Scène française, (Total relatif
ORDRE AGES. ares NOMS DES OUVRAGES DE PREMIER ORDRE. Aer. De. me. RELATIF,
20 et au-dessous. | 0 | 0 0 0 »
DE Damart Lt 04 7 | OEdipe.
25 à 30. 64 es 0 EU 24 Le Cid, Andromaque, Britannicus. 30 à 35. 4 | 8 |14 42 Les Horaces, Cinna, Polyeucte, Iphigénie. 35 à 40. 4 | 8 |14 49 Phèdre, le Joueur, Zaïre, le Méchant. 40 à 45. 2 | 9 |14 | 38 | Le Distrait, Alzire. “EURE A nantes à LU 50 à 55. 3 | 8 |12 37 Les Femmes savantes, Athalie, le Glorieux. 55 à 60. 013 fa 8 »
LR OR TA D A Er »
65 à 70. CH TENRES 5 »
70 et au-dessus . (LES A BE 3 »
Dans l'estimation approximative que j'ai faite des degrés du mérite relatif des ouvrages de premier, de second et de troisième ordre, j'ai pris les nombres 3, 2 et l, et j'en ai déduit les valeurs de la dernière colonne qui confirment ceux que donnait le premier tableau quoique incomplet. Il est facile de voir, d’ailleurs, quels que soient les nombres que l'on emploie pour exprimer les degrés du mérite relatif des ouvrages, que les résultats généraux resteront à peu près les mêmes.
Un autre résultat assez curieux que mettent en évidence les tableaux que j'ai formés et dont je crois devoir supprimer ici les détails, c'est que le talent fragique se développe plus rapidement que le talent comique. Les chefs-d'œuvre qui ont enrichi la comédie française n'ont commencé à être produits qu'entre 38 et 40 ans; et l’on ne trouve guère d'ouvrages appartenant à la haute comédie avant l’âge de 30 ans : je ne parle ici que des auteurs français cités dans le Répertoire de Picard. J'abandonne, du reste, cette discussion à des juges plus compétents; je me borne à indiquer la marche à suivre. D'autres apprécieront mieux si le talent de l’auteur tragique arrive effectivement plus tôt à sa maturité que celui de l’auteur comique: et si ce maximum est plus précoce parce qu'il tend naturellement à se rapprocher de l’âge où les passions sont dans leur plus grande exaltation. Le meilleur moyen d'analyse serait de chercher la loi de développement pour le talent de la musique et des arts du dessin, et, en général, pour tout ce qui tend à mettre les passions en jeu; et d'étudier, d’une autre part, nos facultés, dont le développement exige moins le concours des passions et d'une imagination exaltée que ‘celui de l'observation et de la réflexion. Je présenterai bientôt un exemple remarquable de l'analyse du développement des passions, qui
tend à montrer que leur maximum d'énergie arrive vers 25 ans; en sorte que sil existait un art qui, dans son exercice, se développât en raison des passions et sans exiger d'études préalables, son maximum de développement se présenterait aussi vers l’âge de 25 ans ou même plus tôt; ce maximum reculerait ensuite vers celui qu'atteint le raisonnement selon que l’intervention de cette dernière faculté deviendrait plus nécessaire. Il faudrait aussi prendre en considération le temps qu'exigeraient les études indispensables à la production des ouvrages.
La curiosité m'a porté à faire des recherches semblables pour les autres théâtres, et j'ai trouvé des résultats analogues à ceux qu'on peut voir dans le tableau de la page 179. Seulement le maximum diffère un peu d’un pays à l’autre, mais la nature de la courbe reste la même et présente la forme précédente. Le maximum, pour la comédie, s'éloigne de l’origine de la courbe plus que pour tragédie, c’est-à-dire que le talent tragique se développe avant le talent comique ; et, pour la France, le Hi est moins précoce que pour l'Angleterre.
Nos facultés intellectuelles naissent, croissent et dépérissent; chacune atteint son maximum d'énergie vers une certaine époque de la vie. Il serait du plus haut intérêt de reconnaître d'abord celles qui occupent les deux extrêmes limites dans la carrière de l’homme, c’est-à-dire celle qui la première arrive à la maturité, et celle qui n'y parvient que la dernière, parce qu’elles jouissent de la propriété d’être simples ou de ne provenir de la combinaison avec aucune autre; comme le talent dramatique, par exemple, est une combinaison de plusieurs autres facultés, telles que l’imagination, le raisonnement, etc.; mais; je le répète, une pareille analyse exigerait des soins infinis,
des recherches nombreuses, ainsi qu’une extrême sagacité d'observation.
Je ne puis abandonner ce qui tient au théâtre, sans faire remarquer les changements immenses qui y furent introduits pendant l’espace de deux siècles. Du temps de Louis XIV, on voyait encore le plus grand génie littéraire que la France ait produit, l’inimitable Molière, dans la position la plus modeste; et vers la fin de son existence, monté sur un malheureux cheval, manquer son entrée en scène et devoir s'excuser, devant le public, des caprices de sa monture ; tandis qu'aujourd'hui des acteurs et des actrices obtiennent parfois de ce même public des honneurs et des avantages pécuniaires qu'on n’accorde ni à nos premiers ministres, n1 à nos prélats : on a vu le char de nos actrices traîné par des hommes et recevoir des témoignages qui ne sont point accordés à nos souverains, ni aux hommes qui ont le mieux mérité de la patrie.
Après avoir esquissé rapidement la marche suivie dans ces derniers temps pour étudier le développement des facultés intellectuelles, je crois devoir parler de leurs maladies, maladies cruelles dont l'intensité et le nombre semblent augmenter en raison même de ce développement.