POPULATION HABITANTS RAPPORT
PAYS. DE L'ARMÉE vERs 1830. PAR MILLE CARRÉ. | À LA POPULATION. Hes:Britanniques . {.M.: .: . . 23,100,000 257 299 HRADCOR AN USE NA REC 32,000,000 208 1358 Royaume des Pays-Bas. . . . 6,118,000 339 142 Monarchie prussienne . . . . 12,464,000 155 80 Empire d'Autriche . . . . . 32,000,000 165 118 ÉMpIré russe 21:00 00 te 56,500,000 37 97 HABITANTS PARTIE REVENU | DETTE DE LA POPULATION EMPLOYÉE PAYS. dans A par par DANS LES | À L’AGRICUL— LES VILLES, ” HABITANT, | HABITANT, FABRIQUES, TURE, ATARI IEEE 2 IE EEE EEE TI DE EEE EEE IR fr, fr.
Iles Britanniques . . . 0,50 0,45 0,34 65,2 869,» L'ART NE RON NRR ET CORRE 0,53 0,36 0,44 30,9 145, Royaume des Pays-Bas , 0,29 ? ? 26,3 | 635,»
Monarchie prussienne. . 0,27 0,18 0,66 17,2 99,3 Empire d'Autriche. . . 0,23 0,09 0,69 10,9 45,6 Empire russe . . . . 0,12 0,06 0,79 6,6 21,4
Si nous comparons d’abord la France à la monarchie anglaise vers 1830, nous trouverons le premier État proportonnellement moins peuplé que le second ; il y avait moins d'habitants dans les villes, et moins d'ouvriers aussi étaient employés dans les fabriques. L’Anglais payait au trésor le double de ce que payait le Français, et ses exportations étaient beaucoup plus considérables ; d’après M. Ad. Balbi, elles étaient, eu égard à la population des deux Etats, comme trois est à un environ.
La monarchie prussienne est à la France, à égalité de surface, à peu près ce que ce dernier pays est à la monarchie anglaise. Il est remarquable, d’après notre tableau,
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que les pays les plus peuplés soient, en général, ceux qui comptent le plus d'habitants dans les villes, le plus de bras employés aux travaux des fabriques et proportionnellement Ze moins aux travaux de l’agriculture; ils envoient moins d'hommes aux armées, payent plus de revenus à l'Etat et ont les dettes les plus fortes (1). Les armées de terre semblent être numériquement en raison inverse des forces maritimes : celles-ci exigent moins d'hommes, mais des dépenses plus grandes.
En Europe, si l’on excepte la Russie, le même nombre de bras environ, par mille carré, est employé aux travaux de l’agriculture, et le surplus de la population se tourne vers l'industrie: Il faut alors, par les exportations, échanger la nature des produits, et le pays qui a le plus de manufacturiers sera également celui qui exportera le plus. Presque partout, l'industrie rapporte plus que l'agriculture, et le peuple qui s'y livre est celui qui possède le plus de richesses et paye le plus à l'Etat; mais, comme les revenus de l’industrie sont plus éventuels, ils donnent une opulence moins sûre : aussi l’on voit que les dettes publiques dans ces pays industriels s'élèvent à des valeurs très-grandes; et tout ce qui tendrait à comprimer l'essor du commerce et à diminuer le placement des produits, y causerait une mortalité considérable.
On ne possède encore, pour les différents pays, que peu de relevés exacts sur les prix de la main-d'œuvre, des terres, des loyers, des subsistances nécessaires à la vie d’un individu, sur le mouvement de la poste aux lettres et sur les moyens de transport pour les voyageurs et
(1) Selon M. le baron de Morogues, ce sont les États où le peuple est livré à l’agriculture, qui sont le moins accablés par le paupérisme. Recherches des causes de la richesse et de la misère des peuples civilisés, p. 385, in. 49, ouvrage lithographié.
pour les marchandises. Ces relevés offriraient des termes de comparaison pour l’activité des habitants et pour le prix que l'on attache au temps, élément précieux dont quelques peuples paraissent encore méconnaître l'importance (1).
Je m'étais proposé de comparer aussi les donations faites en faveur des pauvres, des hospices et .des établissements de bienfaisance en général; mais j'ai dû renoncer à cette recherche, faute de documents précis, à une époque surtout où la bienfaisance et les institutions civiles ont, en quelque sorte, fait une révolution dans le partage de leurs subsides aux malheureux.
Il serait plus difficile encore de parler de ce qui concerne les idées religieuses et la manière d'être des peuples à cet égard. Tout le midi de l'Europe s'occupe encore de régler ce qui touche aux intérêts et à la paix des Etats, et 1l serait difficile de prévoir, dès à présent, quelles seront les règles suivies pour les concilier de la manière la plus équitable.
Un complément très-utile aux statistiques morales serait d'indiquer à quelles époques existaient certaines pratiques et certaines habitudes, en même temps que les époques où elles ont commencé et où elles ont cessé d'être en usage. S1 l'on rétrograde, par exemple, on pourrait avoir à rechercher à quelles époques les procès pour sorcellerie se sont le plus multipliés; quand on a commencé à en faire et quand les derniers ont eu lieu ; dans quels pays on torturait et l'on faisait mourir les hommes pour opinions re-
(1) Au moment où ces lignes ont été écrites,se faisait jour la belle et immense entreprise des transports par les chemins de fer, qui devait bientôt être complétée par la brillante découverte des télégraphes électriques. Ces aides puissants de l'intelligence humaine ont décuplé, en quelques années, l’activité et la force productive de l'homme.
On pourra en juger par les tableaux donnés dans ce livre, aux pages 168 et suivantes.
ligieuses et sans qu'ils eussent cherché à troubler l’ordre public, en indiquant également les termes extrêmes de la période et les époques de plus grande intensité du mal; quel genre de fanatisme, politique, religieux ou d’une autre nature quelconque, a dominé à telle ou telle époque, dans tel ou tel pays; ce qui l’a fait naître, ce qui l’a détruit; quels étaient son mode d'action, ses degrés d'intensité, ses effets, etc. Je ne m'arréterai pas plus longtemps à de semblables énumérations : ce sont des recherches qui devront désormais entrer nécessairement dans l'histoire des peuples, et qui aideront à déterminer les lois de leur développement. Je ne crois pas cependant devoir abandonner ce sujet sans donner un exemple d'un genre particulier de manie ou de fanatisme, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui semble faire chaque jour des progrès sensibles.