‹ Physicale socialeChapitre 135 sur 151 · A SE · texte numérisé non relu

A SE

appellera à Paris, je serai très-empressé d'avoir l'honneur de vous y voir (1), »

Mes regards se tournaient avec une sorte d'enthousiasme vers les savants qui cultivaient alors en France les sciences politiques et particulièrement la statistique qui, toute nouvelle encore, donnait lieu aux plus fatales méprises. J'entendais citer comme un des plus forts antagonistes de cette science le célèbre économiste J.-B. Say, et je ne craignis pas de lui écrire malgré la timidité que devait naturellement inspirer à ma jeunesse un talent devenu célèbre par ses écrits dans les sciences politiques, La réponse ne se fit pas attendre, et peu de lettrea.m'ont fait autant de plaisir que celle dont je parle et dont je citerai quelques passages. Les répugnances exprimées par des hommes supérieurs sont souvent mal interprétées. Ce n'est pas contre la science même qu'ils en ont, mais contre ceux qui ne savent pas la comprendre,

« J'ai reçu vos Recherches sur la reproduction et la mortalité de l'homme en Belgique, et j'éprouve le besoin de vous exprimer ma reconnaissance pour un travail si diligent et si consciencieux, travail qui deviendra plus parfait encore quand les dénombrements auront acquis un plus haut degré d'exactitude. J'ai beaucoup insisté sur la nécessité de ces dénombrements dans le 4° volume de mon Cours complet d'économie polilique.

« Il est une considération bien importante pour la durée de la vie humaine et pour tous les calculs qu'on peut faire au sujet des probabilités de vie, c'est le degré approximatif d'aisance des familles, car le plus ou le moins d'aisance fait, je crois, varier du double au simple la viabilité, ce qui rend absolument illusoires les calculs des assurances et des rentes. Mais je ne me dissimule pas la difficulté que l'on trouverait à constater l'importance des fortunes, Il faudrait du moins la signaler ; car des personnes choisies, comme celles qui prennent part aux tontines, sont tout à fait jetées dans l'erreur par nos tables de mortalité dressées sur des masses comme celles que donnent les populations indistinctes,

“ 11 septembre 1832, J..B. Say, »

M. Horace Say, plus explicite peut-être, quoique en employant toujours le langage le plus poli et le plus élégant, ne s'énonçait pas avec moins d'ardeur contre les auteurs de certaines statistiques, abandonnant entiérement la voie de la science et de la raison, pour former des romans construits sur quelques chiffres mal assemblés et défectueusement interpré-

(4) Malgré tout le plaisir que j'eus à recevoir cette lettre, je m'aperçus trés-bien cependant que M, Fourier ne soupçonnait pas avoir affaire à un correspondant encore bien novice, À quelque temps de là, j'allai à Paris el je m'empressai de courir à sa demeure, Je fus reçu de la maniére la plus aimable : l'illustre géomètre s'empressa de me demander des nouvelles de mon père... Un sentiment de crainte me priten voyant la méprise de cet homme distingué, Je lui répondis que j'avais eu le malheur de perdre mon père dès l'âge de cinq ans, C'est donc à vous que j'écrivais ? me dit-il en me pressant affectueusement les mains, Et les paroles de cet homme supérieur et plein d'urbanité ue tardérent pas à me faire revenir de cette premiére secousse : m'a donné depuis les preuves les plus sensibles de sa bienveillante affection,

tés ; on en pourra juger par l'extrait d'une lettre qu'il m'adressa quelque temps après celle de son illustre père (1). On verra, du reste, que tous deux étaient également frappés du mal que pouvaient faire à la science des idées mal conçues et appuyées sur des nombres fautifs.

« .. Je ne répondrais même pas d'avoir toujours eu pour la statistique tout le respect qu'elle comporte ; et, avec quelques autres économistes, ila pu m'arriver d'en médire, en protestant contre certaines conséquences où l'on prétendait être arrivé en groupant les chiffres. L'abus à cet égard a dépassé toutes les bornes, et il était bien temps que vous vinssiez jeter les bases de la paix entre l'économie politique et la statistique, en introduisant une saine philosophie dans cette dernière science.

“ HORACE Say. »

On m'excusera, j'espère, de citer les paroles de quelques hommes illustres dans les sciences ; on appréciera mieux que la statistique prenait alors une route nouvelle pour arriver à la connaissance des faits relatifs à la science et à l'homme. Les astronomes et les mathématiciens, les plus distingués surtout, sentaient le besoin de donner à la science intime des peuples cette attention supérieure qui avait été appliquée avec tant de succès aux grands

problèmes de l'astronomie et de la physique.

La science, comme nous l'avons dit, possédait déjà d'admirables travaux sur la statistique, et les ouvrages de Laplace,de Poisson, de Fourier, etc., n'ont pas été dépassés : mais il restait à exploiter une partie difficile pour laquelle les documents premiers manquaient à peu près complétement. La forme nouvelle de plusieurs gouvernements, surtout ceux de France et d'Angleterre, ainsi que de quelques États secondaires, avait ouvert la voie à de nouvelles recherches. L'un de mes amis, M. Villermé, fut des premiers à entrer dans la route nouvelle; et comme il arrive souvent, l'homme modeste se plut à porter sur un autre la part qui lui revenait dans les travaux qui se faisaient avec la plus grande activité : on voudra bien me permettre de citer le rapport suivant que le savant statisticien français présenta à l'Académie royale des sciences morales et politiques de France, en attribuant à un ami la plupart des recherches auxquelles il avait pris la part la plus grande; on verra du reste, par ce préambule, combien la science avait encore à marcher avec circonspection.

« Vous avez chargé la section d'économie politique et de statistique de vous rendre compte d'un mémoire de M. Quetelet, Sur le poids de l’homme aux différents âges. Ce travail, qui est un chapitre des recherches importantes que l’auteur à entreprises sûr le développement de nos qualités physiques, morales et intellectuelles, fait aussi connaître la relation qui existe entre notre poids et notre taille.

« Jusqu'ici, le poids et la taille de l'homme n'avaient, à bien dire, été

(4) On peut voir, par l'excellent ouvrage de M. Horace Say sur Paris, qu’il était en état d'ouvrir la voie aux autres, tout en marquant le chemin qu’il convenait de suivre,

examinés ensemble que chez le fœtus et chez l’enfant naissant, uniquement

sous le rapport de la médecine légale; ou bien la taille ne l'avait été, avec les proportions des différentes parties de notre corps, que pour les arts du dessin, de la peinture et de la sculpture.

“« Quant à les étudier, comme l’a fait M. Quetelet, dans un but philosophique et pour mieux connaître l'homme, on en avait bien eu la pensée, témoin des recherches de Tenon qui n'ont jamais été publiées ni même achevées ; mais c’est là tout, ou à peu près.

“ M. Quetelet est donc le premier qui ait suivi le développement de notre poids et de notre taille, depuis la naissance jusqu'aux âges les plus avancés. Son travail a été fait sur une très-grande échelle; il offre les résultats de plusieurs milliers de pesées et de mesures prises dans les hospices, les écoles, les pensions, les colléges de Bruxelles et même jusque dans la prison de Vilvorde.

“« En outre, beaucoup de familles de toutes les classes de la société, les personnes qui assistent aux cours publics du lycée de Bruxelles, etc., ont bien voulu s'y prêter.

« On ne dira point les précautions qui ont été prises par l’auteur pour faire les pesées et avoir exactement les tailles : ce qu'il importe, ce sont les résultats. Or, M. Quetelet commence par les donner tels que l'observation les lui à fournis, dans des tableaux dont la première colonne indique l’âge; la seconde et la troisième, la valeur moyenne de la taille et du poids qui correspondent aux différents âges ; la quatrième, Les rapports du poids à la taille, et les autres colonnes, le maximum et le minimum de la taille et du poids pour les individus régulièrement constitués.

« Mais on regrette de n'y point trouver, pour chaque âge, le nombre des personnes qui ont servi aux observations.

« À l’aide des tableaux dont il s'agit, on en a calculé un autre qui offre comparativement pour les deux sexes la loi ou l'échelle des changements successifs qui s'observent dans le poids et la taille. En examinant ce dernier tableau et en résumant les principaux résultats du mémoire, on est conduit aux conclusions suivantes. »

(Nous supprimons ici une partie du rapport, parce qu'elle se trouve insérée dans le tome Ier des Mémoires de l'Académie royale des sciences morales et politiques de l'Institut de France.)

“ Il ne faut point d'ailleurs oublier qu’il s’agit ici de moyennes et quant à leurs mesures, qu'elles sont déduites d’observations faites à Bruxelles et dans le Brabant.

« Ainsi, à Paris, on trouverait, pour tous les âges, une taille et un poids moyens sensiblement plus faibles qu'à Bruxelles, à plus forte raison dans

nos départements du Cher, du Cantal, de la Lozère, de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Dordogne, où l'espèce d'hommes est encore plus petite qu'à Paris. |

“ Terminons en disant que si les recherches de M. Quetelet pouvaient engager quelques personnes à en faire de semblables pour d’autres pays, on saurait peut-être jusqu'à quel point le climat et la civilisation, l’aisance

et la misère des peuples concourent à produire des différences dans leur stature commune, et si ces différences ne sont pas déterminées principalem'nt par les racss ou familles.

“ M. Quetelet se recommande à nous par bien d’autres travaux que les recherches dont nous venons de vous entretenir.

«“ Nous devons citer, entre autres, un mémoire sur la possibilité de mesurer l'influence des causes qui modifient nos qualités physiques, morales et intellectuelles. Ce dernier travail développe une théorie tout entière, théorie qui avait déjà été indiquée par l’illustre Laplace. »

(Rapport de MM. Villermé, De la Borde, Ch. Comte. Pour les conclusions, voy. procès-verbal de l’Académie des sciences morales et politiques, le 28 mai 1833.) Page 189 de l'Histoire de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 1°, in-4° 2e série), 1837.

ders la fin de juin 1833, eut lieu la troisième réunion des savants anglais à Cambridge; c'est vers cette époque qu'avaient commencé les différents congrès scientifiques et littéraires qui créèrent, en quelque sorte, une ère nouvelle pour les savants, moins encore par les communications qui s’y faisaient que par les rapports qui s'établissaient entre les différents pays, par les actions rapides des découvertes nouvelles qui avaient enrichi les sciences, et par la certitude de recevoir les nouveaux procédés employés par les soins mêmes des hommes distingués à qui on les devait.

La réunion de Cambridge fut une des plus belles que les sciences aient eues ; on n’y voyait pas seulement l'élite scientifique de toute l'Angleterre, mais encore une foule de savants étrangers qui venaient prendre part à ses travaux. J'y rencontrai le célèbre Malthus, et j'avoue que le plaisir de causer avec lui et avec MM. Babbage, Drinkwater, le professeur Jones, le colonel Sykes, etc., me rendit infidèle au but de la réunion générale. Le lendemain cette omission fut rétablie et l'Association britannique, par une faveur toute particulière, créa pour ses travaux une section nouvelle, celle de la Statistique. Cette section nouvelle, malgré son objet, obtint le succès le plus grand et devint pour ainsi dire le centre de toutes les sociétés de statistique qui couvrirent bientôt l'Angleterre, et dotèrent les sciences de ces beaux travaux qui, de jour en jour, se répandent davantage au profit de la science et de l'industrie conçue dans ses plus vastes proportions (1.

(4) Nous donnons ici les expressions qui mentionnent la naissance du nouveau comité, d’après le Report of the third meeting of the British Association for advancement of science; held at Cambridge in 1833, p.483. « À permanent committee of this section was appointed. Professor Babbage was requested to act as chairman, and M. Drinkwater as secretary. [n a report since addressed to the concil of this committee, it is stated, that the committee having deemed it expedient to promote the formation of a statistical society in London, a public meeting was held on the 45th. of March 1854, at wich it was resolved to establish such an institution. The society already includes more than three hunderd members, and has issued a statement of its objects and regulations, which is subjoined in the appendix. The committee remarks that «though the want of such a society has been long felt and acknowledged, the successful establishment of it, after every previous attempt had failed, has been due altogether to the impulse given by the last meeting ofthe Association. The distinguished foreigner (M. Quetelet)

À cette belle réunion de Cambridge, le célèbre Malthus voulut bien me “parler de la position avantageuse qu'avait prise la Belgique au milieu des nations les plus éclairées. Par ses avantages immenses et par la différence qu'avaient entreelles ses provinces, elle pouvait, disait-ilavec raison, établir en quelque sorte une statistique vivante dont chacun pourrait facilement étudier les ressorts. Je le priai de me donner quelques notes à ce sujet pour les soumettre à nos ministres, pleinement convaincu qu'on y aurait égard, en songeant surtout à la source éclairée d'où elles provenaient. Cet excellent homme eut la bonté de me remettre la note suivante, comme pouvant servir de base à nos travaux. Ce qu'il demandait plus particulièrement à connaître, c'étaient les points que nous indiquons d'après lui (1) :

The number ofbirths to each mamaje in the course of its duration ;

The proportion of the born which lives to many ;

The number of living children to each mamaje ;

The money wages of labour manufacturing and agricultural in the different provinces, particularly the wages of common day labour in agricultural employments ;

The quantity of wheat which the wages of such day labour will purchase in ordinary times ; |

The ordinary prices of different kinds of grain ;

The ordinary food of the common day labourer ;

Proportion of bassen mamajes ;

Proportion of mamajes with five or more living children. »

Ce ne fut cependant que plusieurs années après qu'on eut égard à ces

who contributed so materially to the formation of the statistical section, was attracted to Eugland principally with a view of attending that meeting; and the committee haïils this as a signal instance of the beneficial results to be expected from the personal intercourse among the enlightened men of all countries, which it is a principal object of the British Association to encourage and facilitate, »

(1) J'étais dans ce momeut occupé d’achever la composition de mon ouvrage sur la Physique sociale ; l'impression cependant ne fut terminée qu’en 1835. [l parut à Paris, par les soins de mon excellent ami M. Villermé,qui voulut bien en soigner l’impression, comme s’il eût été question d’un de ses ouvrages, Son titre était : Sur l’homme et le développement de ses facultés, ou essai de physique sociale, Paris. 4835 ; 2 vol. in-8°, chez Bachelier. L'ouvrage eut assez de succès; il en parut successivement plusieurs traductions dont deux furent faites avec ma participation, l’une en allemand : Ueber den Menschen und die Entwicklung seiner fähigkeiten, fut publiée, in-8, par M. le D' V. A. Riecke, à Stuttgart, en 1858.

Une autre traduction anglaise : 4 freatise on Man and the development of his faculties, fut publiée par les soins de M. le D' Knox F. R. S. E. et de M. Th. Smibert, qui y ajouta une introduction, L'ouvrage parut, en 1842, à Edimbourg, chez Will et Robert Chambers.

Je ne puis que remercier les savants qui ont bien voulu donner leurs soins aux traductions anglaise et allemande de mon ouvrage ; et qui ont enrichi le fond d’une quantité de développements dont je me serais empressé de profiter dans une seconde édition, mais qui m’auraient forcé à joindre un troisième volume à mon travail, et j'avoue que mon àge m'a forcé de renoncer à ce travail que j’ai regretté de ne pouvoir exécuter.

Je n’adresserai pas les mêmes remerciments à un contrefacteur qui, profitant des facilités que lui permettait le silence des lois, coutrefit l'ouvrage presque sous mes yeux et dans un format réduit où fourmillaient des fautes de toute espèce. Cette edition extraordinaire, faite en français et à des prix fort réduits, me mit dans l'impossibilité de pablier une édition nouvelle,

propositions. M. Liedts, alors ministre de l'intérieur, créa en effet, le 16 mars 1841, la commission centrale de statistique de la Belgique, et quel- : que temps après, les commissions statistiques des provinces qui en étaient le complément (1).

L'ouvrage sur la physique sociale avait à peine paru, qu'un des plus habiles mathématiciens de France, le célèbre Poisson, que j'avais l'honneur de connaître depuis longtemps, et que je voyais fréquemment chez lui, chez M. Delaplace et chez d'autres savants, voulut bien m'adresser quelques demandes sur mon travail; il se préparait lui-même à publier sous peu les Recherches sur la probabilité des jugements en matière criminelle et en matière civile, précédées des règles générales du calcul des probabilités. Cet ouvrage, l'un des plus remarquables certainement que la France ait produits, traitait à fond l'une des plus importantes questions de la statistique, mais devenait, par cette circonstance même, à peu près illisible pour les personnes étrangères aux questions mathématiques. Je crois devoir en parler pour montrer combien la théorie des probabilités appliquées aux sciences morales était peu répandue encore, même chez les penseurs du plus haut mérite. On en jugera mieux par les questions que cet illustre savant jugea à propos de me faire sur l’un des points de droit qui intéressaient le plus son travail: je veux parler de la question des jurys.

« J'ai beaucoup à vous remercier, me disait le géomètre français, de l'envoi que vous m'avez fait de votre mémoire et du compte rendu de l'administration de la justice criminelle en Belgique. Pour pouvoir faire usage des documents qu'ils renferment, j'aurais besoin de quelques renseignements et je vous serais bien reconnaissant si vous pouviez vous les procurer. En voici la note :

« 10 Quelle est la majorité requise du jury pour la condamnation ?

» 2° La traduction devant le jury est-elle précédée, comme chez nous, d'une mise en prévention et d'un arrêt de mise en accusation ?

« 30 Quel était le nombre de juges dans les tribunaux criminels qui jugeaient avant l'institution du jury et à quelle majorité pouvaient-ils . condamner ?

« 40 Pouvait-on appeler deleur jugement devantun autre tribunal criminel] ?

« 50 Leur jugement était-il précédé d’une mise en accusation et d’un arrêt d'accusation ?

« 6° Jugeaient-ils, ni plus ni moins, toutes les affaires qui sont jugées aujourd'hui par les jurys ?

« Je trouve dans votre mémoirè qu’en Angleterrela proportion des acquittements par les jurys est des 35 centièmes des jugements. Je désirerais

(4) Il estjuste de dire que le gouvernement des Pays-Bas avait également créé une commission centrale spéciale, mais formée dans les bureaux mêmes du gouvernement, en même temps que des commissions provinciales dans les provinces. Différentes publications furent faites, mais le lien général manquait dans l’administration, et les travaux se trouvèrent entièrement entravés et durent cesser par la révolution de 4830.

savoir où vous avez puisé ce renseignement, et si cette proportion est bien complète et subsiste depuis longtemps.

« Je m'occupe actuellement de la rédaction définitive de mon ouvrage, qui deviendra un livre fort étendu sur les probabilités et dont j'espère commencer l'impression dans le courant du mois prochain.

Page 1