‹ Physio-Pathologie Nerveuse: Des Accidents Liés à l'Évolution de la Première DentitionChapitre 8 sur 24 · STE · texte numérisé non relu

STE

s'accroît de façon parallèle. Le tissu conjonctif qui lFemplit s'organise et se développe en même temps. Chaque couche de cément nouvellement formé englobe déjà les fibres conjonctives qui formeront plus tard les firbes de Sharpey. Du côté de l’alvéole, les mêmes phénomènes s’observent : néoformations osseuses, néoformations conjonctives. Aux insertions radiculairés des fibres conjonctives correspondent les insertions de ces mêmes fibres à la paroi osseuse et ainsi, couche par couche, se développent à la fois sur le même plan, les odontoblastes, l’ivoire de la racine, le cément et la paroi alvéolaire. Les destinées de ces différentes parties sont indissolublement unies et ceci justifie le mot que je répète depuis longtemps que l’éruption est un phénomène d’ensemble... La néoformation sera donc totale et portera à la fois sur tous les tissus. Si bien que les bords alvéolaires en se développant entraïîneront la dent dont le développement est synchrone et par l’intermédiaire du ligament suspenseur, déjà ébauché, déterminent son éruption en la soulevant latéralement » (CAPDEPONT, Revue de Stomatologie, octobre-novembre 1913).

Sous l’action de ces poussées alvéolaires et radiculaires, la couronne sort de l’alvéole dont l'orifice s’est élargi par ostéite raréfiante. MALASSEZ réservait le nom d’ostéite destructive physiologique à ce travail osseux, qui porte surtout sur le bord antérieur permettant ainsi à la dent d’effectuer un travail de redressement en avant, alors qu’elle affectait une direction oblique à l’intérieur du maxillaire.

Par ces croissances simultanées de la racine et de l’alvéole. la couronne va atteindre la surface de la gencive. Dans le trajet à travers la gencive, la couronne utilise une suite de cavités qui se sont creusées dans le gubernaculum dentis. Celui-ci est un cordon fibreux folliculo-gingival formé aux dépens de la lame dentaire, et entouré de tissu conjonctif condensé. Son diamètre, bien plus étroit que celui de la couronne dentaire, ne permettrait pas le passage de la dent si les pressions de celle-ci ne déterminaient le retour au tissu conjonctif des tissus osseux voisins.

Puis la couronne dentaire n’a plus que les tissus mous gin-

Ed NS

givaux à franchir. Pour ce processus, Pierre ROBIN fait jouer un rôle aux pressions externes aux mouvements de mastication. C’est ainsi que se ferait, par irrntation, l’usure progressive du derme de la gencive, de sorte qu’à un moment la couche épithéliale est au contact du sac folliculaire et s’y soude ; puis cette couche épithéliale arrive à disparaître et le sac folliculaire émerge par son point culminant ; il se déchire tout en restant appliqué contre la couronne.

Par contre, Cabrini ROMULO pense que pour ce processus c’est la compression des vaisseaux du chorion muqueux par la dent qui entraîne l’atrophie épithéliale par ischémie.

L’éruption dentaire est donc le résultat de l’addition de phénomènes propres à la dent, allongement des racines, et des phénomènes évolutifs à la fois du tractus épithélial gubernaculaire et du tissu osseux alvéolaire, résorption du plafond et abaïs-

sement des bords de l’alvéole.

vs.

DE

Page 1