium, etc., etc.
Pour donner plus d'éclat à un positif sur verre par réflexion, pour lui ôter cette teinte grise qui nuit si fort à ce genre de photographie, on doit fixer l'épreuve en la traitant par le cyanure de potassium et d'argent.
On prépare ordinairement le cyanure de potassium en décomposant par la chaleur rouge, le cyanure double de potassium et de fer, communément appelé prussiale dépotasse. Le cyanure de potassium est blanc, il attire fortement l'humidité de l'air et possède, au plus haut degré, la propriété de dissoudre lïodure et le
chlorure d'argent.
Quelques opérateurs l'emploient en solution faible
pour fixer les négatifs sur collodion . Son action, toujours trop énergique, ne le rend guère propre à cet usage. Nous ne lui reconnaissons qu'un emploi utile, celui où il vient en aide pour faire disparaître une épreuve positive et constater la retouche.
Combiné avec l'iode, il forme un excellent spécifique pour enlever les taches des sels d'argent ; encore son action toxique bien connue, ferait-elle désirer qu'on lui substituât la substance moins dangereuse que nous avons indiquée.
Dextrine
D'abord confondue avec les gommes, puis avec l'amidon, la dextrine n'a été distinguée de ces corps que depuis la découverte de la diastase. C'est parce que, dans les expériences de M. Biot sur la lumière, elle a fait dévier à droite le faisceau lumineux, que la gomme et d'autres substances font dévier à gauche, qu'elle a reçu de ce savant le nom de dextrine. On obtient la dextrine, en traitant la fécule par l'acide sulfurique, saturée par l'oxyde de plomb en poudre, etc. La gomme d'amidon torréliée et celle obtenue du bois par l'acide sulfurique sont de la dextrine. La dextrine est abondamment soluble dans l'eau chaude, et même dans l'eau froide, à laquelle elle donne une consistance
mucilagineuse. Quelques photographes emploient ce produit pour coller leurs épreuves.
Eau
La première combinaison de l'hydrogène avec l'oxygène (le protoxyde d'hydrogène) n'est autre chose, que l'eau.
L'eau pure est sans saveur ni odeur, elle est incolore ; mais, sous une grande épaisseur, elle prend une nuance verdâtre très-prononcée, et devient même complètement opaque. Nous avons vu qu'elle pouvait passer par les trois états : gazeux, liquide et solide ; le zéro du thermomètre centigrade marque la température à laquelle l'eau passe de l'état solide à l'état liquide; le 100° indique la température à laquelle l'eau passe de l'état liquide à l'état gazeux, sous la pression moyenne de l'atmosphère.
L'eau la plus limpide, celle des rivières et des sources, n'est pas chimiquement pure ; on peut aisément s'en assurer en la faisant évaporer dans une capsule; on trouvera toujours un résidu.
L'eau de pluie est de l'eau à peu près pure, et si l'on a soin de la recueillir sur un linge propre, elle peut remplacer l'eau distillée, employée comme dissolvant dans les opérations chimiques.
L'eau distillée peut être obtenue par plusieurs moyens : une cornue de verre et un ballon, etc.; mais, alors, il n'est guère possible d'opérer que sur une trèspetite échelle.
La distillation en grand se fait aumoyen de l'alambic.
L'alambic se compose d'une chaudière sur laquelle est adapté un couvercle en forme de cloche, terminé par un tuyau recourbé, qui communique avec un serpentin ; le serpentin est enfermé dans une cuve cylindrique, que l'on doit maintenir toujours pleine d'eau fraîche. L'extrémité du serpentin débouche, en dehors de la cuve, dans un récipient. Rien de plus simple que de chauffer la chaudière, de là maintenir pleine d'eau, ainsi que la cuve, et de recevoir dans un vase, l'eau distillée.
Eau régale
On appelle ainsi un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide azotique. Les alchimistes lui donnèrent ce nom, parce que ce mélange jouit de la propriété de dissoudre l'or, qu'ils regardaient comme le roi des métaux.
L'eau régale, faite avec un volume d'acide azotique et trois volumes d'acide chlorhydrique, sert à dissoudre l'or pur, et donne, après évaporation à siccité,
un sel déliquescent qui n'est autre chose que le chlorure d'or.
Essence de laYande
Cette huile est extraite d'une plante de la famille des labiées ; elle peut être le produit de l'expression ou de la distillation. Il y 3 plusieurs qualités de lavande, et l'on en connaît principalement deux qui donnent deux huiles distinctes : l'huile d'aspic et l'huile de lavande.
L'huile de lavande est la substance que l'on emploie à la fabrication de l'encaustique lustrée de Clausel et Belloc,
La belle essence de lavande est d'une couleur jaune, assez flgide, plus légère que l'eau, d'une odeur forte et pénétrante ; on la falsifie assez souvent en l'additionnant d'essence de térébenthine rectifiée.
Essence de térébenthine
Les huiles volatiles sont des produits organiques à peu près insolubles dans l'eau, très-solubles dans l'alcool et dans l'éther.
Les huiles volatiles diffèrent beaucoup les unes des autres par leur consistance, leur densité et leur couleur, en un mot, par leurs propriétés physiques.
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Ainsi, l'essence de girofle est plus lourde que l'eau, jaune et d'une consistance onctueuse; celle de lavande est plus légère que l'eau, blanche et fluide; celle de térébenthine pèse 0,874, est très-fluide et complètement incolore.
La térébenthine des landes de Bordeaux contient environ le quart de son poids d'une huile volatile trèsemployée dans les arts, et connue dans le commerce sous le non d'essence. On l'obtient en distillant la térébenthine avec de l'eau. Cette huile esttrès-fluidë, d'une odeur pénétrante, d'une saveur forte, mais sans àcreté, ni amertume ; elle est soluble dans l'alcool, ne se combine pas avec les alcalis, mais se combine très-rapidement avec Tiode et le brome.
Ce produit rectifié est le liquide qui convient le mieux au décapage du plaqué d'argent. S'il est pur, une goutte de cette essence tombée sur du papier blanc, doit s'évaporer sans laisser aucune trace.
L'éther sulfurique est un liquide très-fluide, incolore, d'une odeur vive et agréable, d'une saveur acre et brûlante. On l'obtient en traitant l'alcool anhydre par l'acide sulfurique concentré.
L'éther est très-inflammable, il s'évapore rapide-
ment à l'air, et peut, à cause de cette grande volatilité, produire, dans un endroit clos, des mélanges d'air et de vapeur éthérée, inflammables et détonnants.
L'éther agit vivement sur l'économie animale, et produit quelquefois une espèce d'ivresse accompagnée d'insensibilité.
On a utilisé cette propriété curieuse de la vapeur d'éther, pour procurer l'insensibilité aux personnes qui doivent être soumises k des opérations chirurgicales.
Plusieurs photographes ont pensé, quelques-uns même ont écrit, que l'action de collodionner les glaces était éminemment nuisible. Nous pouvons rassurer ceux qui se livrent à ce genre d'opérations, et leur dire que, depuis dix ans, nous nous saturons de ces vapeurs sans en avoir jamais ressenti le moindre dérangement.
Noir de famée
Ce noir se prépare en faisant brûler la térébenthine, le galipot ou d'autres produits résineux du pin, dans un four dont la cheminée aboutit à une chambre, n'ayant qu'une seule ouverture fermée par une cône en toile.
Le plus beau noir de fumée se fabrique k Paris; pour l'obtenir d'une grande pureté, on doit le traiter
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par l'alcool ou, mieux encore, le calciner dans un vase fermé.
Ce noir, mêlé a volumes égaux, avec du rouge d'Angleterre et employé en petite quantité pour le polissage des plaques, leur donne une finesse de bruni, que l'on ne saurait obtenir par aucune autre substance.
Acide formique
Cet acide organique doit son nom à son existence dans les fourmis, où Margrafï constata sa présence d'une manière certaine, en 4749. Il ressemble beaucoup à l'acide acétique, avec lequel on l'avait d'abord confondu. Il est liquide, incolore, fumant légèrement à l'air et bouillant à 100°. — Il est cristallisé au-dessous de 0> en lames brillantes.
L'acide formique se produit dans beaucoup d'opérations, par exemple, lorsque i'on traite une substance organique par T acide sulfuriqrre et le peroxyde de manganèze, etc. L'ancien procédé consistait à distiller légèrement, avec de l'eau, des fourmis rouges écrasées. Cet acide, ainsi que l'acide acétique, et en général les acides végétaux, peut être employé en photographie; mais c'est à tort qu'on lui a attribué une valeur réductrice qu'il ne possède nullement. Aucun acide, du reste, n'est réducteur, et si l'on ajoute à un
vrai réducteur, un acide quelconque, c'est dans le but d'amoindrir, de régulariser ce pouvoir réducteur (pyrogallique ou sels ferrugineux).
Ces derniers mêmes, ainsi que nous l'avons dit, doivent être employés purs,— sans addition d'aucun acide, — la réduction marche mieux, plus vite, et le cliché sort toujours sans taches, ce qui n'est pas le cas lorsque Ton y introduit des acides ou de l'alcool.
Acide galUqne
On extrait Facide gallique, par la macération dans l'eau, des noix de galle concassées, dont le tannin se trouve ainsi transformé en acide gallique, soluble dans l'alcool, qui le sépare des autres substances, auxquelles il se trouvait associé. La noix de galle n'est pas un fruit, c'est une excroissance qui se forme sur les feuilles et les branches du chêne, et qui provient de la piqûre d'un insecte, au moment où il y dépose ses œufs. Cette noix est de la grosseur d une noisette, et nous vient en grande quantité d'Alep, qui en fait un commerce considérable.
L'acide gallique se présente sous l'aspect de houppes soyeuses d'une blancheur jaunâtre; il est employé en photographie comme agent révélateur; seul et en so-
lution aqueuse saturée, il développe parfaitement l'image négative obtenue sur papier humide.
La même solution s'emploie comme agent préparateur sur l'albumine; on fait paraître limage avec une solution faible de nitrate d'argent, ou par un mélange d'acide gallique et de nitrate d'argent, aiguisé par quelques gouttes d'acide acétique (procédé Taupenot et collodion sec).
Hypochlorite de chaux
Connu vulgairement sous le nom de chlorure de chaux, il détruit énergiquement les couleurs végétales. Cette substance est employée au blanchiment des toiles et du papier. Dans le commerce, on appelle l'eau chargée de chlore, eau de Javelle, parce que c'est dans cette localité qu'on Fa préparée d'abord.
L'emploi de i'hypochlorite de chaux, en photographie, doit être très-sobre, car, ainsi que nous l'avons dit, cette substance détruit énergiquement, et s'il blanchit le papier albuminé un peu jauni par suite de vieille préparation ou d'un bain alcalin, il détruirait aussi les demi-teintes de l'épreuve, si on l'employait à la dose de deux ou trois grammes pour un gramme de chlorure d'or. Un demi -gramme est plus que suffisant; et même, à ce degré, la solution serait beaucoup trop
énergique pour une image tirée à point, ou pour celle qui n'aurait que de faibles demi-teintes. L'épreuve soumise à ce bain doit être noire, verdâtre, passée enfin, et le cliché qui Ta produite doit être vigoureux.
Du reste, appliqué avec soin et intelligence, ce virage donne des tons bleu-noir fort remarquables.
L'hypochlorite de potasse peut donner les mêmes résultats.
Byposalflte de «onde
Depuis la découverte de la photographie, ce sel a pris une grande importance ; il est, en effet, employé à peu près exclusivement pour dissoudre les iodures et les chlorures d'argent impressionnables et restés inaltérés après leur exposition à la lumière. Quoiqu'il ne soit pas le seul agent chimique qui jouisse de cette propriété dissolvante, il n'en a pas moins prévalu sur tous les autres, et il faut avouer qu'il a mérité cette préférence.
L'action de Fhyposulfite de soude sur l epreuve positive, se fait sentir visiblement dès le premier quart d'heure ; si l'on regarde le papier par transparence, on le voit alors piqueté de noir, à cause d'un précipité métallique, disparaissant à mesure que Faction dissolvante se prolonge; il faut bien attendre, avant de reti-
rer l'épreuve du bain, que ce poivré ait entièrement disparu. L'épreuve n'est réellement fixée qu'à ce moment.
On doit employer ce bain sans mélange d'acides, sans mélange d'argent, dans son état simple; les bains neufs sont les meilleurs, ils peuvent fixer une vingtaine d'épreuves. L'hyposulfile de soude enlève le chlorure d'argent libre, et quelques chimistes prétendent qu'il change en sulfure d'argent le chlorure qui a été décomposé par la lumière.
Employé à l'état de saturation, il enlève complètement l'iodure d'argent des négatifs sur collodion et les laisse avec leur belle apparence; employé en solution faible, au contraire, il fixe l'iodure sans l'enlever, et permet quelquefois de conserver des clichés qui, à cause de ia grande transparence des ombres, auraient donné des positifs durs et privés de demi-teintes.
On prépare l'hyposulfite de soude en dissolvant du soufre dans une dissolution chaude et concentrée de suliite de soude, jusqu'à ce que celle-ci en soit saturée ; abandonnée à l'évaporation, la liqueur laisse déposer l'hyposulfite de soude sous la forme de gros cristaux transparents.
Iode
L'iode est solide à la température ordinaire ; il af-
fecte la forme de paillettes d'un gris-bleu de fer foncé et d'un bel éclat métallique.
L'iode a une odeur pénétrante, désagréable; ses Tapeurs provoquent le larmoiement.
II fut découvert en 1812 par Courtois.
On extrait l'iode des eaux-mères des salines, et aussi de Piodure de sodium.
L'iode produit des vapeurs d'un violet très-foncé; son emploi, en photographie, date de l'époque où Da guerre obtint ses premières épreuves. C'est l'iode qui est encore aujourd'hui le seul corps générateur de l'image photographique.
Il forme, avec le cyanure de potassium, une combinaison excellente pour enlever les taches de nitrate d'argent.
Son caractère distinct est de colorer en bleu l'amidon, les fécules, etc.
Sa combinaison avec le zinc, le cadmium, etc., constitue les différents iodures employés en photographie. Il suflit, pour obtenir ce produit, de mettre en contact avec de l'eau distillée, de l'iode et du cadmium en lames , de laisser réagir les deux corps en agitanl de temps en temps, jusqu'à décoloration du liquide, puis de décanter et de soumettre à Pévaporation.
m fiLÉMENTS DE CHIMIE
lodhydrate ou hydriodate d'ammoniaque
Iodure d'ammonium
L'on prépare ce sel en mettant deux parties d'iode avec dix parties d'eau distillée dans un ballon de verre, et en ajoutant peu à peu une partie de limaille de fer.
Lorsque la combinaison s'est effectuée, on précipite le fer par une solution de carbonate d'ammoniaque, on filtre le liquide et on le fait cristalliser.
L'iodure d'ammoniaque est un sel peu fixe, et nous n'en conseillons guère l'emploi, à moins qu'il ne soit combiné avec l'iodure de potassium et le brômure de cadmium.
Iodure de potassium
On obtient ce sel en dissolvant de l'iode dans une solution concentrée de potasse, jusqu'à ce que la liqueur se colore par un excès d'iode.
En évaporant à siccité la dissolution, et en calcinant le résidu dans un creuset de platine, on obtient l'iodure de potassium pur.
Si l'on verse une solution d'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate d'argent, il se forme un précipité blanc-jaunàtre d'iodure d'argent. Nous savons que 1 iodure et le chlorure d'argent ont la propriété de
APPLIQUÉE A LA PHOTOGttAPMK 373
noircir, même à la lumière diffuse. Cette propriété a été mise à profit par les photographes, qui en ont fait la base de leur art. Ainsi, soit que l'on opère sur albumine ou sur collodion, c'est toujours le même agent chimique, l'iodure associé à l'azotate d'argent, qui forme la couche sensible où vient se peindre l'image négative.
L'iodure d'argent est insoluble dans l'eau, mais le cyanure de potassium, l'hyposulfite de soude et l'iodure de potassium le dissolvent facilement.
L'iode et le potassium forment trois combinaisons bien définies, savoir :
4° L'iodure de potassium, composé d'un équivalent d'iode et d'un équivalent de potassium ;
2° Le bi-iodure, composé d'un équivalent de po* tassium pour deux d'iode ;
3° Le tri-iodure, composé d'un équivalent de potassium et de trois équivalents d'iode.
L'iodure de potassium pur, iodure potassique, hydriodate de potasse, est blanc, sa saveur est âcre, il cristallise en cubes, il est déliquescent, très-soluble dans l'eau (100 parties d'eau, à -f 18°, en dissolvent 143 parties) ; il se dissout aussi dans l'alcool en diverses proportions, suivant que ce dernier contient plus ou moins d'eau. L'alcool de vin à 36°, le seul que nous
puissions employer pour préparer la liqueur génératrice, dissout 4 grammes 80 centigrammes d'iodure de potassium pour 100.
L'iodure de potassium du commerce est souvent impur, souvent même adultéré, et nous pensons que les photographes doivent à la mauvaise qualité de ce sel, une bonne partie de leurs insuccès. L'iodure de potassium est le résultat du traitement en grand des soudes de varechs; aussi iVest-il guère possible d'en obtenir un produit aussi pur que celui qu'obtient le chimiste dans son laboratoire (I).
Un procédé excellent pour rendre l'iodure de potassium parfaitement pur, et propre à composer la liqueur génératrice destinée au collodion, consiste à faire dissoudre ce sel dans de l'alcool de vin à 36°, à filtrer la liqueur, à la distiller et à la faire cristalliser de nouveau.
Le kaolin est une argile, d'une nature particulière, qui provient de la décomposition du feldspath. U contient toujours une partie du mica, que renfermait la
(1) Nous faisons nous-méme notre iodure, et nous employons la quantité voulue d'ioda pour fabriquer ce produit, de telle sorte que uous en obtenons toujours de très-bons résultats ; trop faible eu iode ou trop suriode, l'iodure ne convient nullement à la liqueur génératrice.
roche primitive. Le kaolin sert à la fabrication de la porcelaine, celui de St-Yrieix, près Limoges, est composé de 56 parties de silice et 44 d'alumine.
Il est employé en photographie, pour la décoloration des bains positifs, lorsqu'ils sont rougis par les dépôts albumineux ; — cette substance nous paraît la plus convenable pour atteindre ce but.
Pentaftalfare de potassium
On connaît un grand nombre de combinaisons du potassium avec le soufre ; — les chimistes en admettent 5. — Si l'on chauffe un mélange de carbonate de potasse et de soufre, on obtient une masse brune soluble dans l'eau qui n'est autre que le pentasulfure de potassium, qui porte assez généralement le nom de foie de soufre ; une solution de ce produit dans la proportion de 1 sur 3 d'eau, jouit de la propriété de précipiter les résidus d'argent des photographes, à l'état de sulfure insoluble.
Acide pyrofallique
Cet acide est le résultat de l'action de la chaleur sur l'acide gallique : celui-ci chauffé à une température de 200° se volatilise en petites houppes soyeuses blan-
ches, d'un éclat vitreux. C'est à M. Regnault, de l'Institut, que nous devons l'emploi de cet acide, découvert par M. Pelouze. Il est d'une énergie remarquable comme agent révélateur, et doit presque toujours venir en aide aux autres réducteurs.
Roare brun d'Angleterre
Péroxyde de fer
L'on obtient cette substance en calcinant la couperose verte (sulfate de fer) à une température très-élevée. Si la coupe-rose employée est bien pure, et si la calcination a^été poussée assez loin, le solide est du péroxyde de fer pur.
Pour le péroxyde de fer destiné aux usages photographiques, il faut que la calcination ait été poussée jusqu'à sa dernière limite. Plus cette calcination aura été lente et longtemps prolongée, plus le fer sera complètement oxydé, et mieux vaudra le rouge. Dans le cas d'une mauvaise fabrication, la poudre, au bout de quelque temps, perd sa douceur, devient rugueuse et finit par rayer le métal.
Sels
Dans la langue scientifique, le mot sel a un sens
étendu : il désigne les composés dans lesquels entrent un ou deux acides à une ou plusieurs bases. Selon Berzélius, est sel, tout composé dont les éléments, quel que soit leur nombre, neutralisent réciproquement et complètement leurs propriétés électro-cbimiques. Un sel qui contient deux bases est appelé sel double \ un sel où la base et l'acide se neutralisent exactement, sel neuire ; un sel où la base est en excès, sous sel ; un sel où l'acide est en excès, sur sel, etc. \ la nomenclature chimique a ramené à des dénominations uniformes et précises, tous les sels produits naturellement ou dans les laboratoires.
Sulfate de protoxyde de fer
Couperose verte ou vitriol vert
On le prépare en dissolvant du fer métallique dans de l'acide sulfurique étendu. Il cristallise en gros cristaux, d'un vert bleuâtre, analogue à la couleur du béril. Ce sel s'altère facilement au contact de l'air, et donne du sulfate basique de péroxyde de fer, qui ne peut plus agir sur les sels d'argent.
Depuis l'emploi du collodion, des débats assez vifs se sont élevés au sujet des deux agents révélateurs, sulfate de fer, acide pyrogallique. Nous avons dit plus haut notre opinion à ce sujet.
Huile de vitriol
L'acide sulfurique concentré est un des acides les plus énergiques que l'on connaisse. On l'emploie à 06° pour attaquer le nitre et en dégager l'acide azotique, quand on veut obtenir du coton fulminant. Il n'est pas hors de propos de recommander ici quelques précautions à prendre lorsqu'on fait du cotonpoudre. Les vapeurs nitreuses qui s'exhalent pendant l'opération sont très-délétères; il faut donc, pour faire le coton -poudre, se placer dans un local bien aéré ou à l'air libre. Quelques gouttes d'eau qui viendraient à tomber sur l'acide sulfurique concentré pourraient le projeter hors du vase et blesser l'opérateur.
Acide tartriqne
L'acide tartrique est un des acides organiques les plus importants. Cette substance a reçu dans les arts une foule d'applications, principalement dans les arts chimiques et pharmaceutiques; elle existe dans un grand nombre de fruits. Mais c'est toujours du raisin qu'on l'extrait, ou plutôt de la matière saline, qui, sous forme de croûte, se dépose dans les tonneaux de
vin. En photographie, on a essayé de le substituer à l'acide acétique ; nos essais nous autorisent à croire que le meilleur des acides est l'acide acétique ; après lui, l'acide citrique. Dans un cas de force majeuce on peut bien employer les différents vinaigres végétaux du commerce, mais avec plus ou moins de chance de succès, suivant leur pureté plus ou moins douteuse.
Teinture de tournesol
C'est le nom chimique d'une matière colorante, et servant à préparer une teinture usitée dans toutes les expériences de chimie, pour reconnaître l'état acide ou alcalin du corps que l'on étudie. Tous les acides font passer au rouge la teinture de tournesol ; les alcalis le ramènent au bleu. Le tournesol en pains s'obtient de certains lichens pulvérisés, mélangés à la potasse et arrosés avec de l'urine, qui met le mélange en fermentation.
Pendant la fermentation il y a un dégagement d'ammoniaque, et c'est, à ce qu'il paraît, à la présence de cet alcali que le tournesol doit sa couleur bleue, car son principe colorant est rouge.
Le papier blanc préparé avec cette teinture, sert en photographie à constater l'acidité de certaines solutions. — Ce même papier bleu, trempé dans un acide dilué,
passe au rouge ; — dans cet état il sert à constater l'état alcalin de la solution en ramenant au bleu la feuille rougie.
Tripoli
Substance sèche, friable, rude au toucher, jaunâtre ou rougeàtre, d'une structure fissile, quoique lâche et poreuse, d'une cassure schistoïde en lames plates d'aspect terreux.
Le tripoli ne fait point pâte avec l'eau, ce qui le distingue des argiles feuilletées ; il ne s'y délaie même pas ; il est fusible au chalumeau.
On fabrique du tripoli artificiel ; il va sans dire qu'il ne vaut rien pour le polissage des plaques.