ANNÉES. ACCUSÉS. CONDAMNÉS. | RÉPRESSION
Moyenne. .
Ce tableau nous montre que la répression pour Îles crimes en général a subi annuellement une diminution, assez faible à la vérité, mais dont les résultats sont sensibles. Or, parmi les causes qui ont de l'influence sur la répression, les unes agissent d'une manière constante et les autres d'une manière variable. En vertu de l’action des premières, le nombre 0,614, qui exprime la répression pour les crimes en général, aurait une valeur constante d’une année à l’autre; mais en vertu de l’action des causes variables, le ‘même nombre subirait des variations plus ou moins grandes. Je moccuperai d'abord de mesurer l'influence des causes constantes. |
Pour bien faire concevoir ma pensée, je suppose qu'un individu soit mis en état d'accusation ; 1l y aura, comme nous venons de le voir, environ 614 sur 1,000 à parier qu'il sera condamné; cette probabilité doit être prise dans le sens le plus général et en admettant qu'on ne connaisse rien encore sur la nature du crime, ni sur l’âge, ni sur le sexe de l'accusé, ni sur son état d'instruction, ni sur aucune des causes constantes qui modifient la répression. Mais si l'on ajoute que l'accusation a lieu pour un crime contre les personnes, la probabilité d'être condamné change;
l'expérience prouve en effet que la répression pour les crimes contre lés personnes est moindre que celle pour les crimes contre les propriétés. En France, les valeurs moyennes ont été de 0,477 et 0,655, pour les six années qui précèdent 1830. (Voyez le tableau suivant.) Aïnsi, il y a seulement 477 à parier sur 1,000 qu'on sera condamné quand il s’agit de crimes contre les personnes, et 655 quand il s'agit de crimes contre les propriétés. La cause principale de cette inégalité paraît étre, comme on l’a souvent remarqué, qu on répugne à appliquer les peines lorsquelles ont un certain degré de gravité ou qu'elles semblent trop fortes eu égard au crime : ce qui a surtout lieu pour les crimes contre les personnes.
Le sexe des accusés à encore une influence marquée sur la répression; la sévérité est moins grande pour les femmes. Toutes ces nuances deviendront plus sensibles par le tableau suivant, qui indique les divers degrés de probabilité qu'a un accusé d'être condamné, selon les causes qui lui sont favorables ou contraires.